CBAP, III. CONSEIL AMÉRICAIN DES MISSIONS
comme le colon daus une forêt vierge. Or, tout en confessant que cette première mission n'eut pas de résultats seusibles, on ne peut douter qu'elle n'ait considérablement déblayé le terrain. Les Mahralles ont entendu la doctrine du salut, et il serait maintenant plus facile de les conquérir à l'Evangile qu'il ne le fut il y a trente ans.
Lorsque nous commençâmes, en 1816, une mission chez les Tamuls du nord de Ttle Geylan et du sud de l'Inde , nos missionnaires les trouvèrent quelque peu préparés , à Ceylan par les Portugais et par les Hollandais, et sur le continent par les travaux du célèbre Schwartz et de ses associés. Aussi les résultais y furent-ils, grâces à Dieu, plus évidents que chez les Mahratles. On y adopta de bonne heure des mesures propres à former des évangélistes indigènes , et les succès qu'on obtint contribuèrent pour beaucoup à l'adoption du plan général dont nous parlerons tout à l'heure. Parmi les séminaires d'indigènes, il n'en est pas de plus prospère que celui qui se rattache à notre mission de Ceylan. On y compte 160 élèves, tous logés dans l'établissement, et il en est 100 que l'on estime vraiment convertis. Il y a aussi un pensionnat qui réunit 100 jeunes filles, et d'où sortent, pour les aides-missionnaires des femmes à la fois instruites et pieuses. Ajoutezàcela des écoles gratuites où l'ou voit 3,000 élèves, pépinières naturelles des séminaires et des congrégations chrétiennes. En 1834, celle mission ptanta un de ses rameaux à Madura, sur le continent, et un autre, en 1836, à Madras, dans le il. 25
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but spécial de donner uns grande extension k l'impression des livres en langue tamule.
La première mission que le conseil envoya dàns l'Asie orientale, fut celle de Chine, en 1830. Cn négociant piteux de la ville de New- York donna sur celte contrée tous les renseignements qu*on pouvait désirer. Il insista fortement pour qu'on mit la maki à l'œuvre; et, se chargeant lui-même de transporter deux missionnaires à Canton , il prit encore rengagement dé les défrayer pendant deux années. Plus tard , on de ces missionnaires visita Siam et y prépara une mission. Il alla de même à Singapore et dans les Indes hollandaises. La mission de Singapore n'a pas répondu à ce qu'on en attendait, et pour le moment on l'a presque abandonnée. Celle des Indes hollandaises a lutté jusqu'ici contre mille entraves, que lui oppose le gouvernement colonial. Quant à la mission de Siam, malgré de très-befcux commencements, elle ne présente pas le bel avenir des missions qui ont pour théâtre les contrées où règne le gouvernement britannique.
L'Asie occidentale nous offre aussi plusieurs enttreprises fort intéressantes. A ces missions se lie celle qui commença chez les Grecs, en 1829. Elle dutstfn exis* tence aux sympathies du monde chrétien tout entier pour lés Hellènes luttant contre les Turcs. Le docteur King, qui s'y consacra le premier, appartenait à ta mis- # sion de Palestine; car c'est la Terre-Sainte qui, de toutes les portions de l'Asie occidentale , avait d'abord attiré l'attention du conseil américain. L'an 14*1, messieurs Fiske et Parsons dôhnèrent les premiers coups
CBAP. III. CONSUL AMÉRICAIN DBS MISSIONS.
de bêche dansée champ de travail. Après leur mort > eu 1828, la guerre qui éclata, el les attaques des Maronites, contraignirent les survivants à quitter momentanément la Syrie. Telle fut la circonstance qui, par la volonté de Dieu, provoqua l'évaugôlisation des Arméniens de Gonslantinople et de l'Asie-Miueuce. Il est vraiquedeux missionnaires avaient déjà péuétré dans l'Asie-Mineure eu 1826 ; mais leur destination était proprement la Grèce. Ce fut en 1830 qu'on envoya MM. Smith etDwight, pour explorer l'Arménie et visiter les Nesloricns de la Perse. Ce voyage remit en lumière la plus célèbre église missionnaire des temps anciens, et le Conseil résolut de travailler à y rétablir le pur évangile. Les opérations commencèrent dans la plaine d'Ouroumiah, et dernièrement elles se sont étendues aux tribus nestoriennes du Kourdistan. Le principal objetqu'on se propose , est d'instruire les membres du clergé, de raviver en eux l'esprit de l'Evangile, moyenuant la bénédiction de Dieu, et de les engager à le prêcher avec un nouveau zèle. Les missionnaires y ont introduit une imprimerie. Dans les écoles gratuites, entretenues aux frais de la mission , l'on compte plus de 400Nestoriens, enseignés par dixhuit prêtres et par seize diacres ; soixante d'entre eux vivent dans ses séminaires. II y a en outre une école de théologie que dirigent les missionnaires et qui compte une douzaine d'étudiants. Déjà la prédication reprend quelque vie parmi ce peuple qui se compose d'environ 100,000 âmes et chez qui se trouve, hélas 1 si peu de vrai christianisme.
