‹ De la religion aux États-Unis dÁmérique (volume 2)Chapitre 12 sur 111 · COLONISATION DBS TBRRITOIRBS QUI FORMENT ACTUELLEMENT LES · texte numérisé non relu

COLONISATION DBS TBRRITOIRBS QUI FORMENT ACTUELLEMENT LES

La première colonie que les Anglais fondèrent en Amérique fut celle de Virginie. En 1607, une compagnie de nobles, de gentlemen * et de marchands de la ville de Londres, y expédièrent, dans leur propre intérêt plus que dans celui des colons, quarante-huit gentlemen j douze agriculteurs et quelques artisans.. Leur premier établissement, silué sur la péninsule du fleuve St-James, reçut le nom de James-Town. En 1624, une ordonnance royale prononça la dissolution de la compagnie et remit à la couronne le gouvernement de la colonie naissante, tout en laissant aux co- Ions une législatttre provinciale pour le règlement de leurs affaires intérieures.

Le Massachusets est le second des Etats en rang de date, mais il doit son existence à diverses colonies. La plus ancienne est celle de New-Plymouth , fondée Tan 1620, sur la ce te occidentale de la baie de Massachusets, sous le patronage d'une compagnie de nobles, de geniUmm et de bourgeois autorisés par le roi

1 On ne sait trop comment traduire ce mot, surtout quand il se trouve précédé de celui de nMeê. Peut-être n*a-t-i1 pas, en françain, de meilleur équivalent que le mot de rentiiTf ou de eapiiaUHe.

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iS LA RELIGION EN AMÉRIQUE. LIV. t

Jacques. Sous la direction de celle compagnie s'élevèrenl successivemenl, elà des lemps assez rapprochés, les colonies de Salem, de Boslon (1630), ella province ne larda pas à être populeuse et puissante.

L'an 1631 , le New-Hampshire vit les premiers établissements anglais. Un an ou deux auparavant, il s'en était fail aussi dans le Maine, mais sans beaucoup de succès. L'an 1636, le célèbre Roger Williams , banni du Massachusets, se retira dans la baie de Narraganselt, et, par la fondation de la ville de Providence, en 1638, donna naissance à une nouvelle province» celle qui forme acluellement TEtat de Rbode- Island. C'est une histoire sur laquelle nous aurons à fournir plus tard des détails intéressants.

Trois ans avant cela , le révérend Thomas Hooker et Jean Haynes, ayant conduit une colonie dans le Connecticut et s'arrèlant au lieu où est maintenant la ville de Hartford, arrachaient aux Hollandais cette vallée. Enfin, Tannée même où la ville de Providence voyait construire ses premières maisons, deux puritains non-conformistes, le révérend John Davenporl et Théophile Eaton , commençaient la colonie de New- Haven. C'est ainsi qu'à l'exception de Yermont, dont l'origine est beaucoup plus récente, les colonies de la Nouvelle-Angleterre se formèrent toutes dans une période de vingt années depuis l'arrivée des émigrants de Plymouth.

Pendant ce temps, les Anglais colonisaient aussi le Maryland, qui reçut son nom de Marie Henriette, fille de Henri IV et femme de Charles I*. Le roi d'Angle-

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terre fit présent de ce territoire à Charles Calvert, premier lord Baltimore, et à ses héritiers légitimes. II n'est pas de colonie qui ait été instituée sur des principes plus libéraux. Sir Charles était catholique romain , et toutefois il proclama la plus entière tolérance, en garantissant d'ailleurs au peuple la 'jouissance des droits politiques.

Ce fut déjà l'an 1614 que les Hollandais fondèrent une colonie dans ce qui forme actuellement TEtat de New-York. S'arrogeanl des droits de propriété sur tous les territoires explorés par le navigateur Hudson, ils étendirent leurs colonies aussi loin qu'ils purent le long de l'Hudson et du Delaware; mais, par diverses causes, ils eurent peu de succès, et leur Nouvelle- Amsterdam ne fut longtemps qu'un assez misérable village. En 1664, les Anglais s'étant emparés des colonies hollandaises de l'Amérique du Nord, accordèrent aux colons leur liberté politique , et bientôt ces provinces prirent un développement considérable.

