PRÉTENDUE DISETTE D* EGLISES
siennes; considérant qu'il est assez tôt pour la force (nibliqaé d'interrenir lorsque les principes se manifestent par des actes contraires à la paix et au bon ordre ; considérant enfin qae la vérité est grande et forte, qQ*elle ne peut que triompher en la laissant faire, que Terreur après tout n*a pas de plus redoutable ennemi que la vérité, et que celle-ci n'a pas à redouter la lutte, si Fintervention humaine ne la prive de ses armes naturelles ,savoir, la libre discussion devant qui Terreur ne peut longtemps subsister ;
» Par tontes ces raisons, TAssemblée générale déclare que nul homme ne sera contrainte fréquenter ni à soutenir un culte religieux quelconque ; il ne pourra se voir , dans aucun cas> molesté en son corps et en ses biens, ni d'aucune manière pour ses opinions religieuses ; tous au contraire seront libres de pro« fesser leurs convictions en matière de foi et de les défendre par arguments, sans que cela puisse jamais amoindrir, étendre, ou affecter en rien leur capacité civile.
» Quoique cette Assemblée , élue par le peuple dans Tnité-^ r6t de la législation ordinaire, n'ait aucun droit sur tes assemblées pareilles qui lui succéderont, et qu'il fût en conséquence Illusoire de déclarer irrévocable la présente loi; il ne nous est pas moins permis de déclarer que les droits ici proclamés rentrent dans la catégoriedesdroitsnaturelsdeThomme, et que tout acte qui viendrait parla suite annuler celui-ci ou entraver son action, serait une infraction au droit naturel. »
tl LRS KTATd-UNIS SONT AUSSI DÉPOURTCS U*KGMSKS QlT*OX LE PR?ISB.
De 1837 à IBM) Taugmentation du nombre des ministres évangéliques de tontes les dénominations parait avoir dépassé
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de beaucoup le chiffre annuel de 650, et celui des églises le chiffre de 880 , sans compter les lieux où le culte se célébrait provisoirement. £t comme durant cette même période la population totale des Ëtats-Unis s est élevée chaque année de 450,000 âmes, il en résulte qu'il y aurait eu un ministre pour environ 690 àmcs et une église pour 500 individus de la population nouvelle. Cependant, parles tableaui^que nous donnerons des églises évangéliques , de leurs ministres et de leurs mewr bres, on verra que cette augmentation du nombre des ministres et des églises n'est pas encore suffisante. La raison de ce fait se trouve en partie dans l'état de dispersion où vivent les nouveaux colons de ces vastes territoires, et en partie dans la présence aux mêmes lieux de sectes diverses qui veulent toutes avoir leur pasteur. Quoi qu'il en soit , il ne sera pas hors de propos de dire quelques mots sur ce qu'on appelle la détresse morale, ou le dépérissement religieux des Etats-Unis.
Qu'on veuille bien se souvenir de ce qu'était le véritable étit des choses à l'époque de la Révolution. Nous ne comptions alors, en moyenne, qu'un ministre pour 2,500 âmes. Il y avait donc un arriéré considérable a couvrir. De 1775 à i8i5 , les circonstances ne s'y prêtaient guère ; et si dès lors on a fait immensément pour satisfaire à des besoins croissant dans uoe proportion énorme, il n'est pas étonnant qu'il y ait beaucoup à faire encore, pour empêcher le dépérissement dont on parle.
Ensuite il est tout simple qu'avant de bâtir une église quelque part et d'y placer un ministre, on attende qu'il s'y trouve des habitants en nombre suffisant. Il y aura donc toujours dans les nouveaux établissements un temps plus ou moins long durant lequel ils demeureront en quelque sorte , au point de vue religieux , semblables à un « désert moral, d Cette observation s'applique avec une égale vérité aux districts montagneux des Alleghanys. C'est de là que partent sans cesse les demandes de secours. Nos sociétés religieuses les recueillent avec un soin religieux ; elles y font droit le plus qu'elles peuvent, et nul doute qu'en poursuivant leur œuvre de foi, elles n'y obtiennent des succès toujours plus grands.
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I) fànt dire après cela que ces mènftes sociétés tiennent souvent un langage qui est de nature à induire en erreur des étrangers. Leurs besoins assurément sont assez considérables pour justifier les appels chaleureux qu'elles adressent au peuple chrétien ; mais on ne doit pas oublier cependant que leur langage n'est qu'liypothétique. Oui, sans doute que, si l'on ne pourvoit pas à ces besoins, il y a danger imminent de voir l'irréligion couvrir le pays, et le romanisme faire d'abondantes récoltes ; mais ces appels ont précisément pour effet de détourner le danger.
Il faut dire enfin que les agents de nos sociétés de missions à l'intérieur n*ont pas peu contribuée répandre, sans le vouloir, des idées plus ou moins erronées « sur la détresse morale du pays. » Lorsque ces sociétés se formèrent, il y a dix ou quinze ans, les missionnaires à l'ouest trouvèrent efl'ectivement beaucoup de districts et des comtes tout entiers dans un dénûment déplorable. Leurs rapports peignaient sous les couleurs les plus sombres l'étal de ces troupeaux errant sans pasteurs dans ce «désert moral. » Ils se croyaient seuls comme le prophète £lie ; et ils ne pensaient pas aux ministres d'autres communions qui exerçaient leur ministère dans ces mêmes contrées, non pas, il est vrai, en qualité de pasteurs à poste fixe, mais comme prédicateurs itinérants. Aussi les Églises méthodistes et baptistesqui fournissaient ces prédicateurs, se hfttèrent-elles de réclamer contre des assertions un peu précipitées ; et dès lors on a soin de tenir compte, comme on le doit, de leurs utiles travaux. Souvent aussi des hommes bien intentionnés, s'abandonnant à la peine que leur font éprouver des vides très-réels, se laissent aisément aller à les exagérer; et s'ils confient aux journaux leur tristesse , on conçoit que des étrangers se trompent sur la situation véritable. Il n'y a pas quinze jours que je lisais, dans un de nos meilleurs journaux religieux, une communication d'un ministre de l'Est qui venait de traverser la Pensylvanie. Il disait n'avoir vu d'églises que dans un très-petit nombre de villes et de villages, sur toute la route si peuplée de Philadel-
phie a Pittsbourg I Or» j'ai fait moi-même cette route au moios douze fois, non pas comme notre ministre, en diligence» mais par le chemin de Tej, en voiture particulière , à cheval , roëoie à pied ; et je n'hésite pas à déclarer qu'il n'est aucune de ces villes, ni aucun de ces villages, pour peu qu'il ait pris d*exteiiaion, où l'on ne trouve au moins une église appartenant à l'une ou à l'autre de nos communions religieuses. Il est vrai que ce ne sont pas toujours des édifices fort apparents, des maisons à clochers, comme dirait un quaker, telles qu'on les voit dans les Etats de l'Est ; mais enfin ce sont des maisons de prières qui, pour se cacher dans une rue écartée et sous une forme assez semblable à celle d'un magasin ou d'une grange , n'en recueillent pas moins sous leur toit les chrétiens de la contrée.
ENTRETIEN ORS HINISTRES. —ÉRECTION D*à6USES, ETC.
Voici l'évaluation qu'on peut faire des sommes qui se dépensent aux Etats-Unis pour l'entretien des ministres appartenant: aux communions évangélîques :