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JOL'RN. DE L'ABAT. ET DE LA PHY810L. — T. VIII

tonne, mais les récentes recherches Je M. Philipcaux sont venues, en quelque sorte, nous forcer la main.

Lorsqu'on 1867 nous présentâmes à l'Académie des sciences de Paris notre mémoire sur la régénération du cristallin (1), et 'lorsqu'en 1868 nous publiâmes en russe un travail sur le môme sujet (2), nous étions loin de penser que des faits étudiés avec patience et impartialité, et livrés comme tels à la publicité, pussent élever des doutes chez des confrères à esprit judicieux et à âme bien née. La chose eut lieu cependant, et ce ne fut que plus tard seulement, quand, passionné pour la lutte avec les difficultés de notre art, nous nous attaquâmes résolument à des questions ardues et en amont du courant scientifique, que nous comprîmes les déceptions inhérentes à toute recherche de progrès dans là science.

Nous constatons avec bonheur que le professeurW. Karavaïew, de Kiew, fut de ceux qui ne doutèrent ni de la bonne foi de nos travaux mentionnés, ni des faits qui s'y trouvaient consignés : il savait que ses élèves étaient incapables de s'engager dans cette nouvelle voie médicale, créée en dehors de nos traditions par des esprits d'innovation téméraire, et acclamée par les natures moutonnières ou paresseuses, où l'analyse écœurante n'est plus équilibrée par la synthèse et où la négation est devenue la base des recherches les plus insignifiantes et des critiques les moins partiales.

Pour nous faire mieux comprendre, il suffira de dire que l'école allemande actuelle, essentiellement analytique, et ses dérivés, partis du nihilisme de l'école de Vienne et traînés par leur puissant remorqueur,Vircho\v, sont arrivés à remplacer l'irritation des vaisseaux par celle des cellules, à trouver le type de l'inflammation

(1) B. Milliot, Mémoire sur la régénération du cristallin {Comptes rendus de l'Académie des sciences, 28 janvier 1867).

(2) B. Mu.uioTi), OnbiTb B03po;ivi,eniii iiopsta-ibuaro xpycTa.iiiKa y iii>KOTopbixi> M.ieKoniiTaiom,uXï) /khik>tiii>ix-i>, noc.it y^a-ieuin ero aocicyTHbiMi> cVieiîieM-b. 4»ccepTaiufi. C. IlcTep6ypri>, 1868. B. Milliot, Essai sur lu régénération du cristallin chez quelques mammifères après l'extraction du cristallin normal j)ar la kéralolomie (thèse inaugurale). Saint-Pétersbourg, 1868.

dans les tissus non vasculaires (cornée et cartilages), à regarder comme certaine la provenance des éléments anatomiqu.es par scission répétée (prolifération) des éléments analomiques-souches d'espèce différente; bref à bouleverser nos notions les plus élémentaires de pathologie, à rompre avec nos traditions cliniques et à poursuivre le sentier étroit de la négation (1).

Le lecteur trouvera dans notre monographie des indications bibliographiques sur la régénération du cristallin plus étendues qu'il n'eût été à même de le supposer. Nous devons à la vérité de dire qu'elles nous ont été facilitées par Sichel père, de regrettable mémoire, dans la riche bibliothèque ophthalmologique duquel nous avons pu compulser des ouvrages que nous avions vainement cherchés ailleurs. Il résulte de ces indications que la régénération du cristallin a été admise par tous les auteurs qui s'en sont occupés sérieusement, surtout par les auteurs allemands qu'on est certain de rencontrer dès qu'il s'agit de résoudre une question spéciale, et que, d'une manière générale, on a malheureusement ignorée ou méconnue en France. Tels sont : MM. Cocteau et Leroy (d'Étiolles), qui ont publié leur travail en 1825, Backhausen, Loewenhardt et Davidson, en 1827, Day, en 1828, Mayer et Midlemore, en 1832, et en dernier lieu Textor et Valenlin, en 1842. Tous ces auteurs, sauf Backhausen, ont admis la régénération du cristallin, et surtout Valentin, le seul qui ait examiné au microscope des cristallins régénérés. Quanta Backhausen, qui n'a poussé ses expériences que jusqu'au vingt-cinquième jour, son opinion, contraire à la régénération du cristallin, ne peut avoir de valeur scientifique.