Depuis quelques années, la mission de Syrie entretient des relations avec les Druses du mont Liban. A peu près aussi nombreux que les Nestoriens, ils leur ressemblent par leurs habitudes de montagnards et par leur hardiesse. C'est une sorte de mahométans hérétiques. Tout dernièrement, ceux qui habitent la montagne ont réclamé en corps les instructions des missionnaires. Peut-être ont-ils pour seul motif celui d'améliorer leur condition civile, en devenant chrétiens et protestants ; toujours est-il que nous devons être reconnaissants envers Dieu de la permission qu'ils ont accordée aux missionnaires d'ouvrir un séminaire au siège même du gouvernement. Ils leur ont également permis de prêcher l'Evangile, d'établir librement des écoles au milieu d'eux.
L'église arménienne n'offre pas un champ de travail d'un moindre intérêt que les Nestoriens. On peut même dire qu'il a porté plus de fruits. L'influence de l'Evangile se fait sentir fortement au sein du clergé. Il est en plusieurs lieux des centaines d'Arméniens qui, rejetant du fond de leur âme les corruptions et les superstitions de leur église, ne veulent plus d'autre doctrine que celle qui annonce la justification par la foi en Jésus-Christ. Cela se voit chez ceux mêmes qui n'ont aucune relation personnelle avec les missionnaires ; la lecture de la Bible et des livres publiés par la mission a suffi pour les éclairer. Ainsi , les principes dont le Saint-Esprit se servit pour produire en Europe la Réformation du XVI e siècle, commencent à exercer leur action sur l'Asie occidentale.
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Il y a, dans ce fait, de quoi exciter l'intérêt de tous les chrétiens, et rien ne sollicite plus fortement leurs prières.
En 1836, une mission partit pour le sud de l'Afrique. On en conçut d'abord de grandes espérances ; mais l'affaire des boêrs,.leur émigration et leurs guerres sur le Zulus , ont singulièrement changé la face des choses.
La mission dans l'Afrique occidentale, bien que commencée en 1 834 , ne s'est pas avancée au-delà du cap Palmas, où elle possède un séminaire pour les jeunes Grebos. Ce n'est pas là toutefois qu'est sa vraie destination. Dès que le Niger lui sera ouvert, elle se transportera dans les contrées populeuses et salubres de l'intérieur. En attendant, il y a le long des côtes, à l'est du cap Palmas , de l'ouvrage pour bien des missionnaires.
