‹ De la religion aux États-Unis dÁmérique (volume 2)Chapitre 86 sur 111 · SÉMINAIRES DB THÉOLOGIE · texte numérisé non relu

SÉMINAIRES DB THÉOLOGIE

Autrefois, quand des jeuuesgeos désiraient exercer le ministère au sein des églises 'qui exigent de leurs pasteurs le d/^veloppement qu'on acquiert dans les collèges et dans les facultés de théologie , ils n'avaient d'autres ressources que la maison de quelque ecclé-* siastique distingué* Ils se plaçaient six ou huit sous sa direction , logeant chez lui ou dans son voisinage. Ils profitaient de sa bibliothèque et recevaient de lui leurs principales leçons.

Toutcela, certainement, laissait beaucoup k désirer. Il y avait peu de pasteurs qui pussent donner à leurs élèves le temps nécessaire ; il y en avait moins encore qui possédassent les connaissances requises pour remplir convenablement une telle tâche.

C'est au rév. docteur John Mason de New-York, un des plus éminents théologiens de l'Amérique, que nous devons la première école de théologie vraiment digne de ce nom. Il recueillit en Europe une bibliothèque considérable, et au commencement de ce siècle il ouvrit un cours d'études sur les diverses branches de la théologie. Durant plusieurs années, il poursuivit son plan sans recevoir presque nuls secours étrangers, et beaucoup d'étudiants profilèrent des excellentes leçons qu'il était si bien eu état de leur donner.

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Ce fut en 1808 que l'on fonda le séminaire théolo^ gique d'AndoTefy et comme c'est la plus célèbre de nos institutions scientifiques, je dois m'y arrêter quelque peu.

Les bâtiments du collège occupent un emplacement magnifique y sur une éminence près du village d'Au-^ dover, à vingt milles environ de Boston. Ils consistent en deux vastes édifices où résident les étudiants ; le centre est occupé par la chapelle, la biblioihèque, les auditoires, etc. A quelque distance en arrière, se trou*vent le réfectoire et la maison du concierge. Les ter-^ rasses sur le devant sont arrangées avec goût. Des arbres de haute futaie en décorent les promenades et les avenues. Yis-à-vis du séminaire, et formant tout un o«Hé d'une rue le long des terrasses, on voit une ligne de maisons qu'habitent les professeurs. Tout cet ensemble est vaste , bien aéré et d'un style fort convenable.

Ainsi que je l'ai dit ailleurs, ce séminaire est en quel* que sorte une annexe de l'académie dePhilipps. Celle-ci est tout àcôté. Le seul lien cependant qu'il y ait entre les deux institutions , c'est d'être sous une même cura-^ telle. L'histoire du séminaire d'Andover peut se ra-«conter en peu de mois. Il naquit du besoin vivement senti d'améliorer l'instruction du clergé, et de faire concurrence à l'université de Harward qui avait renié la foi. Ce furent quatre ou cinq négociants riches et entreprenants, que le Seigneur choisit pour réaliser le vœu des chrétiens.

L'un d'eux était le vieux Samuel Abbot d'Andover.

II avait déjà stipulé dans son testament un legs considérable en faveur de l'université de Harward, lorsque Dieu permit qu'il vécût assez pour voir le nouvel esprit qui s'y manifestait. Il lui parut évident qu'on s'était permis de détourner de leur destination les fonds que celte université devait à la bienfaisance de M. Hollis^' chrétien zélé qui avait expressément entendu soutenir l'orthodoxie, et il comprit le mal qu'il ferait en augmentant le lr(^sor de TUniversité. S'étant donc abouché avec la veuve de Samuel Philipps et avec son fils, ils arrêtèrent le projet d'annexer à l'académie existante une école de théologie, pour laquelle ils formèrent des fonds et dont ils commencèrent par élever l'édifice à leurs frais.

Dans ce môme temps , le révérend Samuel Spring, docteur en théologie , et le révérend Léonard Woods, aussi docteur en théologie et maintenant professeur à Andover, formaient de leur côté le plan d'un séminaire ; et les fonds pour sa dotation leur étaient assurés par MM. Bartlell et Brown , l'un et l'autre paroissiens du docteur Spring, et par M. Norris de Salem. C'était le docteur Spring qui avait conçu l'entreprise et qui l'avait menée jusque-là. Cependant, l'établissement devait se fonder dans la paroisse de M. Woods; c'est lui qui y aurait eu la place de professeur, et on lui

^ Né en Angleterre, l'aiu 1659 et mort en 1731, Thomas Hollis, négociant, fut un chrétien très-estimé. Cefut^lui qui Tonda dans Tunivcrsilé de Harward les chaires de théologie et de mathématiques. 11 lui donna aussi un cabinet de physique et beaucoup de livres.

