CHAP. 1. CARACT. RELIG. DES PRBM. COLONS
Ainsi doDC , si le parlement devenait toujours plus favorable aux doctrines puritaines, la hiérarchie sacerdotale s'affermissait dans ses vues et secondait les vœux du monarque. Brancroft, successeur de Witgifty exigeait avec rigueur la conformité. En 1604, il y eu(, dit-on, trois cents ministres puritains destitués, emprisonnés ou bannis. Leur foi n'en faisait pas moins son chemin. Le clergé puritain et la portion du peuple qui se rattachait à lui, se formaient en ligne de bataille contre l'église établie et contre son chef. Sous Jacques I, la victoire appartint à la couronne et aux évêques; mais il n'en fut pas de même sous le règne suivant. Malgré tout ce qu'on fît pour extirper du sol anglais ces Brownistes, ces séparatistes, ces indépendants qu'on affectait de mépriser, ils ne succombèrent pas tous à la persécution.
A la fin déjà du règne d'Elisabeth, il se forma des congrégations indépendantes dans quelques villes et villages des comtés de Nottingham, de Lincoln et de York. Ces brebis éparses recevaient les soins pastoraux d'un homme qui a laissé, au milieu même de ses ennemiS; uu nom irréprochable : je veux parler de JohnRobinson. Les agents du prince surveillaient nuit et jour sa petite église, et ce n'était pas sans difficulté qu'elle parvenait à tenir ses assemblées. Eclairés par la parole de Dieu, les Indépendants avaient acquis la conviction, non-seulement que les misérables cérémonies auxquelles on les voulait astreindre étaient des restes d'idolâtrie, mais encore qu'ils ne devaient pas se soumettre à l'autorité seigneuriale des évoques.
78 LA BBLIGION EN AMÉRIQUE. LlV. Il
Avec de telles opinioDs, ils devaient bien s'attendre qu'on n'épargnerait quoi que ce soit pour leur rendre la vie insupportable et pour les détruire s'il était possible.
Voyant donc qu'il n'y avait aucune paix à espérer dans leur pays natal , ils prirent le parti d'émigrer en Holltinde. Celle-ci , dés longtemps victorieuse dans la lutte qu'elle eut à soutenir pour son indépendance et pour sa foi, offrait un asile aux chrétiens qui fuyaient Ta persécution. Après bien des embarras et des contrariétés, nos indépendants atteignirent Amsterdam en 1608. Ils y trouvèrent beaucoup de leurs amis, qui avaient quitté l'Angleterre pour la même cause. Les plus anciens de ces exilés, partis de Londres l'an 1592, formaient une église sous la conduite de Francis Johnson. Il existait aussi à Amsterdam, depuis peu de temps, un troupeau qui avait pour pasteur M. Smith. Afin d'éviter toute collision, Robinson et son église se retirèrent àLeyde, et c'est là qu'ils firent leur établissement.