CHAP. III. CONSEIL AMÉRICAIN DES MISSIONS
gardent comme leur devoir d'y consacrer leur vie, où qu'il plaise à Dieu de les envoyer.
» Sur quoi, ils se permettent de demander à l'Association, si elle estime qu'ils doivent renoncer à celle œuvre, comme à une chimère et k une impossibilité; et dans le cas opposé, s'ils dirigeront leurs pas vers le monde oriental ou vers le monde occidental? Ils demandent encore, s'il leur serait permis d'espérer la protection et les secours d'une société américaine, ou s'ils doivent se placer sous la direction d'une sociélé européenne? Ils désirent en6n desavoir ce qu'ils auraieulà faire avant de prendre un engagement définitif?
» Les soussignés, sentant leur jeunesse et leur inexpérience, s'adressent à ceux qui sont leurs pères dans l'église, et sollicitent respectueusement leurs conseils, leurs directions et leurs prières. »
Le 29 juin, l'Association élut un conseil de commissaires pour les missions étrangères et le composa de neuf personnes. A sa première séance, tenue au mois do septembre, le conseil s'intitula du nom de Conseil américain, pour montrer qu'il était prêt ii agir au nom de tout chrétien d'Amérique qui lui confierait ses dons. Cependant, il remit le soin des affaires courantes à un comité, dit Prudential Committee, dont les membres résident à Boston ou dans le voisinage. Plus tard, on jugea nécessaire de donner à la société uue existence légale, afin que le conseil pût ménager plus sûrement ses intérêts, et l'on obtint de la législature du Massachusets un acte d'incorporation. Moyennant cette
LA HEL1GI0N EN AMÉRIQUE. tIV. VIII
Judson, Gordon Hall, Samuel Nolt, et Luther Rice, tous du séminaire d'Andover, reçurent l'imposition des mains, le 6 février 1812. Aussitôt, ils partiront pour Calcutta, mais sans destination spéciale de la part du comité. Il n'y avait pas alors en Amérique une grande connaissance du monde païen, et le cpmilé eût été fort embarrassé de choisir la portion de ce vaste champ sur lequel il convenait de diriger les premiers travaux de ses missionnaires. On leur laissa donc à cet égard une grande latitude.
MM. Judson et Rice ne furent pas longtemps avec les missionnaires bapiistes de Sérampore sans épouser leurs vues particulières au sujet du baptême. Ils se séparèrent en conséquence de l'association qui les avait envoyés, et ce fut là ce qui donna naissance k la société bapliste des Etats-Unis en faveur des missions étrangères. MM. Hall, Newell et Nolt errèrent longtemps de lieu en lieu, par un effet de l'intolérance de la Compagnie des Indes, qui ne voulait pas entendre parler de missionnaires, et de missionnaires amé-. ricains moins encore que d'autres, attendu que les Etats-Unis étaient alors en guerre avec la Grande-Bretagne. Enûn ils purent s'asseoir k Bombay, l'an 1813, et ce fut le commencement de la mission chez les Mahrattes.
Ce peuple, si remarquable par les traits caractéristiques qui le distinguent des autres nations de l'Inde, n'avait encore reçu aucune lumière de l'Evangile, bien que subjugué par une puissance chrétienne. Les missionnaires entrèrent au milieu des Mahrattes,