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eûl donné un collègue pour le décharger d'une partie de ses fonctions pastorales.

On agissait ainsi des deux parts, non-seulement sans s'être concertés, mais encore sans s'être ouverts les uns aux autres, quoique ces Messieurs vécussent à des distances peu éloignées et que plusieurs d'entre eux se vissent assez souvent. Ce fut pourtant le moyen par lequel cette bonne Providence qui lient en sa main les anneaux dont se forme la chaîne des faits , réunit eu un même cœur les congrégationalistes orthodoxes de la Nouvelle-Angleterre, jusqu'alors divisés en deux camps, et qu'elle leur fit adopter pour le séminaire une confession de foi bien meilleure qu'elle ne Teût été sans cela.

Ces deux camps étaient, les calvinistes modérés, comme on les nommait (modérés en pratique et en théorie), et les hopkinsiens, hommes à vues subtiles, actifs, fervents, passablement tranchants, et en quelque sorte les uUra de l'époque. Si chacun de ces partis eût possédé sa propre école de théologie, ce qui les distinguait eût produit une complète séparation ; tandis que l'établissement d'un seul séminaire, en faisant faire aux uns et aux autres un progrès dans la saine doctrine, doubla leurs forces contre l'uni tarianisme, leur ennemi commun. El peut-être fallait-il que, des deux côtés, on arrivât si près de l'exécution. Ce fut a,lors seulement qu'on vit avec évidence le mal qu'il y aurait à ces institutions rivales ; et encore ne fut-ce qu'après deux ans environ de débats animés, qu'on parvint k fondre les deux projets. Plus d'une fois

kh^ LA RBLIGlOlf fiN AHÉRIQUB. LIY. IV

teème les négociations se trouvèrenl interrompues, c Personne, dit le docteur Woods, ne peut se faire une juste idée des difficultés innombrables qu'on eut à vaincre , ni des accidents qui menacèrent de tout renverser. » *

Le grand embarras était de rédiger le symbole que les professeurs du séminaire auraient k signer. Les fondateurs de l'académie de Philipps avaient déjà , pour cet objet, le petit cathéchisme de l'assemblée de Westminster. Le docteur Spring, de concert avec son ami le révérend docteur Emmons , ne voulait pas entendre parler de ce formulaire , soit parce qu'il renfermait certains articles qu'il ne pouvait admettre, dans le sens du moins qu'on leur attribuait généralement, soit parce qu'il eût désiré que d'autres points y fussent plus clairement définis et plus développés. Spring et ses amis demandaient qu'on prtt d'autres précautions encore contre l'invasion de l'hérésie, et par exemple, que le séminaire fût sous la surveillance d'un conseil d'inspecteurs professant la même foi, et nantis de pouvoirs suffisants pour réprimer Terreur à sa naissance. On créa ce conseil. Une commission mixte dut rédiger une nouvelle confession de foi, calquée sur le cathéchisme de Westminster, mais avec quelques retranchements et quelques additions, et la chose se termina de la sorte. Avant d'entrer dans l'exercice de leurs fonctions, les professeurs et les

^ Tout ceci est tiré d'une histoire manuscrite du sérainaire théologique d'Âodover.

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inspecteurs du séminaire lisent et souscrivent solenfiellement cette confession de foi, en présence des curateurs^ et ils répèlent cette formalité tous les cinq ans.

On peut dire que, dans celte transaction, ce furent les hopkinsiens qui remporlèrent la victoire, mais non sans faire le sacrifice de quelques-unes de leurs idées favorites. Si on les eût en tout satisfaits, rétablissement aurait pris un caractère de secte bien prononcé. Aussi quelques-uns d'entr'eux y refusèrent-ils leur adhésion ; mais cela n'empêcha pas que bientôt le corps entier des orlhodoïes de la Nouvelle-Angleterre ne vînt se grouper autour de celle école. Ce fut d'elle aussi que sortirent nos missions étrangères et d'aulres œuvres chrétiennes qui eurent pour effet d'accroître rapidement et de fortifier l'union des chrétiens. Quelle bonté de Dieu, et que l'influence de son Esprit est visible dans toute cette œuvre !