Parmi les merveilles de notre siècle , il n'eu est pas de plus grande que le résultat des missions aux îles Sandwich, dans l'océan Pacifique du nord. Les premiers missionnaires s'y établirent eu 1820. A cette époque , la population de ces lies était tout à la fois sauvage et païenne, sans langue écrite et sans un seul rayon de lumière évangélique. Il est vrai qu'elle venait, par une étrange décision , de briser ses idoles; mais on ignorait complètement ce fait aux Etats-Unis lorsque les missionnaires se mirent en route. Vingt ans après, ce même peuple pouvait à juste titre réclamer le nom de chrétien. Bien que , par un effet de leur pauvreté , Ton ne voie pas chez les habitants des
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lies Sandwich les signes les plus imposante de. la civilisation , cependant ils en ont les bases essentielles dans leurs institutions civiles, dans leurs écoles, dans leur langue, dans leurs livres et dans fos habitudes de piété toujours plus générales. Maintenant leur idiome s'écrit , et la mission a publié près de 100,000,000 de pages en cette langue. Çowtne leur alphabet ne contient que douze lettres , et que chacune de ces lettres n'a qu'un son , il n'est pas difficile d'apprendre à lire le sandwich. Aussi qn tiers de la population est-il en état de le faire. Les fils des chefs sont élevés par un membre de la mission, dans une pension qui leur est spécialement destinée et que les chefs eux-mêmes entretiennent. Cet établissement est à Honolulu , dans l'Ile de Oahu. A Lahainaluua, tle dç Maui, existe un séminaire, grand édifjce bâti en pierre, qui contient près de 100 élèves. A Wailuku , mècne île , est une institution semblable qui reçoit environ 50 jeunes filles. A Waialua, Oahu, une école de iravail se soutient d'elle-même. Deux pensions k Hilo, île de Hawaïe, subsistent de i^rgçnt que paient les parents des pensionnaires. Il est aussi des écoles gratuites pour 14,000 élèves environ. La loi a défini et garanti les droits de la propriété. Olant aux chefs la faculté de lever des contributions au peuple, chacun pour son compte, elle en a investi le Conseil national, dan3 sa session annuelle. Mais, de tous les faits, le plus remarquable est l'eifusion extraordinaire du Saint-Esprit qui eut lieu sur ces îles, en 183$ et t$39, en suite de quoi plusieurs milliers d'indigènes furent,
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autao^ qu'an eu peut juger, siucèrerpent convertis à Dieu. Pendant ces deu* années , le nombre des niembres de l'Eglise s'éleva de 5,000 à plus de 18,000 ; et l'on n'admet comme membres de l'Eglise que ceux dont, ou a lieu de croire la piété véritable. Les indigènes ont d'ailleurs érigé bon nombre d'édifices destinés, au culte, et encore plus de maisons d'école. L'on y observe généralement le sabbat par la suspeusipn des travaux et des amusements ordinaires. Dans ce jour héûj, L'on entend maintenant, au fond des vallées,, le joyeux son de la cloche qui appelle les fidèles au service du Seigneur.
C'est avec beaucoup de raison que le Conseil américain consacre une portion de ses ressources à faire annoncer l'Evangile aux tribus indiennes les plus importantes de l'Amérique du Nord. Il commença en 1816 et 1818 ses travaux auprès des Cherokis et des Choctas, qui habitaient alors à l'intérieur de quelques Etals du sud-ouest. Ces deux missions eurent pendant au moins dix ans les plus beaux succès. Ce fut alors que ces pauvres Indiens se virent chassés par ceux qui convoitaient leurs terres et obligés de se transporter, le désespoir dans l'âme, au-delà du Uississipi. Les missionnaires suivirent ces tribus dans leur exil.
On institua d'autres missions, à diverses époques, chez les Criks et les Chiekasas, à l'est du Mississipi, et chez les Osages, à l'ouest ; mais on a dû les discontinuer. Après 1830, on envoya des missionnaires aux tribus errantes des Qjibwas, des Sjoux et des Pawnis,
uv; vin
dans le vaste territoire nord-ouest des Etats-Unis ; el en 1835, on en expédia tout au travers du continent, au-dela des Montagnes Rocheuses, pour travailler auprès des Indiens de l'Orégon. Enfin, le Conseil américain entretient plusieurs missions parmi les faibles restes des Six Nations, autrefois si puissantes, et qui n'ont plus que quelques membres épars sur les bords du lac Erié, dans l'Etat de New-York.
Le tableau suivant présente en résumé l'état actuel des missions appartenant à ce Conseil. C'est un extrait du compte rendu le 31 juillet 1843 :
Nombre des missions soutenues durant l'année. 26
Stations 86
Missionnaires ayant reçu l'imposition des mains. 131
Médecins 8
Instituteurs 15
Imprimeurs et relieurs. 10
Autres aides-missionnaires 6
Femmes attachées aux missions 178
Prédicateurs indigènes 14
Aides indigènes 116
Nombre total des ouvriers 478
Diminution sur l'année précédente 10
Missionnaires partis cette année 4
Aides ditto 4
Femmes ditto 9
Eglises organisées 6*2
Membres ajoutés aux églises cette année. . . 2,690 Nombre total des membres de ces 62 églises. .
