TRAITÉS ET LIVRES RELIGIEUX
Il n'est pas d'entreprise religieuse qui ait été pous-r^ sée avec plus de vigueur, aux Etats-Unis > que celle qui a pour objet la publication et la distribution de bons livres. L'instruction y est si générale, du moins parmi les blancs, qu'on serait bien coupable de n'en pas profiter pour répandre, par la voie de la presse, les vérités de l'Evangile.
Les associations qui s'occupent de cette œuvre sont de diverses sortes. Nous avons déjà vu ce que font, spécialement pour la jeunesse, les Sociétés des écoles du dimanche, et nous n'y reviendrons pas.
Au premier rang des associations qui vont nous occuper, se place la Société américaine des Traités, dont le siège est à Ne¥r-York, comme, au reste, celui de la plupart des Sociétés d'un caractère national. Instituée en 1825, elle repose sur une base assez large pour que les protestants évangéliques de toutes les dénominations puissent y prendre intérêt. Son comité se compose d'ecclésiastiques et de laïques membres des diverses communions orthodoxes, et les écrits qu'il publie n'exposent que les vérités et les doctrines sue" lesquelles tous sont d'accord.
Depuis son origine jusqu'en 1842^ elle a .mis au
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jour 1^016 publications différeutes, dont 131 forment à elles seules des volinnQsplu^ov moiDs considérables. Presque toules les autres sont ce qu'on appelle des Traités, de quatre pages et plus, mais dont aucun ne sirfiGt pour faire prQpremePt un Yplume. ERe pëblie*aussi des placards et de petites feuilles volantes. Outre ces 1,016 publications, elle s'est aidée à rémission en pays étrikuger de t,634 éerits du ïo^vm genre. Le nombre d^exemplaire^aortÎB de ses presses Tannée dernière Vélève à 4,812,900^ dont 185,152 Totqmes, Dans le même temps, elle en a répaiodii 4,478,799, dont 185,163 volumes. Parmi ceux^^ci figurent 2,788^ GoHoctîoiH de ta BMioêhé^ évmgélifim dm famUm^ en 15 volumes, et 524 coUeoUonfii de \èi Biblioûiiqi» àhrétiMne; en 45 volamesi LfCs traités d^rtriboés durant les dix-sept premières aonées- forment un total de 1,920,090,921 pages, ou environ 128 millions de traités et volumes. La recelte du derni^ exwcim fut de 34,941 dollars, montant des dons et sonsenptions, et de 56,214 dollars produit de lavante; en tout) 91,155 dollars. Les envoia foi<s k l'étranger pour aider des sociétés semblables, Vélèvest à 15,000 dollars.
La Société a de nombreuses associationi auxiliaires dans les Etats-Unis. Elles lui recneilient dçs foode et disséminent ses publications. Qitôlques-unes des sociétés locales sont d'une grande activité; ainsià^MeviF- York , à Boston et à Philadelphie^
Parmi les entreprises faites par la Société, Htfù est deux sur lesi|ueUesj6 dois Qi'arjrèler quelque peu^ soit
MAP. SX. TRAITÉS BT LIVRES RBLIGIBOZ. M8
à oau86 du Imn qu'elles promettent à rAinérique j soit parce qu'il me parait facile de les imiter ailleurs. La première est la publicatioo d'ouvrages universellement approuvés, tels que le Voyage du chrétien de Bu*^ nyan, et les Commmcemenu ei progrès de la nraie piëlé par Doddridge. Il s'agit d'introduire dans toutes les viaisens, si possible, l'un de ces ouvrages au moins ; et l'on ne s^en tient pasà ceux qui n'ont qu'un seul volume, ear oo aspire à placer de cette manière la Bibliothè- ' que évaogélique des familles , par exemple , ou la Bibliothèque chrétienne. Pour atteindre ee but, on emploie comme agents des hommes capables, et généralement des ministres de l'Evangile. Ces agenb visi^ tent les bourgs et les villes, prêchant dans les temples, recueillant des dons en faveur de l'œuvre, formant des comités dont les membres doivent faire la tournée de toutes les maisons, offrant enfin des livres à ceux qui les peuvent payer, et les engageant à aider de leurs bourses les personnes trop pauvres pour les acquérir. Outre ces agents, il en estde plus ordinaires, mais sensés, pieux et zélés dont les humbles travaux sont inap* préciables. Ce sont les colporleui*s qui, parcourant les Etats le plus à l'ouest, fournissent de livres ce peuple des frontières, dont toute l'occupation ^t de défricher les forêts qui arrêtent son élan vers l'océan Pacifique. Tout ceci est un essai qui date seulement de quel-^ ques années, et déjà l'on a placé 1,800,000 volumes dans des familles comprenant au moins quatre millionsi d'individus. Qui calculera tout le bien qu'une telle
kWk LA RELIGION BN AMÉRIQU&f / jLIT. IV
œuvi*e peut produire, moyeDnbiit la bébôdiclion di* vine?
Il n'est peut-être pas sans intérêt de meationnerici» qu'à la différence de ce qui se fait généralement en Europe, on met à ces impressions un Irès-^grand ^oin, si>il pour le papier, soit aussi pour les cartclères et les couvertures. On ne regarde pas comme une dépense mal entendue ce qui peut donner quelque attrait et quelque durée à des. écrits qui doivent intéresser, instruire et sauver des hommes, p6ur la plupart indifférents en matière religieuse.
Outre ses publications ordinaires, la Société répand un grand nombre de traités en Trançais , en allemand et en d'autres langues. Us sont destinés aux nouveaux colons que reçoivent sans cesse les Etats-Unis.
La seconde mesure dont je veux parler, c'est la distribution systématique et périodique des traHés, dans les villes et dans les campagnes , au moyen des nom* breuses associations qui se rattachent à cette œuvre. Il s'agit de placer, chaque mois au moins, un traité dans toutes les familles qui consentent à le recevoir, don qu'on accompagne de quelques bons propos , là surtout où l'on rencontre des âmes affligées, ou des personnes qui ignorent complètement l'Evangile. Pour atteindre ce but , on divise en un certain nombre d'a^ rondissemenls la ville ou le village en question. Chaque arrondissement doit renfermer assez de personnes zélées et discrètes, pour faire à toutes les familles une visite mensuelle, en y laissant un traité nouveau, choisi avec discernement. Il est des maisons qui demandent