‹ De La Regeneration Des Organes Et Des TissuesChapitre 52 sur 71 · INFLUENCE DU TYPE DE L'ANIMAL, ETC · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU TYPE DE L'ANIMAL, ETC

Parmi ces conditions, Ton pourrait penser que les conditions de circulation jouent un grand rôle, et l'on doit remarquer en effet que les animaux à sang froid, dont la circulation est très-lente^ sont justement ceux qui présentent une régénération des plus parfaites, tandis que d'autres, chez lesquels la circulation est très-active, les oiseaux notamment, présentent presque toujours des cicatrisa* tions.

Nous devons dire cependant que nous ne possédons pas encore de données assez certaines qui puissent nous permettre de résoudre sûrement ce problème.

Le ralentissement de nos différentes fonctions par un moyen artificiel et par Tbibernation chez les animaux à sang froid paraît, d'après certaines expériences, très-peu nombreuses, il est vrai, fa^ voriser la régénération.

M. Claude Bernard a remarqué que les plaies qu'il pratiquait pour sectionner le sympathique chez des loirs se cicatrisaient* trèsrapidement. Y avait-il suppuration ou réunion par première intention, y avait-il régénération ? C'est ce qu'il importerait de savoir (1).

D'autres expériences tendraient aussi à prouver qu'en mettant un animal dans les conditions d'un animal à sang froid, on pour*

rait obtenir des régénérations.

Ces expériences sont pour nous très-importantes, car elles semblent nous prouver nettement que, si nous n'obtenons pas de ré* génération», cela tient uniquement à ce que la circulation, la respiration, etc., ne sont pas ralenties, à ce que la température n'est pas abaissée.

Ralentissons en effet, à l'exemple de M. Legros (2), ces différentes fonctions à l'aide d'un moyen artificiel chez un animal à sang chaud, et plaçons un rat, par exemple, dans un milieu très-froid, de façon à le mettre dans les mêmes conditions que les animaux

(1) Claude Bernard, De la Physiologie générale. Paris, 1873.

(2) Legros, Gazette médicale de Pam. 4867.

•J^n INFLrn.NCE bV TYl'I- bE I. ANIMAL. F.TC.

liihernanls. Si alors nous coupons la queii.} de cet aniniaK nous pouvons voir cette parliese régénérer, fait que nous n'obtenons jamais lorsque l'animal se trouve (l;ins des conditions normales.

L'hil)ernati<»n d'aniv^^ cela, en raîenlis-anl un certain nombre de fonction>, favoriî^e la r/'i^énération. et nous ne serons pas étonné si nous apprenons que les l()ir> présenlent ce phénomène aloi's (pi'ils sont plongée d :iîs le sommeil hibernal.

M. Legros a r)l>tenu quebiues résiillats qui démontrent en partie ce fait. 11 (j>A regrettable (ju'il n'ait pas poursuivi ses premièles expéi'iences.

Dans un cas, ayant coupé, au début de l'hiver la queue d'un loir, il vit qu'il ne tard i pas à se former une sorte de bourrelet qui s'allongea, se couvrit de poils et atteignit à peu près la longueur de la queue ancienne qu'il dépassait en grosseur; extérieurement, c't'tait l'aspect de l'organe enlevé; nialhenreusement. l'hib/rnation fut incomplète, et l'animal qui se réveillait souvent mourut au bout de tiois mois. L'examen incnmpîet de la picci* que Ton ne put examiner à lélat frais (it conslah^r qu'au-dessous de la peau parfaitement normale, se trou\ait un cylindre, une sorte de queue osseuse faisant suite aux verlèbres ; mais, dans la coque, les élémenls étaient altéiés, et l'on Jie put nettement les dénnir.

Dans ce cas la régénération était imparfaite, il est vrai, mais ce résultat prouve que si l'on opérait sur des animaux niaintenus en hibernation complète, Ton obtiendrait peut-être une reproduction parfaite.

Nous n'avons pas besoin de faire remarquer que, dans ces expériences qui nous paraissent si concluantes dans l'élude des régénérations, un seul facleurest changé. L'on a, en elfet, un même animal, que nous savons ne pas pi'ésenter le phénomène de régénération, lorsque ses fondions égrdeiil l'actiNilé de celles des animaux à sang chaud, mais qui, lor>qu'il \it dans un milieu plus froid, peut au contraire se régénérer.

Dans ces conditions, ouïe sait, la nutrition n'est pas interrompue,

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elle 8e fait d'une façon lente et soutenue, et la régénération d'éié* ments anatomiques dans le cas de plaie, au lieu d'être tunluUueuse, comme cela arrive lorsqu'il est réveillé, devient régulière. Nous avons donc ici un exemple des plus frappants de la Hiçon dont le milieu retentit sur nos éléments pour nuire ou servir à la régénération. Ce fait nous prouve encore que si nous trouvons des différences aussi grandes au point de vue des régénérations entre les individus des diffé* rentes races, suivant leurs types, etc. , si nous voyons des différences très-marquées entre les différents représentants des races, suivant leur état de maladie ou de santé, cela tient certainement aux conditions dans lesquelles ils se trouvent, au milieu dans lequel ils vivent.

§ V. — Influence de la circulation sur la régénération.

Nous venons dédire que les animaux chez lesquels se produisaient le plus souvent des régénérations étaient ceux qui avaient une circulation trës-ralentie. La circulation joue certainement un grand rôle, il ne faudrait pas cependant croire que ce soit en raison de celte seule influence que nous observons la différence de phénomènes que nous avons signalée chez les animaux.

D'un autre côté, il est important de remarquer que les tissus qui se prêtent le plus facilement à la régénération sont justement ceux dont la circulation est très-lente. Le tissu tendineux, le tissu épithélial, le tissu cartilagineux et le tissu nerveux ne possèdent pas évidemment de bien nombreux vaisseaux; le tissu musculaire, au contraire, reçoit une grande quantité de sang.

Il ne nous serait pas non plus difficile d'établir que ce sont les tissus les plus vasculaires qui s'enflamment le plus rapidement et qui peuvent en outre se greffer avec la plus grande facilité. Pour Hunter, ce sont les muscles et la peau qui manifestent le plus de facilité pour la cicatrisation.

Palmer, annotateur de Hunter, fait remarquer avec raison que les tissus sont d'autant plus disposés à la cicatrisation qu'ils sont

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.Nous ('Ai dirons d*^ ni'Mue de ro!i>ervation de Jamieson 3', qui j)rélend. eneiret, a\oir vu à la suite de l'amputation du corps cav(!rneux. un peu <ni~(h'^^()us do r^^t orfjnnc, naître d'un champignon ii'rcgiilier un firt/ane qui j^i'il hi /If/ure dHn (jhmd bien formé et hlcn in'(f]tnrti(uint';. Nous ii'iiisisl(M'()ns pas davarda,i:e sur ces faits. I)es cicalricf's exuljéiaidr> ont Irès-sùrement fait croire à la régéiMMalion.

Les tissus dont la cicatrisation est très-active présentant une

(1 ) lliir<'iiljarli, (lui nr<it^< h>'. lirf'iUi iin>f n hi.su/i'h rs urhrr du Wie'krhtrsttUdu-j ziist'i-frr Thi il>'^ I. n, I». 171.

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(jfcufii/i (/(hipsi. I rail col", ad M.i'n., !Oi<i, p. i(i7.

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