Imprimeries. 16
Presses 30
Fonderies pour caractères d'imprimerie. . . 4
Fontes dans l'année 43
Nombre des langues dans lesquelles on a imprimé. 33
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Nombre de celles qui ne s'écrivaient pas jadis. 15
Exemplaires sortis des presses 600,000
Nombre des pages 56,383,000
Ditto depuis le commencement 442,056,185
Séminaires d'instituteurs et de prédicateurs in-
>*b4ÈtfàfcO r / t > i. «'>;♦, »f ::<;'!. <<n -7
Nombre des élèves 524
Autres pensions . l . 22
~VÊ*m Elèves, garçons. . /\ ^V '. ' . li, .' Mri "' il,M 300 Jï* i«)»5f<i:W.{ i ÂlieSJ * . . i * : ^ <^ v. ih.'i; d'J 46til
Ecoles gratuites .vlr.UHU 610
Nombre des écoliers. 30,778
Nombre total des élèves des missions. . . . 32,000 Recettes, *>V". ■: V dollars. >»■ * >' 2U.224
Dépenses, uùi n-itu i . ;. . v -j! 257,247 Soit environ quatorze millions de francs.
Pour compléter ce tableau, nous avons à présenter les observations suivantes:
Indépendamment des 8 médecins qui se rattachent à ces missions, il est 8 des missionnaires consacrés <|ui exercent aussi la médecine.
En 1842-43, il n'est parti que 15 nouveaux ouvriers; jamais, depuis 1831, le nombre n'en avait été si peu élevé.
Dans les 20,79*7 membres des églises appartenant aux missions du Conseil américain, Ton ne compte pas, cela se conçoit, plusieurs centaines d'Américains, de Nestoriens et d'autres asiatiques occideulaux convertis par la prédication des missionnaires.
Des 32,000 jeunes gens qui fréquentent les écoles, il en est 2,000 environ, comme on le voit par le tableau, qui sont élevés essentiellement en vue du mi-
31)4 U WJA10N Ht AMkMQM. MV. YUI
nistère évangéhque. L'instruction qu ! on leur donne est
aussi soignée que cela se puisse avec l'extrême péuurie ou l'on est encore de livrqs éqrits dans les langues de la plupart de ces coulrées. En général, les missionnaires ont dû composer eux-mêmes les livres d'étude, et de grands progrès y ont été faits, surtoul pour ce + qui concerne la géographie, l'aritbniéliqu£, la géométrie* l'histoire sainte, et les.élémenis de la religion et de la morale.
Les 33 langues dans lesquelles on a imprimé jusqu'ici 442 million* de pages, sont le zula, U> grefeo, l'italien, le grec, l'arménien, le turc (en caractères arméniens, ) l'arabe, le mahratte, le portugais, le goojuratle, l'indoustani, le latin, le tamul, le lelougou, le siamois, le chinois, le japonnais, le malais, le bugis, le hawaïen, le cheroki, le ebocta, le seueca, l'abeuaquis, l'objiwa, l'ottawa, le orik., l'osage, le sioux, le pawni, et le nez-peroé. Dans ce compta n'eu* trent pas les impressions en langue anglaise.
Enfin, les églises qui se forment chez les païens sous les auspices du Conseil américain, sont, autant que
possible, calquées sur le modèle des églises oongrégalionneiles des Etats-Unis. On n'admet à la Cène que les, membres effectife des églises, et nul n'obtient es titre s'il ne donne des preuves non équivoques de piété.
Après ce résumé de l'histoire des missions entre* prises par le Conseil américain, il ne sera pas sans intérêt d'exposer le système qu'il suit dans ses opérations.
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Il n'eaws&ge point une mission comme ton établis* sèment permanent. Le but qu'il se propose est de pro* pager, par la grâce de Dieu* l'esprit et lesinstilutions de l'Evangile diaas les. pays qui en sont encore privés ; après quoi, son intention est de les abaadpnoer à euxnmémes, en comptant pour le maintienne la foi, sur les saintes influences de ce même Evangile implanté dans les cœurs par la grâce de Dieu. Rien , eu théorie, n'est plus vrai que ce principe. Le missionnaire est essentiellement un étranger et un voyageur; il n'a pas de cité permanente; mais c'est une théorie qu'on ne peiM pas réaliser du premier jour.