Une partie de New-Jersey avait suivi le sort des contrées dont je viens de parler. L'autre partie, celle de Fouesty après avoir appartenu quelque temps à Guillaume Penn , fut enfin réunie à la première, pour former une province qui ressortissait directement à la couronne, mais qui, possédant toutefois sa propre législature, ne tarda pas à jouir d'une grande prospérité.

L'an 1681, Penn obtint de Charles II le territoire auquel il adonné son nom. La Pensylvanie était déjà occupée par des colons suédois, hollandais et anglais.

Penn, y étant arrivé le 27 octobre 1682, leur donna la constitution la plus libérale qu'il fût possible, en se réservant les droits de propriétaire et ceux de la couronne; puis, il jela les fondements d'une capitale «qui devait être bientôt la plus belle ville du monde occidental.

Penn et ses successeurs réclamaient tout le territoire de TEtat actuel de Delaware qui , pendant un temps, fît partie de la Pensylvanie ; mais les colons obtinrent enfln un gouvernement à part, et le Delaware put former une nouvelle province.

Les établissements coloniaux des deux Garolines eurent pour fondateurs quelques émigrants de la Virginie, auxquels se joignirent des colons de la Nouvelle-Angleterre et aussi de l'Europe. En 1663, le gouvernement anglais concéda tout ce territoire à une compagnie composée de huit individus : lord Ashley Cooper comte de Shaftesbury, Clarendon, Monck, lord Craven, sir John Colleton, lord John, sir William Berkeley, enfin sir George Carteret. C'était pour eux une affaire d'argent et rien de plus. Cependant, ils chargèrent le célèbre philosophe Jean Locke de rédiger pour ce vaste empire une constitution dont voici quelques traits : « Les huit propriétaires formaient une corporation qui ne pouvait s'accroître par l'accession de nouveaux membres. Le territoire se divisait en provinces sur chacune desquelles présidaient un comte ou landgrave, et deux barons ou caciques revêtus de l'autorité judiciaire. Les fermiers, possesseurs de dix acres de terre, étaient attachés à la

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glèbe dans un état de servage qu'ils transmellaient à leurs eufanls. Pour jouir des droits électoraux, il fallait avoir ud domaine de 50 acres; et pour être éligible au parlement colonial, il fallait en posséder cinq cents. » Jamais, hâtons-nous de le dire, on ne put faire accepter aux colons des conditions pareilles. La Caroline du sud se sépara de celle du nord. L'une et l'autre se donnèrent des constitutions analogues aux constitutions des autres colonies. La compagnie anglaise fut dissoute, et les Carolines retournèrent immédiatement à la couronne. Cependant leurs progrès furent longtemps arrêtés par les guerres fréquentes qu'elles durent soutenir contre les Indiens, surtout contre les Tuscaroras, les plus puissants et jadis les plus redoutables des aborigènes.

Celle des treize colonies primitives qui naquit la dernière, fut la Géorgie, fondée eu 1732 par le vaillant et aimable Ogletborpe. Les colons étaient d'origines diverses, mais ceux de race anglaise y prédominaient. Malgré les difficultés sans nombre contre lesquelles ils eurent à lutter, et au-dedans et au-dehors, la Géorgie acquit insensiblement une grande force.

Telles sont les origines des treize provinces de TAmérique du Nord qui , par leur révolution de 1775 à 1783, devinrent autant d'Etals indépendants. Elles ont toutes des ports sur l'Atlantique, et s'avancent plus ou moins dans l'intérieur du continent. Les plus considérables sont la Virginie, la Géorgie, la Pensylvanie et la Caroline du nord ; les plus petites sont Rhode- IslandetDelaware.

En 1803, les Etats-Unis achetèrent pour la somme de quinze millions de dollars la colonie française de la Louisiane , avec les territoires dont se sont formés depuis les Etats d' Arkansas et de Missouri , plus une étendue immense de pays à l'ouest de ces deux Etats. En 1821 f ils achetèrent également de l'Espagne les deux Florides, pour cinq millions de dollars. Ces deux acquisitions forment une partie intégrante de la grande Confédération américaine du nord.

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