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INFLUENCE DES MILIEUX AMBIANTS

Nous croyons avoir suffisamment insisté sur le rôle que joue le sang, milieu liquide dans lequel vivent nos éléoients ; nous avons vu ainsi que, pour qu'une régénération se fasse dans de bonnes conditions, il fallait que ce milieu intérieur fût physiologique.

II nous reste maintenant à voir l'influence du milieu extérieur, qui agira tantôt localement, tantôt d'une façon générale.

L'air, par exemple, s'il vient à être vicié, pourra nuire à la régénération, et cela de deux façons : d'une manière générale en agissant sur la nutrition au moyen du sang. Nous nous occuperons donc dans cet article des différents agents qui agissent d'une façon générale; dans le quatrième article, nous examinerons l'influence des agents qui agissent localement sur une partie qui se régénère.

§ I. — Influence de la lumière.

La lumière est une condition indispensable au développemçnt de l'être et, par conséquent, à la régénération des éléments anatomiques.

Tous les auteurs ont insisté sur la nécessité de cet agent, et Lavoisier disait : « Sans la lumière la nature était sans vie, elle était morte et inanimée. » Un certain nombre d'expériences ont démontré que la lumière servait directement à l'évolution des tissus. L'on sait, en effet, qu'une plante privée de lumière ne peut continuer à se développer; des germes que l'on place au fond d'un vase ne peuvent se développer s'ils sont entièrement privés de lumière.

W. Edwards et J. Béclard ont étudié l'influence de la lumière sur le développement des œufs de grenouilles, et ces deux habiles physiologistes ont noté des différences plus ou moins gran-

L'Î.Mi

iNriJhMiK liLS MILILIW AMIîlANTS.

des suivant (jne cos (riifs so Iromaienl sous un bocal plus ou moins coloré.

Molescliolf a vérifié expérjmonlalenionl ce f;iit que les phénomènes orj^ani(|ues s'activaient Ijeaucoup sous l'induence d-^ la lumière. Il faisait res[)ir<'r (Iî's i:renouilliis vertes alternadveînent à la lumiÎM'C et dans l'obscui^ilé, et il clieri-iiait à voir, combien pour la même unité de poids, les i^renouillr's placées dans ces conditions exli;daient d'acide carbonique. Sous l'induence delà lumière, la quantité d'acide carlionique exludé élait Irès-considéi'able.

W. l'Mwards a vu aussi que des létards laissés dans l'obsum'ilé ne se dév(dop[)aient pas et reslaient loni^lemps à l'élat de tèlards ; ils augmenlaient seulement de [loids du double et du triple par inppoit au poids qu'ils aurnieid dû posséder au moment de leur transl'ormalion, si elle s'était réalisée.

(]»'S expériences même, d'après W. Edwards, indiquei'aient que l'action de la lumière déve!(q)pe les diiïérentes parties du corps dans une juste proportion.

llumboldt l'ait en outre remarquer que, chez CM'tains peuples, les (Ihaymas, les (Caraïbes, b's Muyscas, les indiens, les Mexicains, qui \ivent le corps nu, ('A chez i(^s(pn'ls la surface du corps est conslamment exposée à la lumière, il existe une régularité parfaite dans leurs formes.

Dans tous ces faits que nous venons de citer. Ton voit de quelle façon la lumière sei'tà l'évolulion df nos tissus. Aussi devons-nous conclure (|u'elle est aussi faxoralde aux réiiénérations. M. Dnméril s'est du reste assuré* par l'cxjjérience de rinlluence que possède la hnnièr(î sur la réi^énéiMlion d(\s tissus chez quelques reptiles et chez quehpies poissons.

Sil'iai \i(^nt en ellel à placer deux salamandres dans deux bocaux dont l'un est plus éclairé que l'autre, et si l'on vient k leur enlever un nnnnbi'c, la réLiJ'm'raiion se fera avec une rapidité beaucoup plus grande chez l'animal qui a vécu dans le bocal le plus éclairé que' chez celui qui a Vi'cu dans un milieu obscur.

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