Le point essentiel où vise le Conseil américain c'est donc de former des prédicateurs indigènes, comme le seul mpyen d'acclimater l'Evangile et de le placer eu des coudions où il puisse se maintenir et se propager de lui-même* Les anciens, ou pasteurs , que les apôtres établissaient sur leséglises sorties de la gentilité, étaient généralement des hommes du pays. Il y a seulement à dire là^dessus que les apôtres u' étaient pas obligés, comme nous, de commencer par des écoles. Toujours est-il que, dans leurs missions, ils avaient pour principe de fonder dos églises, d'y établir des ministres , puis de passer eux-mômea en d'autres lieux.
. Quant au plau que suit le Conseil américain pour mettre sa théorie en pratique, le voici tel que l'exposait le comité dans le rapport annuel de 18*1.
I. Formation de tninislres indigène». « Il faut pour cela des séminaires, écoles de prophètes dont, sous une forme ou sous une autre, l'église a toujours senti la
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nécessité. Les élèves doivent y entrer jeunes et demeurer jour et nuit sous la surveillance des missionnaires, loin des influences du paganisme. Les études dureront en général de iO à 12 ans. Puis il faut des écoles primaires d'où sortent (es séminaristes.
> Il y a peu de chose à attendre d'un séminaire qui ne serait pas sous l'inspection d'un corps de missionnaires profondément pieux. La sainteté de leur vie et de leurs entretiens, autantque la prédication du pur évangile, doivent répandre continuellement des flots de lumière sur l'institution. L'expérience atteste que, moyennant cela, il est permis d'espérer qu'un grand nombre d'élèves contracteront une piété véritable.
* Pour mettre à l'œuvre les élèves, on n'attendra pas qu'ils soient hors du séminaire. Mais il faut ici beaucoup de prudence. Après qu'ils auront achevé leurs éludes générales, on formera en classe de théologie ceux qui se vouent au ministère ; ou bien, ce qui offre quelques avantages, on les placera sous la direction spéciale d'un missionnaire, auprès duquel ils compléteront leurs études, tout en commençant avec lui un service actif.
« Aux séminaires doivent correspondre nécessairement des pensions, où l'on élève chrétiennement de jeunes filles, dont plus tard les prédicateurs indigènes pourront faire leurs compagnes. Que serait-ce en effet qu'un pasteur dont la femme serait ignorante et idolâtre ? Et pour qu'il se forme enfin dans le pays des familles chrétiennes, ne faut-il pas qu'il s'y fasse des mariages chrétiens?»
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II. Emploi des minislre$ indigènes, c Les élèves des séminaires n'ont pas tous les mêmes dons; et les étudiants pieux ne sauraient tous devenir prédicateurs. Il en est qui resteront au séminaire en qualité de répétiteurs; il en est d'autres qu'on emploiera conune maîtres d'écoles, imprimeurs, relieurs, etc. Ceux mêmes qu'on destine au ministère de la parole feront d'abord les fonctions de catéchistes , de distributeurs de traités, de lecteurs, d'inspecteurs d'écoles. C'est ainsi qu'ils gagneront de l'expérience, et qu'on mettra leurs dispositions à l'épreuve. Quand le temps en sera venu, on leur donnera une licence do prédicateur, et après un examen sérieux» on leur imposera les mains comme évangélistes ou comme pasteurs.
» Bien qu'il faille se garder d'imposer les mains avec précipitation, il y aurait de graves inconvénients à trop exiger d'un indigène qui se consacre au saint ministère. Il se passera quelques générations peut-être avant qu'un peuple , à peine sorti des ténèbres du paganisme, fournisse un corps de pasteurs égal en mérite à celui que possèdent nos contrées.
» Si l'église indigène des lies Sandwich se divisait en sections de 180 individus chacune, on aurait 100 églises qui pourraient occuper autant de pasteurs. Il faudrait en outre des évangélistes pour les nombreux districts où il n'y a pas encore d'églises, et qui sont, par cela même, plus ouverts aux envahissements de l'ennemi . Dans lesautres missions,' cedont on a besoin surtout, à cette heure, c'est d'évangélistes indigènes. Les missions tamules en pourraient facilement occuper des
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centaines. Quant aux églises occidentales dp l'Asie , c'est l'œuvre du moment, l'œuvre urgente , çue d'y fermer parmi les natifs, des ministres vraiment évangéliques.»
III. Efficacité et économie d» ce pfaii. « Dans la plupart de nés missions, nous avons à totter contre ces «rois formidables ennemis : Véloignement, la dépense et le cHmat. L'Angleterre rencontra les raêmôs d^ffronllés dans la conquête de l'Inde ; et comment s'y priUétte pour les vaincre? Elle employa des troupes indigènes, et c'est par ce moyen qu'elle lient sous son empire ces immenses territoires. Ayons aussi nos soldats indigènes dans notre guerre spirituelle.