Malgré l'unanimité avec laquelle se sont prononcés tous les savants mentionnés, réputés par nous à juste titre comme des autorités dans la question qui nous préoccupe, beaucoup d'anatomistes, de physiologistes et d'ophtlialmologistes, ces derniers

(i) Voy. Cli. Robin, article Bi-astkme du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Paris, 18G9. — Voyez aussi Julius Arnold, Die Vorgilnge bei der Régénération epithelialer Gebilde. (In Archiv fiir pathologischc Analomie u. Physiologie u. f. Klinuchc Medicin. Ilcrausg. von Rud. Virchow. 46 Bd. Heft. Il, p. 168- 208. 1869.

h 13. MILL10T. — RÉGÉNÉRATION DU CRISTALLIN

surtout, contestent aujourd'hui la régénération du cristallin; et l'opération de l'extraction du cristallin cataraclé avec sa capsule, proposée dans ces derniers temps, suffirait à elle seule pour démontrer le pou de cas que font certains ophthalmolouistes contemporains de la régénération du cristallin, en supposant même qu'ils l'admettent en principe chez les animaux.

Il est à remarquer que les cataractotomistes ne se sont pas encore occupés d'une manière sérieuse de la section capsulahc Feu A. de Graefe, en introduisant dans l'art des opérations d'yeux l'extraction linéaire modifiée, a doté la science d'une étude aussi neuve qu'approfondie sur l'incision cornéenne, et il est à regretter que cette belle intelligence n'en ait pas fait autant pour la section capsulaire.

Dans une monographie que nous nous proposons de publier ultérieurement sur la structure normale du cristallin, nous exposerons la nomenclature que nous croyons la plus rationnelle de l'appareil cristallinien. Qu'il nous suffise aujourd'hui de dire que nous avons laissé aux deux moitiés de la capsule cristalliniennc la dénomination de cristalloïdes antérieure et postérieure, au diamètre antéro-poslérieur, passant par le centre de l'appareil cristallinien, le nom d'axe, et à ses extrémités celui de pôles antérieur et postérieur; à la partie de la circonférence du même appareil, le nom d'équateur, et en dernier lieu la dénomination de diamètres vertical et horizontal aux droites qui passent par le centre de l'appareil cristallinien, et dont l'un a la direction du fil à plomb, et l'autre est perpendiculaire à celui-ci (pl. I, fig. 3, A,B.). Nous avons conservé le nom de globules de Morgagni à des gouttelettes claires, transparentes, sans noyaux, de volumes trèsdivers, et que l'on regarde généralement comme un produit post mortem des éléments du cristallin, de tubes crislalliniens aux tubes pourvus de noyaux, et de libres cristalliniennes à ces mômes tubes ayant perdu leurs noyaux. Nous n'avons pas cru devoir conserver le nom de cellules de Morgagni à des cellules que nous avions prises jusqu'ici pour des cellules épitbéliales modifiées (pl. II, fig. 2, C, et pl. III, fig. 3, c), et sur lesquelles notre opinion n'est pas encore fixée Nous les avons appelées cellules de

Robin qui, les ayant le premier distinguées des globules de Morgagni, les a à tort appelées cellules de Morgagni ou de la couche gommeuse de Morgagni, ce dernier n'ayant vu que les altérations cadavériques de celte couche.

Nous avons fait représenter à la fin de notre travail les dessins de deux instrument? et de celles des préparations macro- et microscopiques qui nous ont paru représenter les cas les mi<iux réussis ou les plus intéressants de nos expériences; mais nous devons prévenir le lecteur qu'ils ne représentent pas tous exactement la structure microscopique du cristallin régénéré : nous avons dessiné nos préparations telles qu'elles se présentaient sous l'objectif du microscope, après l'emploi de certains réactifs micro-chimiques. Ces dessins sont, en quelque sorte, la clé de notre travail, et nous prions le lecteur de vouloir bien les consulter avant d'entreprendre la lecture de la seconde partie de notre monographie.

Lorsqu'il s'est agi, dans notre travail, de décrire les phénomènes inflammatoires des parties environnant l'appareil cristallinien et la régénération des éléments du cristallin, nous avons évité avec soin d'aller au fond de ces deux questions que nous reprendrons plus tard; nous avons préféré, jusqu'à nouvel ordre, tourner la difficulté et employer dans notre description des appellations générales, telles que t produit inflammatoire. » et « alignement de cellules formatrices par séries linéaires. » Ces appellations ne préjugent rien, et nous permettent dès aujourd'hui de montrer que nous ne voulons plus être dupes des vanités de certaines écoles qui s'imaginent avoir tranché ces questions, pouvoir impunément mettre de côté les données anciennes de pathologie, éliminer la notion des blastèmes et nier l'intervention de ces dernières dans la génération des éléments analomiques.

Les ouvrages que nous n'avons pu nous procurer et que nous avons cités d'après d'autres auteurs , sont désignés par un astérisque.

Nous avons cru utile de mettre à la fin de notre travail une liste des auteurs qui se sont occupés de la régénération du cristallin chez l'homme et les animaux, et les titres de leurs ou-

vrages. Nous y avons ajouté les noms de ceux des auteurs d'anatomie, de physiologie et d'ophthalmologie, dont cette reproduction a attiré l'attention, et qui se sont livrés cà quelques appréciations, plus ou moins judicieuses à son égard, soit pour soutenir une idéô préconçue (Haller et autres), soit pour réfuter celle de leurs adversaires. Mais le lecteur comprendra que nous n'avons pu citer tous les auteurs modernes d'ophthalmologie dont il trouvera les noms dans les traités de maladies d'yeux de Weckér, de Galezowski et d'autres, qu'il fera bien de consulter.