Cependant, Ton n'était pas sans inquiétude quant à l'orthodoxie du séminaire , vu que les curateurs de l'académie de Philipps n'offraient pas de garantie à cet égard ; ^ mais on n'en mit que plus de soin dans le choix des inspecteurs, et au bout de peu de temps, soit par décès , soit par démission , le corps des curateurs se trouva complèteraenl renouvelé et sa composition ne laissa plus rien à désirer.

^ Il faot se rappeler que, si l'académie de Pbilipps fût fondée avant riovasioD de l'unitarianisme, c'est à Boston et dans son voisinage que se manifestèrent plus tard les erreurs qui y conduisent; en sorte qu'il n'y a pas lieu de s'étonner que le consolide l'académie de Pbilipps s'en soit trouvé infecté.

kkk LA RBLIGION EN AMÉRIQUE. I«1V. IV

Grâces aux précautions prises par les fondateurs, le personnel de la direction actuelle permet aux amis, de ce séminaire de Tenvisager comme un de ceux qui sont à Tabri du naufrage , quant à la foi. Ce n'est pas à dire que la liberté des étudiants y soit gênée le moins du monde. On stimule au contraire chez eux l'esprit d'examen, car il faut que leur croyance repose sur la conviction et non sur l'autorité de l'homme. On n'exige point qu'ils signent une confession de foi ; et pourvu qu'ils aient le christianisme dans le cœur^ on ne s'enquiert pas de la forme doctrinale cpu'il revèl dans leur esprit. Ce fut du reste à cette condition que la législature du Massachusels autorisa les curateurs de Tacadémie de Philipps a recevoir les fonds qu'exigeait la fondation du séminaire. Plusieurs se plaignirent d'abord de cette clause ; mais elle n'a point eu de conséquences fâcheuses. On a flni môme par comprendre combien il serait peu raisonnable d'exiger une profession de foi rigoureuse, de la part de jeunes gens qui entrent au séminaire, précisément pour étudier la vérift et non pas seulement pour apprendre à la prêcher.

Ce fut donc en 1808 qu.e le séminaire s'ouvrit. Durant plusieurs années, il ne compta que trois professeurs. Maintenant il en a cinq, outre un président qui n'a pas de leçons à donner. Chaque membre delà faculté reçoit un traitement de 1500 dollars, et de plus une maison d'habitation ; moyennant quoi , il ne lui est pas permis de recevoir d'indemnité pour les prédications qu'il peut être appelé à faire au dehors.

CDAP« XVIII. SÉMINAIRES THÉOLOGIQUES. ikb

Voici le cours des éludes Ihéologiques dans ce séminaire : littérature sacrée, testament grec et hébreu, essentiellement durant la première année; théologie chrétienne, seconde année ; rhétorique sacrée, histoire ecclésiastique et devoirs du pasteur, troisième année. L'instruction se donne au moyen de cours manuscrits, ou de livres servant de texte. Les étudiants en récitent la substance et le professeur les développe.

Jusqu'à leur dernière année, il n'est pas permis aux étudiants de prêcher, et on ne leur fait peint composer de sermons. Mais, (|j^ranl cetle dernière année, chacun d'eux peut se voir appelé à fonctionner dans la chapelle de rétabhssement : puis il lui est permis de monter la chaire dans quelque paroisse du voisinage , mais toutefois sans trop s'éloigner, pour qu'il ne manque pas aux leçons du lundi. De plus, cette permission se limite à six dimanches. Les services de la chapelle se font d'ailleurs, à tour de rôle, par le président et les professeurs.

La plupart des étudiants sortent de collèges où ils ont été gradués, ce qui n'empêche pas qu'on ne leur fasse subir un examen d'intro4uction. Pendant la première année , ils suivent deux leçons par jour; après quoi ils n'en reçoivent pour l'ordinaire qu'une seule.

On exige essentiellement des professeurs qu'ils entretiennent la piété parmi leurs élèves; ce que les fondateurs et les curateurs, non moins que les professeurs eux-mêmes, regardèrent toujours comme le grand objet de l'institution. Aussi voit-on chaque vendredi soir, la faculté tout entière se réunir aux étu-

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(liants pour se livrer à des exercices de piété. Les élèves ont d'ailleurs entre eux des conférences et des réunions de prière.

