LA PÉRIODE COLONIALE
kifkul de prendre congé des colonies américaines dans la première période de leur existence ^ qu'il me soit permis d'esquisser un tableau succinct de Fétat de la religion durant les cent soixante-huit années qui précédèrent la révolution, c'est-à-dire, de 1607 à
Dès leur origine, les colonies anglo-américaines formèrent des communautés animées d'un esprit religieux qui , sans être également puissant partout, fut partout réel et salutaire. C'est ce qui est particulièrement vrai des provinces septentrionales, dont les premiers colons déclarèrent hautement que, s'ils abandonnaient leur pays natal, c'était plus encore pour se constituer en société chrétienne que pour obtenir personnellement la liberté. Ils eussent pu continuer, dans le Lincolnshire , dans le Yorkshire et en Hollande, leur commerce silencieux et individuel avec le Père des esprits, comme le firent tant de solitaires aux anciens âges de l'Eglise. Mais ce n'est pas ce qu'il leur fallait. Leur christianisme était expansif de sa nature. La religion , pour eux, ne consistait pas seulement dans les relations de l'homme avec Dieu ; ils