Nous nous faisons un devoir, en terminant ces préliminaires, d'exprimer notre profonde reconnaissance à nos maîtres : M. W. Karavaïew, professeur à la Faculté de médecine de Kiew, à M. C. Robin, professeur à la Faculté de médecine de Paris, à M. Raynal, professeur à l'école vétérinaire d'Alfort, et à feu Sichelpère, pour leur assistance et les conseils bienveillants qu'ils nous ont donnés, et dont nous avons lâché de profiler dans la mesure de nos forces et de nos moyens.

INDICATIONS DES EXPÉRIENCES FAITES JUSQUA CE JOUR SUR LA RÉGÉNÉRATION DU CRISTALLIN.

Au témoignage de Mayer (1), Vrolik, cité par Buchner en 1801 (2), fut le premier qui observa la régénération du cristallin après l'abaissement de la cataracte. Plus lard, en 1824, Dieterich reprit cette même question, mais il était réservé à Cocteau et Leroy (d'Étiolles)d'entreprendre des expériences sur des animaux et de constater la possibilité de la régénération du cristallin. Dans un mémoire que Leroy(d'Étiolles) lut cà l'Académie de chirurgie le 10 février 1825 (3), il exposa les résultats des expé-

(1) Journal der Chirurgie u. Hailkunde v. Gracfe u. Wallher. Bd. X.VIII, 1832. IV Heft. p. 548-550.

(2) * Buchner, Waarneming van eene enlbindinq der crystalvoqicn, etc. Amsterdam, 1801.

(3) Leroy (d'Étiolles), Expériences relatives à la reproduction du cristallin. Mémoire lu à l'Académie de chirurgie, 1825. Voy. Journal de physiologie expérimen-

riences qu'il avait entreprises avec Cocteau sur quatre lapins, un chat et un chien. Le procédé d'extraction qu'employèrent ces savants était la kératolomie supérieure. Dans la 'première expérience, faite le 27 juillet 1824, le cristallin fut extrait de l'œil droit d' 'un lapin d'environ trois mois. L'iris fit saillie, et il fut impossible de le réduire. Le même accident se produisit au moment de l'extraction du cristallin de l'œil gauche, où, l'iris étant lésé, il y eut une légère hémorrhagie. La sortie du cristallin de l'œil gauche fut hâtée au moyen d'une curette. Les accidents consécutifs ne présentèrent pas de gravité sur l'œil gauche, mais il en fut autrement avec l'œil droit où une inflammation intense se déclara. L'animal fut tué le 9 août de la môme année et, à la dissection de l'œil droit, les expérimentateurs constatèrent les lésions produites par l'inflammation générale de l'œil : la confusion inextricable de l'iris, du corps ciliaire, delà capsule cristallinienne et de la partie antérieure de l'hyalloïde. Quant à l'œil gauche, l'incision de sa membrane cristallinienne donna issue à un cristallin lenticulaire, dont la consistance, un peu plus grande au centre qu'à la circonférence, était moindre que dans l'état naturel et se rapprochait de celle des portions excentriques du cristallin primitif . Dans leur deuxième expérience, l'opération fut pratiquée le Ta août 482/i, sur les deux yeux d'unlapin de trois à quatre mois. L'incision de la cornée fut agrandie avec des ciseaux fins don t les pointes servirent en même temps à diviser la cristalloïde antérieure. Le cristallin fut extrait au moyen d'une curette, et l'iris fit hernie. L'inflammation consécutive fut intense, mais le 25 septembre, jour où l'animal fut tué au moyen d'une injection d'huile et d'air dans la Yeine jugulaire, la cornée de l'œil gauche redevint transparente et celle de l'œil droit présenta de l'opacité dans sa partie supérieure. L'œil gauche offrit, à l'autopsie, une membrane cristallinienne parfaitement transparente, libre d'adhérence accidentelle et contenant un cristallin lenticulaire d'une consistance moindre que dans l'état naturel. L'œil droit

laie et pathologique de Magendie, 1827, t. VII, p. 30 et suivantes, et Recueil de lettres et mémoires adressés à l'Académie des sciences pendant les années 1842- 1843. Paris, 1844.