Les jeunes gens pauvres, et il y en a beaucoup, reçoivent la moitié du prix de la pension qu'ils pren* nent en commun. Du resle, on n'exige aucune finance scolaire; il s'en paie une pour l'usage de la bibliothèque, pour l'enlretien des salles et du matériel de l'école, mais elle est fort légère.

Comme on l'a vu, le cours d'études dure trois ans, et oblique élève , en entrant , pr^et de le suivre au complet. C'est exiger d'eux plus de temps qu'il n'en fallait lorsque les pasleurs formaient les jeunes minis^ très. Aussi n'est-ce pas sans peine qu'on a obtenu ce sacrifice, et de la part des églises et de la part des étu^^ dianls ; d'autant plus que cette règle n'existait pas dans l'origine de l'instituliop.

Il est plusieurs autres points encore sur lesquels l'expérience a servi de guide; car, le séminaire d'Ao^ dover étant la plus ancienne de nos écoles de théologie, il y eut pour commencer bien des tâtonnements^ Mais on peut dire qu'à la longue tout s'y est considérable* ment amélioré.

Il ne compta pas d'abord beaucoup d'étudiants. Cependant le nombre s'en est élevé graduellement jusqu'à cent cinquante. C'est là qu'il s'est maintenant arrêté^ par l'effet de la fondatioa de séminaires analogues. Depuis son origine , il a reçu environ mille quatre cent quarante élèves, dont neuf cents seulement ont obtenu leur diplôme, les uns étant morts, d'autres

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ayant renoncé aux éludes, d'autres enfin s'étant placés ailleurs. De ces neuf cents , il en est une centaine qui se sont voués aux missions étrangères , et un plus grand nombre aux missions domestiques. Le conseil général des missions américaines, durant ies dix premières années de son existence, a tiré d'Ândover tous ses missionnaires à Texception d'un seul. Bien des collèges et des écoles de théologie ont pour présidents et pour professeurs des hommes sortis de ce séminaire, et bon nombre de sociétés religieuses lui doivent leurs secrétaires et leurs agents.

On peut donc envisager aussi Técole d'Andover comme un véritable institut missionnaire. Dans le même temps à peu près où elle se fondait, naquit la « Société d'Etudes sur ies missions » dont presque tous les élèves sont membres. Cette Société possède une bibliothèque et un musée remarquables. Elle exerce une heureuse influence sur toute l'école. On enseigne d'ailleurs dans celle-ci, comme dans presque tous les séminaires théologiques des Etats-Unis, que le pasteur doit être missionnaire au fond de l'âme , et qu'il faut , en se vouant au ministère , se tenir prêt à aller quelque part que le Seigneur envoie. Au surplus, Andover offre toutes les facilités possibles pour être au courant des nouvelles relatives aux missions, soit par des correspondances régulières et par les visites des missionnaires, soit par les relations qu'on y soutient avec les membres du Conseil Américain.

On tient pour une des meilleures bibliothèques théologiques des Etats-^Unis, celle d' Andover, qui,

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choisie avec soin , se compose de quatorze mille volumes ^ et possède un fonds destiné à la pourvoir de nouveaux livres. Les ouvrages allemands y sont en grand nombre. On n'en a point complètement exclus ceux des néologues ; car les jeunes gens qui font des études sont destinés à regarder en face Tennemi , et non pas à fuir sa présence.

Outre cette bibliothèque, il en existe une autre appartenant à une société connue sous le nom de Société de Rhétorique de Porter , le premier président du séminaire. Ce fut lui qui fonda ce^ association dont les bienfaits ont été considérables.

Une discipline sévère préside à rétablissement. On entend que les étudiants fassent régulièrement leurs travaux particuliers, qu'ils n'absentent pas les leçons, qu'ils assistent aux prières du matin et du soir dans la chapelle et qu'ils fréquentent le service divin du dimanche. Il y a eu des étudiants renvoyés pour écarts de conduite ; et l'on a môme une fois déposé un professeur , après une enquête consciencieuse , parce qu'il avait négligé les devoirs de sa place.