» Par là nous ferons une grande épargne de temps. Non-seulement nous ne saurions abandonner nos champs actuels de travail, avant de pouvoir laisser les églises des missions à des pasteurs du pays; mais encore, si nous avions de ces aides en abondance, nos missions feraient de bien plus grands progrès.
» Puis, quelle économie* d'argent! Les dix. années d'études de cinq indigènes n'exigent pas ptas de frais que le voyage des Indes orientales pour un niissionnaîreet sa femme. Après cela, l'entre lien d'un missionnaire coûte cinq fois plus que ne coûterait celui d'-un prédicateur indigène. Celui-là ne pourrait, sans exposer sa santé et sa vie, se nourrir uniquement de riz, se couvrir d'une simple toile de coton, habiter une maison de terre pétrie et recouverte en chaume, ni voyager a pied sous le soleil des tropiques.
» Pour donner à 1,000 jeunes gens une éducation
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propre à les préparer au saint miiif itère, 61 pour en* tretenir 200 prédicateurs indigènes et leur famille, il faut, dans l'Inde, environ 25,000 dollars, ce qui est en moyenne la dépense de $5 missionnaires et de leur famille. A supposer maintenant que deux de ces prédicateurs indigènes bien élevés et bien dirigés puissent faire autant d'ouvrage dans le règne de Dieu qu'onde nos missionnaires, ces 200 prédicateurs indigènes nous présentent l'équivalent de 100 missionnaires , et cela pour la somme de 75,000 dollars par année. Notez ensuite que, habitués au climat du pays où ils sont nés, les prédicateurs indous ne se verront pas si promptement arrêtés par les fatigues de leur ministère, ils n'auront pas à faire aux Elats- Unïs de fréquents voyages afin de rétablir leur santé, ils ne devront pas y envoyer leurs enfants pour leur conserver la vie. Remarquez enfin qu'il y aura moyen d'amener insensiblement les églises nouvelles à fournir tout Ou partie du traitement de leurs pasteurs , quand ce seront des hommes sortant du milieu d'eltes; tandis qu'à présent il ne serait guère praticable de leur demander de l'argent pour les mission-
Cëfut, àvons-nous dit, en 1841, que ces considérations firent le sujet du rapport annuel qui se lit en séance publique. L'assemblée a toujours lieu au mois de septembre, dans une des grandes villes de l'est ou du centre. La session dura trois jours; il s'y trouvait 56 membres de la corporation et 102 membres honoraires* Des 56 membres de la corporation 5 étaient
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chefs de collège; 31, pasteurs ou minisires; 10, jurisconsultes; les 10 autres, négociants ou médecins. — Le premier jour, on entendit la lecture des comptes rendus par le comité , puis il y eut, le soir, un sermon prêché par un pasteur désigné un an à l'avance. Les deux autres jours furent consacrés aux discours et aux exhortations convenables à ces fêtes chrétiennes. Toutes les années, la chose se passe de la même manière. Il n'est pas de société religieuse dont le rapport attire autant l'attention du public. Les journaux le donnent presque tout au long, et il exerce sur le pays une très-heureuse influence.
Outre ce rapport d'environ 200 pages, qui se tire à 4000 ou 5000 exemplaires, le Conseil américain publie le « Missionary Herald, > recueil mensuel tiré à 24,000 exemplaires ; le « Day Spring» (l'Aube du jour), nouvelle publication mensuelle ; enfin, le «Sermon annuel » et d'autres écrits de circonstance.
Parmi les nombreux ouvrages sortis directement ou indirectement des missions du Conseil américain, bien qu'il n'en ait pas été l'éditeur, on peut citer les suivants :
Vie de Madame H. Newell, par le révér. Léonard Woods, docteur eu théologie, 1815. Vie du révérend Levi Parsons, par le révérend docteur Mortou, 1824. Vie du révérend Pliny Fisk, par le révérend Al van Bond, 1828. Vie de Catherine Brown , chiroquoise convertie, par le révérend Rufus Anderson, 1824. Vie du révérend Gordon HaU, par le révérend Horace Bardwell , 1834. Vie de Madame H. Wmslow, par le