ne contenait pas de cristallin. Dans leur troisième expérience, l'extraction fut pratiquée le 11 octobre, sur les deux yeux d'un lapin de h a 5 mois. L'iris fit peu hernie et l'inflammation consécutive ne fut pas intense à l'œil gauche, mais elle fut vive à l'œil droit. L'animal fut tué le 19 novembre, en injectant de l'huile dans la veine jugulaire. La dissection de l'œil gauche montra que le contenu de la capsule cristallinienne, parfaitement transparente et sans cicatrice, n'avait pas la forme lenticulaire et la solidité du cristallin. Il était plus consistant que l'humeur vitrée et disposé en grumeaux. Quant à l'œil droit « la cavité du cristallin n'existait pas. » Dans leur quatrième expérience, le cristallin fut extrait, le 5 novembre 1824, des deux yeux d'un chat adulte. 11 y eut blessure, hémorrhagie et hernie des deux iris. L'hémorihagie fut moins abondante sur l'œil gauche. L'animal fut tué le 6 décembre, au moyen de la suspension, et à l'examen de l'œil droit les expérimentateurs constatèrent, entre l'humeur aqueuse et l'humeur vitrée, la présence d'une cloison formée par l'iris, le corps ciliaire et la capsule cristallinienne, et dans laquelle il était impossible de distinguer quoi que ce fût, si ce nest qu'il n'y avait point de régénérescence du cristallin. Dans l'œil gauche ils trouvèrent un corps à peu près lenticulaire, de couleur légèrement ambrée, épais d'une demi-ligne, et analogue à une membrane épaisse ou à une portion du cristallin desséché. L'humeur vitrée n'y existait pas. Dans leur cinquième expérience, le cristallin fut extrait, le 16 décembre 182A, des deux veux d'un chien de moyenne taille, âgé de quatre à cinq ans. A l'œil gauche, il y eut hémorrhagie assez abondante. L'animal périt le 31 janvier 1825, et à la dissection de l'œil droit, faite par Gerdy , on trouva dans l'épaisseur de la cloison transparente qui séparait l'humeur vitrée, un cristallin parfaitement transparent, lenticulaire, d'une épaisseur et d'une consistance moindres que celles d'un cristallin primitif. A l'œil gauche, l'iris, la capsule cristallinienne, le corps ciliaire et Thyaloïde étaient confondus en une seule membrane. Enfin dans leur sixième expérience, l'extraction du cristallin fut pratiquée, \e6juin 1825, sur les yeux de deux lapins, dont l'un péril, sans que l'examen de ses yeux pût être fait. Le second fut tué le 18

novembre de la même année. A la dissection de ses yeux, faite en présence de Fodera, les expérimentateurs trouvèrent que les capsules cinstalliniennes étaient parfaitement transparentes et contenaient des cristallins aussi volumineux et aussi consistants que ceux qu'ils avaient extraits. Plongés dans l'eau bouillante, ces cristallins devinrent opaques, durs et friables, absolument comme des cristallins primitifs; seulement la disposition en lamelles brillantes n'était évidente que dans les couches excentriques.

Lorsqu'on analyse chacune decesexpériencesséparémenl ,on voit que : dans la première expérience, dont la durée fut de 13 jours, le résultat a été négatif à l'œil droit et positif à l'œil gauche ; dans la seconde expérience, dont la durée fut de 33 jours, le résultat a été négatif h l'œil droit, positif à l'œil gauche ; dans la troisième expérience, dont la durée fut de 39 jours, le résultat fut négatif aw\ deux yeux ; dans la quatrième expérience, dont la durée futde31 jours, le résultatfutwe^afo/ aux deux yeux; dans la cinquième expérience, dont la durée fut de 46 jours, le résultat fut positif h l' œil droite négatif h l'œil gauche; enfin, dans la sixième expérience, dont la durée fut de 165 jours, c'est-à-dire presque une demi-année, le résultat fut positif aux deux yeux. Ainsi dans ces 12 cas la régénération du cristallin a eu lieu 5 fois.

Il esta regretter que Cocteau et Leroy (d'Étiolles) , qui les premiers se sont occupés de rechercher, par voie expérimentale, les modifications qu'apporte dans l'appareil cristallinien l'extraction du cristallin normal, n'aient pu faire usage des anesthésiques dont nous disposons aujourd'hui. Ces derniers leur auraient évité les difficultés qu'ils éprouvèrent pendant l'opération de l'extraction et qui ne restèrent pas sans influence sur les résultats de leurs expériences. Quoi qu'il en soit, Leroy (d'Étiolles) conclut, dans son mémoire, à la régénération du cristallin et alla même jusqu'à la comparer à celle de l'os.

Les expériences de Cocteau et de Leroy (d'Étiolles) attirèrent 1 attention de quelques médecins de leur époque, qui les répétèrent, mais qui, jusqu'à Valentin, faute d'employer l'investigation microscopique, firent peu marcher en avant la question de la régénération du cristallin.