La somme totale des dons recueillis pour l'érection des édifices , pour la dotation des chaires de professeurs, pour les bourses d'étudiants, pour la bibliothèque, etc, s'élèvent au moins à 400,000 dollars. Le plus libéral des donateurs, M. Bartlett, doit y avoir consacré plus de 100,000 dollars, outre un legs de 50,000. Il n'a jamais voulu dire à personne ce que lui coûtèrent quelques-uns des édifices entièrement construits à ses frais. M. Abbot donna près de 120,000 dollars. On

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u'eut/ en aucun temps, besoin d'ouvrir une souscription générale, quoiqu'il y ait eu passablement de coivtribulions qui n'allèrent que de 500 a 5000 dollars.

A ces détails j'ajouterai que l'élciblissement possède une imprimerie. On la connaît sous le nom de presse de Codman , parce que le révérend docteur Codman de Dorcbester l'a enrichie d'un assortiment de carao* tères orientaux.

Enfin, et avant de passer à d'autres institutions analogues, disons qu'il en est peu qui aient rendu de plus éminents services. Son nom se rattacbe à la fondation et aux succès des missions étrangères, aux Sociétés bibliques et des traités, à la Société de colonisation et à celle de tempérance, essentiellement par l'activité de ce Mills, * à jamais regrettable , et de ses compagnons d'oeuvres , tous sortis d'Andover. Si d'ailleurs je me suis arrêté longuement sur ce séminaire, c'est non-seulement qu'il est le plus ancien , le plus riche, le plus fréquenté de tous, mais parce qu'il a été , en quelque sorte . le modèle sur lequel tous les au Ires se sont formés. ^

^ Lerév. Samuel J. Mills, jeune homme plein de zèle et de talent, qoi prit part à la fondation de plusieurs sociétés religieuses et mourut sur la côte d'Afrique, occupé à y chercher un emplacement pour rétahlissement d'une colonie de nègres.

* Au commencement de 18i2, la facuUé d'Andover se composait du- rév. Justin Edwards, docteur en théologie, président ou recteur ; des rév. D*^* Woods et Emerson , et de MM. Stuart, B. B. Edwards et Park, professeurs. — Le professeur Sluart est connu par ses commentaires sur les Epttres aux Romains et aux Hébreux, comme par sa grammaire hébraïque et quelques autres écrits. Le I. S»

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Le second sémioaire théologique des Etals-Unis fui x)elui que Téglise presbytérienne institua en 1812, à Princetown (New-Jersey). Loin d'être aussi riche que celui d'Ândover, il s'est vu souvent en de grands embarras financiers. Il n'a pas laissé d'acquérir une juste célébrité par les taleuts distingués des professeurs el les excellentes études qu'on y fait. Le nombre desétudianls y a été, pendant plusieurs années, de cent vingtcinq à cent quarante; celui des ministres qui en sont sortis dépasse douze cents. L'esprit missionnaire anima cet établissement dès son origine, et beaucoup de ses anciens élèves annoncent TEvangile aux païens. Comme à Andover, il existe à Princetown une Société d'études sur les missions.

Voici quelle est la marche des cours dans ce séminaire. Première année : hébreu, exégèse du Nouveau- Testament grec, géographie et chronologie sacrées, antiquités judaïques, rapports de l'histoire sainte el de l'histoire profane. Seconde année : critique de la Bible, histoire ecclésiastique, théologie didactique. Troisième année : polémique, suite de l'histoire de l'église, gouvernement ecclésiastique, théologie pra-

0^ Edwards est Phonorable fondateur des sociétés de tempérance. Il n'a d'ailleurs écrit que daus l'intérêt de cette cause, outre quelques sermons excellents. On a du IK Woods des écrits peu volumiileux, mais trés-solides sur le baptême, sur Tinspiration des Ecritures, etc. M. B. B. Edwards a beaucoup écrit dans les joumaui. On lui doit plusieurs travaux remarquables sur les missions ; puis une vie du D' Cornélius; et, de concert avec le professeur Park, il a donné au public un Tohime intéressant de morceaux traduits de l'aUemand.

