CHAP. 11. PREMIÈRES MISSIONS INDIENNES
textes, la prison d'Etal, et c'est ainsi que les missionnaires recouvrèrent leur liberté si longtemps opprimée. En attendant, le gouvernement central protégeait réellement les Indiens, et malgré tout ce qu'ils eurent à souffrir de la part de leurs voisins, ils demeurèrent encore plusieurs années dans leurs domaines; enfin ils les vendirent aux Etats-Unis pour le prix de 5,000,000 de dollars, outre leurs frais de transport et une année d'entretien dans leur nouveau territoire. On ne voit pas en vérité que la marche du gouvernement soi! si fort à blâmer. Il a cru sincèrement que, pour les Indiens eux-mêmes, il valait mieux les faire quitter une contrée où il était impossible qu'ils jouissent d'aucun repos , et les établir en des lieux où il est facile de garantir leurs droits; or on les garantira, j'en suis sûr.
Quant aux Séminoles de la Floride, j'avouerai sans difficulté que le gouvernement ne se conduisit pas ici avec la dernière sagesse. On m'accordera d'un autre côté que l'acquisition de cette étroite et longue péninsule n'étaitpas indifférente pour les Etats-Unis, bien que les dix-neuf-vingtièmes du sol ne se prêtent à aucune culture. Sur cette bande de terre erraient trois à quatre mille Indiens dont les déprédations devenaient de plus en plus odieuses aux habitants du voisinage. On traita donc avec eux par l'intermédiaire de chefs que le gouvernement avait lieu de oroire suffisamment accrédités. Mais les Indiens refusèrent de tenir leurs engagements, et de là naquit la guerre dont ces malheureuses tribus furent les victimes. Que le gou-
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vernemenl d'ailleurs ail été trompé par ses agents, c'est ce qui est fort probable, mais je ne saurais croire à l'iniquité de ses intentions.
Atout prendre donc, il me parait, que, dans ses transactions avec les Indiens, le gouvernement national voulut sincèrement ce qui était juste. Son influence actuelle sur les tribus réunies à l'ouest leur est extrêmement salutaire. Lorsqu'il s'élève entre elles de ces contestations qui jadis ne se terminaient pas sans effusion de sang, où plutôt qui ne se terminaient jamais, les agents du pouvoir emploient leurs bons offices, et, par la persuasion seule, ils parviennent aies apaiser. Mais les préventions contre le gouvernement américain sont si fortes, qu'on va jusqu'à lui reprocher le rhum et les autres liqueurs spirilueuses que des hommes dépravés vendent aux Indiens des frontières; et pourtant je ne pense pas qu'aucun gouvernement eût su faire mieux que le nôtre pour arrêter cet odieux trafic. Non content de l'interdire, il a pris encore des mesures pour le réprimer, et ce n'a pas élé complètement en vain. Mais quel est, sur la terre, le gouvernement qui pourrait garder une immense ligne de frontières comme celles des Etats-Unis, et encore des frontières qui sont une suite presque non interrompue de vastes forêts? L'Angleterre et la France ne parviennent pas à prémunir contre la fraude les quelques cent lieues qui forment leurs côtes maritimes, et l'on voudrait que nous flssious ce qui leur est impossible ! Cependant nous comptons sur un remède plus efficace, c'est la formation de sociétés de tempérance
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parmi les Indiens, et la promulgation de lois sévères contre tout misérable, blanc ou cuivré, qui sera pris faisant le commerce des liqueurs spirilueuses.
Pour conclure, je dirai que, durant ces vingt-cinq dernières années , le gouvernement des Etats-Unis a donné aux missions indiennes un appui indirect trèsconsidérable, en accordant une allocation annuelle de 10,000 dollars pour l'établissement d'écoles, de forges et d'ateliers divers. C'est en général par le canal des sociétés de missions qu'on fait passer cette somme aux Indiens; c'est-à-dire donc par le caual des missionnaires, qui, pour la plupart, connaissent mieux que personne les besoins des peuplades au milieu desquelles ils vivent. Aussi le minisire de la guerre, l'honorable John C. Spencer, a-l-il reconnu hautement l'emploi judicieux qui se fait de cet argent et le bien qu'on opère du la sorte. Dernièrement encore, une commission du congrès qui avait à examiner cet objet, a rendu un témoignage semblable à nos missionnaires. Il m'est agréable de relever un fait qui prouve l'intérêt plein de bienveillance que le gouvernement prend aux institutions chrétiennes doirt le but est de civiliser les Indiens.en les amenant à la foi. 1
C'est en quoi, grâce à Dieu, ces peuplades, si longtemps malheureuses, font d'élonnauls progrès. Par exemple, à côté des écoles dirigées par les mission-
1 Ce qui mootre d'ailleurs la sollicitude du gouvernement américain pour les tribus indiennes, c'est le soin qu'il prend de leur envoyer des vaccinateurs, afin de les préserver do la petitevéiole.
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naires, il existe, particulièrement chez les Cherokisel les Chostas, des écoles fondées et entretenues par les gouvernements de ces tribus; il en est môme qui sont d'institution privée, c'est-à-dire que les pères de famille en fout tous les frais. Du reste, on trouve chez les Indiens bon nombre d'individus assez instruits pour desservir ces écoles.
Le gouvernement des Choslas fait entre autres, pour l'éducation de la jeunesse, des dépenses qui doivent couvrir de honle bien des nations plus avancées qu'eux dans la civilisation. En novembre 1842, leur conseil national a institué trois académies pour les garçons et quatre pour les filles. Il a assigné à l'entretien des premières la somme de 1 8,500 dollars, et aux secondes celle de 7,800 dollars, faisant un total de 26,300 dollars destinés k l'instruction publique. Il y a quelques années que ces hommes étaient de grossiers sauvages dout pas un ne savait lire. Or, qui devons-nous envisager, après Dieu, comme les auteurs de cette admirable métamorphose? Disons-le avec reconnaissance: ce sont les missionnaires, et des missionnaires qui appartiennent tous à l'église protestante.
Quant aux Cherokis, un grand nombre d'entre eux savent lire, grâce à l'alphabet inventé par un des leurs. L'invention d'un alphabet est un fait extraordinaire. Il y a 2000 ans que le moude n'avait rien vu de pareil. Maintenant donc celte nation , sauvage naguère , possède trois imprimeries , et son gouvernement vient d'en créer une quatrième pour la publication d'une gazette en cherokis.
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Dans le territoire appartenant aux Etats-Unis les missions indiennes comptent actuellement
50 stations.
50 missionnaires.
40 aide-missionnaires, au moins.
5,000 communiants environ.
Le nombre des écoles et des écoliers est également considérable.
C'est par anticipation que nous donnons ces chiffres, puisque nous ue voulions parler ici que des premières missions parmi les Indiens. Eu faisant la revue des sociétés des missions des Etals-Unis, nous dirons ce que chacune d'elles a tenté depuis 1815 pour introduire le christianisme au milieu d'eux.