10 1!. MILI.IOT. — RÉGÉNÉRATION T)l CRISTALLIN

Backhausen répéta en 1827 les expériences de Cocteau et de Leroy (d'Éliolles), et en fit l'objet de sa thèse inaugurale (1). Guidé parRudolplii et Schlemm, il entreprit à Berlin une série d'extractions de cristallins normaux sur huit lapins, dont 5 étaient âgés de quatre mois à deux ans et 3 autres de quatorze jours. La méthode opératoire employée par Backhausen était, paraît-il, la kératotomie supérieure au moyen du couteau de Beer. Pour confectionner le lambeau cornéen, il employait aussi le couteau de Siegresti. L'opération réussissait cependant rarement, à cause de l'impossibilité dans laquelle Backhausen se trouvait d'immobiliser le globe oculaire. Des 15 cas d'extraction qu'il fit, onze (1, 2, 3, 5, 9, 10, il, 12, 13, 14 et 15) donnèrent un résultat négatif, et un seulement, le 7°, eut un résultat positif, bien que l'auteur ait cru devoir envisager ce dernier comme négatif; quant aux h", 6e et 8e cas d'extraction, nous ne les avons pas envisagés avec l'auteur comme négatifs, par la raison qu'il n'y a trouvé, à la dissection des globes oculaires, ni cristallin, ni capsule crislallinienne sans laquelle la régénération du cristallin est impossible. Sans entrer dans une analyse plus détaillée du travail de Backhausen, nous dirons que nous n'avons pu en faire une déduction scientifique, par la raison qu'il tuait ses lapins trop tôt et ne donnait pas assez de temps à la capsule cristallinienne pour qu'elle pût reproduire le cristallin. En effet, la plus grande durée de ses expériences a été de 17 à 25 jours. Backhausen se crut cependant autorisé à nier les résultats de Cocteau et de Leroy (d'Etiolles), et fut le premier qui émit l'idée que les cristallins régénérés de ces auteurs n'étaient autre chose que les restes des cristallins laissés dans les capsules crislalliniennes, au moment de l'opération (2).

La même année le docteur Lbwenliardt de Prenzlau, assisté de son collègue Davidson, entreprit des expériences très-curieuses sur cinq lapins qu'il opéra à deux reprises pour voir si la capsule cristallinienne pouvait régénérer le cristallin, après l'extraction

(1) De regeneratione lenlis cryslallinœ, auctor Pclrus Backhausen. Berolini,

(2) Backhausen, lue. cit., p. 20.

d'un cristallin déjà régénéré une fois (1). Dans les deux premiers cas il fit l'extraction des cristallins des yeux d'un lapin de deux mois et demi par la kératotomie supérieure, et 286 jours après (9 mois) il répéta la même opération sur les yeux du même lapin et fit l'extraction de deux cristallins d'une consistance moindre que celle du cristallin normal et plus aplatis que celui-ci. Chez le second lapin, de trois mois, opéré en même temps que le premier et par la môme méthode, il obtint le même résultat. La dissection des yeux, faite 88 jours après la seconde extraction, démontra l'existence, dans les capsules, d'une petite quantité de mucus gélatineux, lequel, suivant Lôwenhardt, pouvait avec le temps devenir plus dense. Chez les deux lapins suivants, l'opération secondaire fut faite 257 jours après l'opération primaire et donna lieu à l'extraction de trois cristallins régénérés, moins denses et plus aplatis que chez les deux premiers lapins ; de l'un des yeux du dernier lapin non-seulement il ne sortit pas de cristallin régénéré, mais à sa dissection on n'en trouva pas de trace. Il faut dire que l'inflammation de cet œil après l'opération fut très-intense. Enfin chez le cinquième lapin, au moment de l'opération primaire, l'opérateur non seulement détruisit la crislalloïde antérieure, mais dilacéra dans plusieurs directions la cristalloïde postérieure ; l'opération secondaire, faite 264 jours après, ne donna issue qu'à une petite quantité d'humeur vitrée. De toutes ces expériences Lôwenhardt conclut : que le cristallin se régénère chez les animaux, que chez les jeunes animaux celte régénération s'opère plus vite, et que la capsule cristallinienne est l'organe régénérateur du nouveau cristallin. Bien que ces résultats ne présentassent pas un intérêt pratique, il n'en est pas moins vrai que les expériences sur lesquelles ils reposaient étaient intéressantes et instructives: elles démontraient la possibilité d'extraire les cristallins reproduits et par conséquent n'adhérant point, ou du moins faiblement, a la capsule cristallinienne ; elles démontraient également la force régénératrice très-faible de la capsule

(1) D. Lôwenhardt aus Prenzlau, Einige Versucho, umdie Régénération der Krystallinse zu documentiren, in Neue Notizen u. s. w. von Froriep. N° 418 (n° 22 des XIX"" Bandes), Sejitember, 1841, Spaltc 3/14-3/16.

cristailinienne, après l'opération primaire, et la nécessité de sa présence pour la reproduction du cristallin extrait.