GBAr. XVllI. SÉmNAIRES THÉ0L0G1QI5BS. 4Sf

tique, compositioa ei récitation de sermons. Les élu-* diants sont appelés à fournir, chaque semaine; queique essai de composition, et une fois par mois ils ont un discours à prononcer devant les professeurs. On consacre d'ailleurs un soir par semaine à discuter les points tes plus importants de la théologie. Le sermon du dimanche matin se fait, dans la chapelle, par un des professeurs; l' après-midi « les étudiants se for^ ment en conférence pour traiter des sujets de casuis* tique. Les professeurs président à ces conférences, qu'ils terminent en ajoutant leurs observations à celles des étudiants. Le service tout entier est précédé et suivi de chants et de prières.

C'est dans ces conférences qu'on traite des questions telles que celles-ci : Â quoi reoonnatt-on la vocation au saint ministère? Quelle est la vraie préparation à la cène? Quels sont les signes de la repentance? Ceux de la foi? Que faut*il faire pour bien mourir? On ne saurait croire toute l'utilité de ces exercices, oà la discussion est à la fois sérieuse et franche. C'est là que les dignes professeurs du séminaire ont l'occasion de déployer leurs profondes connaissances dans* les choses spirituelles.

C'est un fait remarquable et pour lequel il y a bien des actions de grâces à rendre à Dieu, que les premiers professeurs de Princetown lui aient tous été conservés jusqu'à ce jour.' lis occupent, ainsi qu^

* Les rév. D'* Aiexander et Miller, qui se sont fait l'un et TaCH tre une réputation justement Méritée par leurs levons et par teiira

USi LA RBUGION BK AMÊRIQCJB. UV. IV

leurs plus jeunes collègues, uu rang dislingué parmi les Ihéologieus d'Amérique, el leur opinion est d'un grand poids dans Téglise à laquelle ils apparlienneul. La convention générale de l'église épiscopale protestaiitiC ouvrit une école de théologie à New-York, en 1817. Elle dut son existence à John Hobarl, qui fui longtemps éyèque de ce diocèse. Elle compte cinq professeurs, hommes éminenls et d'une grande influence dans leur église et ailleurs. Cet instilula joui d'une prospérité non interrompue. Il compte habiluel- Içipeul de soixante-quinze à quatre-vingts étudiants. . En 1822, les diocèses de Virginie et de Maryland fondèrent un nouveau séminaire dans le comté de Fairfax, à quelques milles d'Alexandrie. Il a quatre bons professeurs et une cinquantaine d'élèves. L'église épiscopale et le pays tout entier lui ont de grandes obligations.

Nous pourrionsencore faire une mention particulière du séminaire théologique des baptisles à Newton , près de Boston ; de celui des luthériens à Gettysburg, où le révérend docteur Schmucker enseigne avec tant de distinction ; de celui des réformés hollandais et de quelques autres; mais nous devons nous bornera

écrits. Ils ont maintenant pour collègues le rév. D' Hodge, connu ^ en Europe par son excellent ouvrage sur TEpttre aux Romains, e! le rév. J. A. Alcxander, auteur d'un grand nombre d'articles îiué^ rés dans le Biblical Repository and Princetown Review, publication trimestrielle qu'alimentent depuis près de vingt ans les professeurs du séminaire et ceux du collège de New-Jersey, I'ud et l'anUrie dapf le village iie.RrincetoWB.

OêâT. XVIII. SÉMINAIKBS TUÉOlXtGlQVBS. 4&3

dooiier une liste générale de toutes ces institutions. On verra quels immenses progrès ont faits les élude| théotogiques depuis le temps o(t lu docteur Masoii ouvrit son école. 11 est à observer d'ailleurs que les élablissemenls dénignés, dans la table suivante', sous le nom de département de théologie, bien que se rattachant h quelque académie ou à quelque collège, ont, néanmoins, leurs professeurs à part et sont bien réellement des écoles, ou des facultés distinctes dti resta de l'institution.

|. ' Je prends ces cliiffres dans l'Anifiricaii Quarterif RegisUr fie Ï9U); maisjelesestimeau-deasomdela réalité, parce'qu'ils doD^ nentle nombre des étudiants à une époque particulière de l'année! et 000 pu celui des étudiante qui peuvent être arrivés plus tard.

lA RELIGION ON UISMOK*.

£IUP. XVIII. SÉHIIlAlilBS THBOLOGIQDIIS.

4â6 LA HKLIGION fiN AJlKlilQUE. LIV. IV

Les presbylériens réformés (covenanlers) ont une éiîola de (béolegie^-à Philadelphie-, e4 \e»^ Mofave» m dnt une à Nazareth, en Pensylvanie, mais je ne sais lé nombre des étudiants qui les fréquentent; il n*est {^ probable qu'elles en comptent chacune plus de six ou huit.

