CHAPITRE V
LB sT&tkm voi.mrrAiiiB ; ses duvicultés br AstBiQcm.
i^" Par wa iglu de rémigraUm Hrmik^kt.
I n est inutile de répéter que la première émigration i Tut un bienFait pour TÂmérique : on n'en saurait dire I aulant de l'émigration actuelle. Quelque violentes I qu'aient été les persécutions en Europe, durant les soixante-dix dernières années, elles n'ont été ni générales, ni de long cours; si bien que l'émigration européenne aux Etats-Unis pendant cette période est entièrement due a des considérations mondaines, et tion point à la puissance des convictions religieuses. C'est pour améliorer sa condition terrestre, pour éta-
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Uir te famille dans qd pays où tout est en progrès, pour rejoindre des amis qui y réussissent , .pour se soustraire à l'oppression civile ou à ce qu'on appelle de œ nom : Yoilà par quels motifs les Européens émigrent maintenant en Amérique. Encore devonsnous ajouter dette classe assez nombreuse d'hommes dont le départ est , comme on Ta dit , un bonheur pour leur pays natal.
On ne saurait évaluer aisément le nombre d'émigrants qui se sont versés dans les Etats-Unis depuis la révolution > ni surtout depuis la paix avec T Angleterre, en 1815. Le contrôle des douanes ne distingue pas assez les nouveaux arrivants d'avec les citoyens américains qui rentrent dans leurs foyers. Ensuite, il est bon nombre d'émigrants qui pénètrent aux Etats-Unis par le Canada : ce sont principalement ceux qui nous viennent des Ile^Britanniques, ' et je ne sache pas qu'on en tienne nn compte fort exact aux frontières. D'après le rapport du secrétaire d'Etat, il arriva 70,509 étrangers en 1839; savoir 34,213 partis de la Grande-Bretagne, et 30,014 du continent de l'Europe : les autres venaient de l'Amérique du Sud, du Texas, des Indes-Occidentales, etc. D'un autre côté, les tableaux publiés en Angleterre portent à 300,255 individus le nombre de ceux qui, de 1825 à 1837, quittèrent la Grande-Bretagne et l'Irlande
* Ne se pourrait-il pas que ce nombre fût amplement compensé par celui des personnes qui vont au Canada par la voie des Etats- Unis et sortoat de New-York. (ÊMeur knmiM.)
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pauvre, imprévoyant et de mœurs licencieuses, quoiqu'à tout prendre il soit supérieur à l'Irlandais par âës habitlidiBS plus frugales' et p]tis sobres. Ciest main-
tenanf le roya^jjMi.^e" teîpqrfîw;..^4.ifel^^
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et le gmndMdttchéde Badieii tpii îotth^ntieAi edsDOti^ ¥Mlix éoUmA, tendis qu'auparuvaBit ils reDAieiit sui^ toèt dés pftrtieè orientales et septeotrionales dé VkU taoïigne.
•i^îM que les éitîgrtBtsde l'Europe soiéni, pai^ dl^ Mvses paoseif. exposés à une plus grande oibrtftIHé fiie I98 Amériosmsy il n'en est pas moins. vnli qée BùÊM atrons là y «diacre année, noe miiltilade d'indî^ vUhis qut ignorent pour k plupart la nature de nod HisliÉiitionsy doi|( la moitié ne parle pas notre lan^ gMy^et dont Un^ttonAreà pou près égal n'appartietot pas au protestantisme. On ne saurait nier que toutes aw oifOMstaoees réunies n^'imposent aux églises une iwBteiise responsabilité et une tâche bien difficile. Liun ^ifforts ne demeurent pas sans récompense ^ même auprès des adultes; mais il faut dire pourtsint qu'il n'est guère que les enfants des nouveaux colons qui dertennent réellement américains.
. Et que dirai-je de ceux qui arrivent chez nous pour amasser de Targent par le commerce, et avec la peA^ sée de retourner dans leurs foyers? Quant anx autres^ 00 'Conçoit qu'ils 8'eft>reent de s'identifier avec rieà mœurs; mais ceux-ci, au contraire, demeurent jtisqu^au bout étrangers à Tei^it de nos république^. Il n^y a pas à compter, par exemple, sur leur eoopémttott dans les eflforls que font les chrétiens pour le déf veloppement moral et religieux du pays.
J'ai toujours été ft'appé de voir qu'en thèse géné^ raie les sociétés religieuses des Eta[ts^Unis n^ofiït pour iMttens véritablerque les Aknéricaitis d'origrne anglo^-
%NI • LA fMKWOH ra. AVtalQlHI. UT, 111
si|iKM9Q0*i h^^ eux. tieaneDfcy ot dans l'ordre suiYâDt^ le^ .^Q^^fuilA du rpyaume t>rit|tnDiqua, Anglais » Gat loys^ Ëçoss^s,. Irlandais^ puis les AUemands, les Suisses et eufin les Français. C'est parmi ces deraîers qu'il y a. le plus 4'irréligioD, biea qu'oa la remarque «m^ù chez les Allemands et cher les Suisses ^ Hième obçz le0i plus ÎDsfarujts* Saos doute que les émigraDts de la jGvaude?6mlagiie ae sont, pas exempts d'indif*- C^reaoeel d'incrédulité ; maiso'est -en général ekei les Igtommes des classes inférieures qiie; sa remanitte l'irr^igion : il n'en est pas ainsi des Suisses et des Allemands.