En 1828, Henri Day (1) relata dans la Gazette médicale « The Lancet » l'expérience qu'il fit sur un lapin, à l'œil duquel il (it la kératotomie et l'extraction du cristallin normal ; 43 jours après l'opération il tua l'animal et trouva dans l'œil opéré un cristallin régénéré de l'orme ordinaire, moins dense que le cristallin normal.

En 1832, Midlmore inséra dans The London médical Gazette (2) les résultats des expériences qu'il entreprit, dans le but de vérifier celles de Cocteau et de Leroy (d'Etiolles). Il fit l'extraction du cristallin : 1° de l'œil d'un lapin d'environ trois mois, et, en disséquant cet œil 9 jours après, il n'y trouva pas de trace d'un cristallin régénéré 5 2° de l'œil d'un lapin d'environ h mois, et 63 jours après il y trouva, à la place du cristallin, une substance demi-gélatineuse entourée d'une autre plus consistante et parfaitement transparente ; enfin 3° de l'œil d'un lapin d'environ 5 mois, et en disséquant cet œil 61 jours après, il y trouva un cristallin régénéré lequel, par sa forme et sa structure, ressemblait parfaitement à celui qu'il avait extrait. A la périphérie de ce cristallin régénéré, il trouva une petite cavité remplie d'un liquide dont la densité était entre celle de l'humeur aqueuse et de l'humeur vitreuse, et différait, du reste, du cristallin tout à fait normal. De ces trois expériences, dont le résultat a été négatif dans le premier cas et positif dans les deux autres, et de plusieurs autres qu'il ne fit que mentionner, Midlmore conclua : 1° que la régénération du cristallin a lieu chez les jeunes animaux lorsque les deux cristalloïdes n'adhèrent pas l'une à l'autre après l'opération, quand la cristalloïde postérieure n'est pas lésée et, en dernier lieu, lorsque l'inflammation du globe oculaire n'est pas intense; 2° que le cristallin régénéré est liquide d'abord et acquiert sa forme avant d'arriver au degré voulu de densité normale ; et enfin 3° que le cristallin reproduit ne peut acquérir son entier développement qu'un an après l'extraction du cristallin normal, et que ce

(1) H. Day, Reproduction of the uns (The Lancet, 1828, 15 nov., p. 212).

(2) Midlmore, loc. cit., p. 344 et 345.

ciil:z quelques mammifèkes. 13

développement dépend de l'âge des animaux pris pour les expériences, ainsi que de plusieurs autres circonstances.

Midlmore partageait les opinions de ses contemporains sur la structure du cristallin, bien qu'elles fussent basées sur les travaux i!t>- analomistes du siècle passé, tels que : Winslow, Albinus, Bovius et surtout Zinn, qui donna, dans sa description de l'œil humain (1), le dessin des vaisseaux de la capsule cristallinienne. Cela nous explique pourquoi il attribua une grande valeur à la cristalloïde postérieure et établit une corrélation intime entre sa lésion et la régénération du cristallin. Cela nous explique aussi pourquoi il admettait la régénération du cristallin chez les jeunes sujets dont la cristalloïde postérieure n'avait pas été lésée pendant l'opération ; les vaisseaux de cette cristalloïde, selon Midlmore, n'étaient pas en état, chez les vieux animaux, de coopérer à la régénération du cristallin (2). Midlmore admettait en outre que le cristallin peut se régénérer deux, et même trois fois, après l'extraction répétée des cristallins (3).

La même année Mayer, professeur à Bonn, publiait dans le journal de Giai'fe et de Walther le résultat de ses expériences sur la régénération du cristallin (4). Il fit l'extraction du cristallin de l'œil gauche de 1k lapins, par le procédé de la kéralotomie. Chaque jour un des cinq premiers lapins fut tué pendant les cinq premiers jours, mais à la dissection de leurs yeux l'auteur ne trouva pas de cristallin régénéré. Dans l'œil du dernier lapin, il trouva la capsule cristallinienne lacérée et ayant un trou à son centre. A l'examen de l'œil du 6e lapin, tué le 6e jour après l'extraction du cristallin, il trouva à la place de ce dernier un petit anneau, rempli de substance cristallinienne molle et se détachant facilement de la capsule cristallinienne; dans le globe oculaire du 7°

(1) Descriptio analomica oculi humant iconibus illusrata, auvlore Johanne Goltfried Zinn. Gotlingœ. 1775, p. 138-142.

(2) On the reproduction of the cristalline lens, by Midlmore (The London médical Gazelle. 1832, vol. X, June. 16, p. 344-348).