, Nous n!avons d'ailleurs fait entrer dans ce tableau que les églises protestantes orthodoxes. Les unitaires ont une faculté de théologie dans l'université de Harward, avec deux professeurs et vingt-sept étudiants.

i Quant aux séminaires de l'église romaine y en voici le détail suivant YÀlmanach catholique de 1840 :

: SémiDaire de Philadelphie 29 étudiants. i

a de Baltimore 16 *

c de Emmetsbourg. ...... 20 n-

« de Frederick 20 »

« de Charleston (Caroline du Sud) .6 »

a de la paroisse de TAssomptloo •*

(Louisiane) 9^ »

« de Bardstown et St-Rose (K^ntucky); » . »

« de Cincinnati.. •..,...« » »

€ de Vincennes .9 *

« de Barren». ... ^ .... - 12 »

^ de Missouri. . -n- . . . * » »

i« de Saint-Louis ^ » »

! D'après ce même Almanach, on aurait compté, en 1842^ vingt et une écoles ecclésiastiques, et cent quatre-vingts étudiants.

I Pour revenir aux établissements de ce genre appsrtetmnt aux protestants orthodoxes, on Yottqtt'tï en

QUF^.XLVllI. SÉllIiSAfilES.XUiLOLqaïQDVBH 461

existe treDle-buit/ ayaat cent cinq professeurs et fréquentés par eDvir9Q qui^^i isents étudiants. La plupart de ces éc^oles sont dans leur enfance. Là où elles se lient à des collèges, les professeurs de tbéologie donnent assez généralement quelques leçons dans la faculté des lettres et dans celle des sciences. Il arrive aussi que ceux qui appartiennent à des séminàiresdenouvëllë fondation, ont, en outre ^ charge de pasteur dans quelque paroisse du voisinage. Tou^* d'ailleurs prfichent fréquemment , et de plus* on at-^ tend d'eux qu'ils se livrent à des travaux littéraires; et qu'ails' les vendent publics par le moyen de la pi^esse: Le nombre des professeurs, relativement à celui des' étudiants, est considérable. Je puis néanmoins affir^^' mer qu'ils né mènent pas une vie oisive. S'ils n'^é^'^' lent pas en science les docteurs illustres de Tanoien moQde> au moins sont-ils, grâce à Dieu, des hommes convertis, pleins de dévouement et de fbi. Leur grand objet "est dé formel un clergé preux autant qu'instruit. C'est par de ferventes prières qu'ils ouvrent et ttenminent leuns leçon'â, et plût^ à dieu qu'on en fit aularit dans toutes les universités de l'Europe!

* Dans l'anivcrsité wesèeyenne de Iliddictown, au Connecticut, il y a une classe de théologie^ e( peut-être en est- il de mJSme ep quèlqireB antres collèges méthodistes.

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CHAPIThE XIX.

TRAVAUX BirniBPIlIS POUR LA DISSAlUNATIOlf MIS SAUfTBS

ÉCUTTOtaé.

Qn a beaiipoup fait en Ârnériqua pour répandre la Bi]>}f . Q!^l QQ^ œuvre qui a réupî le QOQqours d6 tOMlea.le^ opinions. Des bçimipes d'état iviémes, aaoï èlr9 d^eidémeol religiw:!^! OjU aiembres actiis da quelque église^ Vont secpodéei^^ leur coopôrati<M>. Ils QQt compris que la Bible est )^;i>a^ (f^ oolrie avenir naitiopal. EIIq seule apprend la soujoissioii aux lois humaiDes y en inculqjiaut l'obéissance au gquyernenient diyin, et les peuples ne peuvent devenir boiH nèlas, actifs^ paisil)leS) oonteiits et beurepx que par la rjeli^ipp. de la Bible.