/Je m'abstiens d'imputer à Témigration ordinaire la masse de délits qui se commettent ami Ëlats^Uais par les repris de justice qu'on voit s'y réfugier de tous les points de l'Europe.; car on ne saurait» à vrai dire, cQmpter ceux*-ci au nombre des colons. Il n'en est pas moins vrai que la plupart des désordres qui d^sbûoprepii l'Amérique sont du lait des étrangers, depuis, VhanofQbU négociant qui fraude la douane, jusqu'à ces hommes avilis qui compromettent la sûreté e^ la tranquillité publiquestdaips les rues de nos citéSr
On peut affirmer d'ailleurs avec assurance que nulle pari l'étranger qui se conduit bien, n'est traité avec plus d'égards et de bienveillance qu'en Amérique. Nulle pari on ne fait moins de différence entre les natifs et les nouveaux citoyens. Nulle part les étrangers n'éprouvent plus de facilités à s'incorporer avec la nalioM et à s'imbibçr de^ ses mœurs et de.son
U- fiankMB .VaLMTAllb
caractère; et je tenais à le dire après ce qui précède. Pour en revenir à mon su^et et pour conclure y on voit par tout ceci, comme par les chapitres précédents , quels obstacles le systime voUmtaire a dû rencontrer et rencontre encore au mitreii de nous. Je ne les ai point exagérés et j'en aurai d'autres encore à signaler dans Tocçasion. Ce que j'ai dit était nécd»* saire afin de prouver à mes lecteurs combien peu l'on a raison de croire que les Etats-Unis étaient favorablement placés pour faire oatle grande expériMce. Je^ 06 prétends pas que si l'on voulait l'essayer ^ quelqu'un des Etats de l' Ancien-Monde, au sein d'une population bien asaise et presque stationnaire, d'une population à la fois homogène et indigène , on n'eût pas d'autres obstaoles à vaincre et, sous quelques rap^ pwts, de plus grands peut-être; tout ce que je veux et ce que je demande, c'est qu'on ue perde pas de vue les difficultés contre lesquelles nous avons dû lutter en Amérique , et qu'on les apprécie à leur juste vap leur lorsque je m'y référerai tout à l'heure.
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CpÀPrtPRÉ 'VI.
DiljyPî^UT^P!» Pq f4BH 1^^ ï,'tj^|^^|! BT.f.:fcrAT,
• On se persMde géDâraleneat enKarope^que Ifr tét piratîMr de rfigliMet^ rBlatcp Amérique ftit IMTet ûalurel et inévitable de Dotoë séfatttion d'awo l^Aiir gteterre et de la postlion indépeadaiitai que doub prtmes alors. Maïs c'est oublier ipie dos églises 'Uatîonaids avaient leurs rapports^ bieo plue aveo lea gon« ▼eraemeDts colonial» ^u'avec^ ortui de la inétropole. Lors donc que les colonies seforHièrontealËt«|iyru*' nien du civil et du religidui n'en fut point MsentieUe^ ment ailérée. Certaines églises depieurèMol mi quet* que sorte un départementdu pouvoir petitîqfie'et omh tinuèrent de lui appartenir autant que par le passé.
L'on croit aussi communément que l'union de l'église et de l'Etat fut abolie par un acte du Congrès américain ; mais encore sur ce point on se trompe. Il est vrai qu'un article de la constitution fédérale interdit au gouvernement central d'instituer une religion d'Etat; mais cet article même ne se trouvait pas dans la constitution qui fut d'abord adoptée. Le voici tel qu'il y fut plus tard introduit : o Le Congrès ne peut donner à la religion la sanction de la loi, ni en gêner
le libre exercice. » G'esl-à-dire que la loi commune à tous les Etats ne doji îqt^ryçpji; pi pour protéger, ni pour prohiber un culte quelconque ; mais aucun article de la constitution ne défend aux Etats particuliers de le faire, obaôun ^oUfr cë^ qui te coneerbbr. €tà qui le prouve de reste, c'est que plusieurs d'entre eux eurent des églises Qiyy«|A)w> kingtemp» iH^ès l'adhésion qu'ils donnèrent à la constitution des Etats-Unis.
Car c'est encore un point sur lequel on se fait en Boropé des^idéqs asse^ iMMef • L'imioti de l-Bglisi et éé - VStBli mêi casBH pas, oomme on le pénso^ > Aifl Vinth- 4ÊMi où ' les gouveraeoiçn tft particuliers liireh l enlr^ tofoDclîoDs. Il 9sl bîjm Tvai que, partout où l'^îs^ -épîMopâle çifaît fait eorps avec le pouvoir oivii 4ureût la période coloniale, les législatures des Elats s'en débarrassèrent peu après la révolution ; mais les églises <x)ngrégatk)i}ali8tes de la Nouvelle-Âûgleterve, nras F«yoD& déjà dit, conservèrent leur position politique de longuep années encore, puisque ce fut seuleneot an 1888 que la sépwation de l'Eglise et dp l^Etat s'effectua dans le Nassaefausets.
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