(3) Idem., p. 348

(4) Veber die Reproduction der Kristallinse von prof. Mayer in Bonn (Journal der Chirurgie und Augenheilkunde v. C. R. v. Gracfe uni Pli. Walther, 1832, Bd. XVII, Heft. 4, p. 521 et anivantes).

l/l B. MILLIOT. — RÉGÉNÉRATION DU CRISTALLIN

lapin, lue 28 jours après l'opération, il trouva à la place du cristallin extrait un anneau' assez épais. A la dissection de l'œil du 8e lapin, tué 52 jours après l'opération, le cristallin régénéré était presque aussi grand que celui qui avait été extrait; mais il adhérait à la capsule et avait une l'orme annulaire, avec un trou au milieu. L'œil du 9e lapin, tué 56 jours après l'opération, présentait, à la place du cristallin extrait, des grumeaux réunis et formant un anneau ; dans les yeux du 10° lapin, tué 56 jours, et des 11e et 12 lapins, tués 49 jours après l'extraction du cristallin, Mayer trouva, ainsi qu'il s'exprime, « de beaux anneaux épais s, avec un trou au milieu; et il ajoutequ'il montra 1^ cristallin du 10e lapin àWallher, Tiedemann, Treviranus et F %). Dans l'œil du 13e lapin, tué 120 jours après l'opéra1 'a les mêmes grumeaux

réunis en anneau qu'il avait trouvés chez le 9e lapin-, enfin dans l'œil du lapin, tué 132 jours après l'extraction du cristallin, il trouva un cristallin régénéré, dont la circonférence était plus grande que celle du cristallin extrait. Ce cristallin avait à son milieu un trou qui correspondait à la lésion de la capsule cristallinienne faite pendant l'opération.

Mayer, en se basant sur ses cinq expériences avec résultat positif et neuf expériences avec résultat négatif, arriva aux conclusions suivantes : 1° le cristallin, après l'extraction du cristallin normal de l'œil, se régénère ; toutefois il faut que sa capsule soit saine ; 2° la régénération du cristallin dépend de la cristalloïde antérieure ; 3° le cristallin commence à se former d'abord à la circonférence de la capsule crislallinienne, puis atteint jusqu'au milieu de cette même capsule à l'endroit où cette dernière a été lésée pendant l'opération, et s'y arrête dans sa régénération 5 h" la capsule cristallinienne est toujours plus ou moins adhérente au cristallin régénéré ; 5° la régénération du cristallin régénéré et extrait de l'œil n'a plus lieu ; 6" le cristallin régénéré a la même transparence et la même densité que le cristallin normal extrait, et peut au point de vue physiologique le remplacer plus ou moins; 7° enfin, le cristallin régénéré est toujours plus petit que le cristal*

(1) Mayer, (. c;, p. 535.

CHfcZ QUELQUES 3UMMIFÈUES. 15

lin normal. Ces expériences, qui dénotèrent chez l'auteur en question une grande finesse d'observation et un talent incontestable d'expérimentation, furent très-importantes : elles lui firent constater que la régénération du cristallin dépend principalement de la partie équatoriale de la capsule cristallinienne. Pour Mayer, lui-môme, ces expériences avaient encore une autre importance : elles confirmaient ses idées théoriques, d'après lesquelles il rapportait le cristallin aux tissus feuilletés (Blatter-Gewebe) (1), et qui étaient doués, selon lui, d'une grande force reproductive (2).

D'après Chelius (3), le docteur Pauli de Landau (h) fit, en 1838, l'extraction du cristallin des yeux d'un vieux chien et d'un bœuf, Il examina les yeux du premier 183 jours après l'opération, et ne constata pas sur l'un de ces yeux la présence d'un cristallin régénéré, mais en trouva un dans le second. Le nouveau cristallin était moins dense que celui qui avait été extrait. Dans les yeux du bœuf, tué 211 jours après l'opération, il trouva des cristallins régénérés; ceux-ci étaient moitié moins grands que le cristallin normal et moins denses que le cristallin régénéré du chien.

En 1842, parut le travail de Textor (5) sur la régénération du cristallin. Textor s'adonna particulièrement à l'étude des yeux humains soumis à l'opération de l'extraction de la cataracte, et s'il fit quelques extractions du cristallin normal sur des animaux ce ne fut que pour affermir, en quelque sorte, l'opinion qu'il s'était faite sur la régénération du cristallin et pour vérifier les expériences de Cocteau et de Leroy (d'Etiolles). Il fît l'extraction du cristallin normal, au moyen de la kératotomie, des deux yeux

(1) 'Mayer, L'eber Histologie und cine neue Einlheilung der Gewebe des menschlichen KOrpers, Bonn, 1819, p. 14.

'2; Mayer, Veber die Reprod., etc., p. 521.

(3) Max. Jos. Chelius, Handbuch der Augenheilkunde, 2 Bd. Stuttgart, 1839, p. 331-332. —Traité pratique d'ophlhaimologie, par Max. Chelius. Trad. par Ruef et beiber, 1839, p. 314.

[à] *Pauli, Veber den grauen Staar u. die Verkrilmmungen. Stuttgart, 1838.