Il y a vingtrsii ans que la Société Biblique améri* caiup fut foodôç^et maintenant elle éteod ses rameaux sjur tous IjBs pi^iutades Ëtat&4Jnis% Pendant: cet inter^^ valle, il esl sorti de sfls dépôts 3^058i765 exemplaires des livres saints,' et seulement dans la dernière an-

* Comme il existç des sociétés bibliques qui ne sont ^i^MitaffiliéM à la Société Américaine, telles p^r exemple quels Society ftibliqu» américaine et étrangère , et jusqu'à ces derniers temps la Société Biblique de Philadelphie, je ne pense pas que ce chiffre indique la somme totale des livres saints réellement distribués. Sans compter que TUnion Âméricatoe en^ faveur des écoles du dimanche et le comité méthodiste de publication, ont une fois aussi imprimé et répandu la Bible pour leur propre compte.

OBAP.. KIX. SOOIBTCS BIBLIQCUS. kSft

1^, a57vl6T. Eo iS29 et ISSO, on avait fait le plan de fournir de Bibles toutes les familles sans exception^ mais la populatioa s'accrott si rapidement , qèe ees deux années furent trop oourtes. C'est «donc on^ œuvre à poursuite laborieusement^ et bien des gens ^en^ocoapeiit avec i^e. On se partage le pays ep pe^ tites circonscriptions, puis oh va de maison en maisiM s'âiSMiref des beMifns, el offrir d'y pourvoir ou (bar r^mtO/'Oii^par don gratuit, lise faét aassi & NewwYorky et len ifâuires ports de met, de graoAs efforb pour fAacer la Parote'deDiea entre leis^iiains'deéi Dotweami

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' Un réstrltaA^remaf^uaMe, c'est que les^distributionil de la Bible- par de» sociétés i>'6nl porté nul préjudice aux libraires, ils vendent plus d^exemplaires dusatnl Livre (^'aoparttvaat. A mesure que la Bible est mie)» eopnue,^!» l'apprécie davantage; Qu'elle toodiedians une" fiMisew^ bientôt divers membres de ta famille ^é^ sîrent'ën aroîr na exemplaire, fit puis, la dissémi*^ iatîoii des Saintes^Ecritures accrott la demanfle ëe Giininïentaires et d'autres livres religrenx. Enân: , le» éoiles* de ta semaine et du dimanche consomment beaucoup de Bibles et die Nouveaux-Testaments, dont la plupart s'achètent chez les libraires. ~ La'Soeiélé Biblique américaine ne boro4 pasaox^ fitata^Uni^se^ nobles travaux i Depuis piMsieursf aii*« QéesyeU9'eônootert, avee d^av|rés sociétés^ ii«i<é|iàitdMc hu Bibte dans les pays élratfgers^ bàitnt ainsi le<|eii^ od • la eonnaî^iance du^ Seigneur couvrira Uk^^tetv^é ^ Ses recettes eeisofrt éltipéea»^ Vannée deraiérë^^^Ai ib

460 LA RBLIGION BN AMBHIQCB. LIV. IT

somme de 134,357 dottârs, dont 20^619 où l élé appliqués au service élraùger.

CeU^ société a publié uo Nouveau-Testament et quelques portions de T Ancien, avec des caractères en relief , à Tusage des aveugles. Elle poursuit une entreprise qui iutéresse à uo si haut point celte classe Bialheureuse de la population.

En 1837, il s'est formé une Société Biblique américaioeel étrangère au sein des égHses baptisles. C'est afin de répandre les traductions que ces églises approuvent Il est qttelques**unes de ces versions , en effet, que la Société américaine ne saurait distribuer, parce que les termes grecs topiîtir et Inifiêmê y sont rendus par les mots pUmgeir et «iiiiii«r«ioii. 11 est fâcheux, assurément, qu'on n'ait pas laissé intactes des expressions sur le sens philologique desquelles on a tant de peine à s'entendre. Les chrétiens eussent pu continuer de faire eu commun cette beUe œuvre. Mais ici, comme en beaucoup d'autres rencontres, un mal apparent semble vouloir tourner à rAvancenaent du christianisme. La nouvelle Société s'eM mise avec m\e grande énergie à répandre la Bible au loin. Ainsi va se développer l'activité d'églises nombreuses et puissantes, qu'arrêtaient des scrupules respectables. Les receltes de la Société baptiste, dans l'année dernière, la quatrième de son existence, ont été de 26,304 dollars, et lesdepenses.de 3 1^892. Cependant, depuis la fondation de sa digne émule, la Société américaine a vu ses ressources s'accrottre considénn Uement, bim loin, qu'ellea^'aient diminué. .

CBÀP. XX. TRAITÉS ET LIYHE9 REIJGIBDX. Ml

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