‹ De la religion aux États-Unis dÁmériqueChapitre 104 sur 153 · PREMIÈRES MISSIONS INDIENNES · texte numérisé non relu

PREMIÈRES MISSIONS INDIENNES

ment est parvenu à concentrer plus de vingt tribus, ou restes de tribus recueillies des Etats et territoires organisés. Bientôt il y aura là une population indienne de 100,000 âmes, sur un territoire qui a de 5 à 600 milles du nord au sud, et environ 200 milles de Test à l'ouest. Avec ces tribus sont partis leurs missionnaires.

Sans doute qu'il doit y avoir eu pour des peuplades ainsi transportées loin de leurs demeures et des tombeaux de leurs ancêtres, un temps de souffrances et de pénibles travaux; comme, au reste , cela se voit pour toute colonie qui s'enfonce dans un pays vierge encore; mais, à l'heure qu'il est, les premières difficultés sont vaincues, et peu à peu les Indiens se forment à leur nouvelle position. Avec le temps, ils auront quelques terrains défrichés , ils se construiront de bonnes cabanes, leurs eaux feront tourner des roues de moulins, et les principaux arts de la civilisation s'introduiront parmi eux. Ou voit déjà poindre quelque chose de cela, et le moment viendra, j'espère, où les habitants du territoire indien accepteront l'offre que, peu de temps après la révolution, le congrès fît aux Chérokis, d'envoyer une députation à la législature nationale , de faire ainsi partie intégrante des Etals-Unis et de se soumettre aux lois de la république.

Parmi les reproches qu'on adresse à notre gouvernement , il n'en est pas de plus vifs que ceux qui ont pour objet sa conduite envers les Chérokis de la Géorgie et les Séminoles de la Floride. Quoique j'aie déjà

louché quelque pari le premier de ces points, je me vois forcé d'y revenir.

En vertu de la charte qui fut octroyée à Oglethorpe et à ses amis , la Géorgie réclamait , au-delà de ses limites actuelles, les vastes contrées où se sont formés les Etats d'Alabama et du Mississipi. Elle consentit néanmoins à céder ce territoire , pourvu que le gouvernement central acquît les droits des Indiens qui résidaient à l'intérieur, et qu'on les transportât autre part. C'est ce qui se fit sans peine pour la tribu des Criks. Mais les Cherokis, sourds à toutes les propositions du gouvernement général, refusèrent absolu- . ment de vendre leurs terres. Là-dessus, la Géorgie résolut la prise de possession, déclarant que, dès ce moment, elle étendrait sa juridiction sur les Indiens et sur ceux qui vivaient au milieu d'eux. Cette mesure occasionna la retraite de tous les missionnaires, sauf deux, qui, ayant refusé de prêter serment aux autorités géorgiennes , furent jetés en prison. Ils en appelèrent à la cour suprême de la Confédération ; et celleci ordonna leur élargissement. Cependant le fonctionnaire public , chargé dans chaque Etat de pourvoir à l'exécution des sentences delà cour suprême, demanda vainement lalibération des prisonniers. Le gouverneur de la Géorgie s'y opposait formellement. Rapport fait à la cour suprême , le grand-juge allait demander au président des Etals-Unis d'employer la force, lorsque la législature de la Géorgie , bien convaincue que le président n'hésiterait pas, coupa court à cette affaire en supprimant, sous de frivoles pré-

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