‹ De la religion aux États-Unis dÁmérique (volume 2)Chapitre 21 sur 111 · CHAP. IX. ÉTUDE DU PECFLB AMÉRICAIN · texte numérisé non relu

CHAP. IX. ÉTUDE DU PECFLB AMÉRICAIN

l6 verrons ensuite, les colons s'étaient organisés et se gouevrnaient eux-mêmes, avant de débarquer sur les rivages qui allaient devenir le théâtre de leur prospé*rite. Dans le midi enfin, une religion sincère assurément etd^une influence qui ne fut pas sans bons effets, mais une religion toutefois assez voisine du papisme, et qui , tenant beaucoup h l'extérieur, voulait un ri-* tuel imposant ; dans le nord , le culte le plus éloigné qui se puiss6<]e celui de Rome, et quant à Tespril et quant àla forme, puis pour seul guide la Sainte-Ëcrilure, et pour seul chef Jésus-Christ.

Telles furent les colonies américaines à leur nais^ sauce. Mais leur histoire ne suit pas les mêmes phases que celle d'Angleterre. En Amérique, les colons déduisirent les conséquences légitimes des grands principes de liberté civile et religieuse que leurs pères avaient appris à l'école de l'oppression et par de longues et vives luttes. En Angleterre, après avoir fourni quelque temps la même carrière, on en yint k renverser toute autorité et à plonger le pays dans une anarchie qui aboutit au despotisme militaire; c'était le triste fruit de l'exagération des principes. En Amérique, l'on vit s'améliorer insensiblement, et malgré l'opposition du trône, les formes de gouvernement populaire qu'on y introduisit dès l'entrée. En Angleterre, les excès delà république provoquèrent une réaction dont, après deux siècles, la Grande-Bretagne subit encore les effets. Et, bien qu'il n'y eut jamais de sujets plus dévoués à la couronne, ni de citoyens plus attachés à la mèrepatrie, les colons américains se virent, par les injustes

procédés de la métropole , contraints à rompre les liens qui les unissaient à elle et se donnèrent un gouvernement indépendant.

Les premiers colons de l'Amérique et leurs fils, pendant plusieurs générations, furent partisans de la forme monarchique, et il fallut, pour les en détacher, les nombreuses vexations dont ils furent victimes. Dans tous les points essentiels, il faut d'ailleurs le reconnaître, la liberté des colons n'était pas inférieure à celle que leur a donnée l'indépendance; et le peuple des Etats-Unis n'est guère plus libre maintenant, que les pères de notre révolution ne prétendaient devoir et pouvoir Têtre, sous la constitution de la Grande-Bretagne et sous le gouvernement de ses rois.

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