(5) Veber die Wiedererseugung dur Kryslallinse. Inaugural- Abhandlung v. Karl Textor aus Mnnchen, mil 3 SlcindruclUafeln. Wiïrzburg, 1842.

de doux lapins de quelques semaines et de deux autres lapins adultes. L'œil droit du premier lapin, par suite d;une inflammation intensej suppura et s'atrophia; son œil gauche ne subit ni inflammation; ni suppuration, mais, à la dissection, faite 231 jours après l'opération, Textor n'y trouva pas de cristallin régénéré. A l'œil droit du second lapin il se fit une atrophie par les mêmes raisons que chez le premier lapin ; à l'œil gauche qui dans l'ouvrage de l'auteur estappelé, par erreur, œil droit. Textor trouva, 232 jours après l'opération, un cristallin régénéré transparent et gélatiniforme ; il se présentait sous forme d'anneau épais de bas en haut et mince dans la direction du diamètre horizontal. 11 y avait au milieu de ce bourrelet une fente transversale fermée par une membrane très-délicate. Dans les yeux du 3e lapin, mis à mort Gli jours après l'opération, l'auteur ne trouva pas de cristallins régénérés. Dans les yeux du he lapin, tué 212 jours (7 mois) après l'extraction du cristallin qui, à la suite d'une contraction spasmodique des muscles de l'œil, sortit seul des globes oculaires, Textor trouva dans les capsules cristalliniennes transparentes unpeu de mucusgélatiniforme qu'il supposa être des cristallins régénérés. Ainsi, sur huit cas d'extraction du cristallin normal chez des lapins, le cristallin ne se régénéra que trois fois, ce qui n'empêcha pas Textor, non seulement d'admettre la régénération du cristallin, mais encore de formuler les conclusions suivantes (1) : 1° l'extraction du cristallin de l'œil est suivie, dans certaines circonstances, soit de la régénération d'un cristallin plus ou moins normal, soit de la formation d'une petite quantité de la substance cristallinienne ; 2° la régénération du cristallin dépend de la capsule cristallinienne (matrix) ; 3° après l'extraction de la capsule cristallinienne de l'œil, le cristallin ne se régénère pas ; A0 le bourrelet cristallinien est toujours adhérent à la capsule ; cette adhérence n'est cependant pas assez forte pour que l'on ne puisse l'en extraire ; 5° le cristallin régénéré est aussi transparent que le cristallin normal et l'esprit-de-vin exerce sur tous deux la même action ; 6° la régénération du cristallin, pour avoir

(1) Karl Textor; l. c, p. Û6.

lieu, exige un certain temps ; 7° la densité, l'épaisseur et la quantité de la substance cristallinienne régénérée augmentent à mesure qu'on laisse s'éloigner le moment de la dissection de l'œil opéré de celui où a eu lieu l'opération ; 8° la forme du cristallin régénéré dépend de la lésion de la capsule cristallinienne et de la manière dont celte dernière se cicatrise : si c'est au milieu qu'elle se cicatrise, il se forme un bourrelet cristallinien ; si cette cicatrisation a lieu à un endroit quelconque de sa partie équaloriale, le cristallin régénéré prend la forme demi-lunaire ; 9° dans tous les cas de régénération du cristallin, la capsule cristallinienne reste transparente.

A ces conclusions Texlor en joint dans son travail encore trois que nous passons sous silence^u qu'elles ne se rapportent qu'aux cristallins humains régénérés.

L'ouvrage de Texlor' est précieux par le développement que son auteur y donna à la partie historique; il occupe dans l'histoire de la régénération du cristallin une place non moins remarquable que celle qu'occupe le travail de W. Sœmmering, intitulé : « Observations sur les changements organiques dans l'œil, après Vopéralion de l'extraction de la cataraclc » (1), bien qu'il n'ait eu ni le même retentissement, ni la même influence sur les médecins de l'époque. On sait que W. Sœmmering, fils de l'illustre S. F. Sœmmering, présenta à son père sa monographie, le jour du cinquantième anniversaire du doctorat el de la carrière scienliGque de ce dernier. Malheureusement, dans l'ouvrage de Textor, se trouve une lacune que sentait l'auteur lui-même (2), c'est le manque de recherches microscopiques; etc'est à Valenlin, professeur à Berne, qu'il était réservé de la combler.

Valenlin fit, en 1842. l'extraction du cristallin normal par la kéralolomie inférieure des yeux de deux lapins, mais il ne publia le résultat de ses expériences qu'en 1844, dans le journal de Henle et Pfeifer (3). En examinant l'œil d'un jeune lapin, lué par

(1) W. Sœmmering, fkobachtungen ucbcr d<r organischen Vcriinderungen im Auge nach Siaaroperationen. Francfurt. 1828.

(2) Karl Textor, l. c. Vorrede, p. vu.

(3) Uikroscopi$vhe untenuchung zwcicr wiederorzeuglen KrïsfalUnsen dos Ka-

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