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ADMINISTRATION DE LA DISCIPLINE

Mais comment s'y prennent vos églises pour mettre à exécution leurs mesures disciplinaires, et en particulier pour empêcher que les indignes ne viennent à la table du Seigneur, malgré l'excommunication dont on les a frappés? C'est encore une des questions qu'on m'a faites en Europe, où l'église cherche généralement sa force dans l'appui du bras séculier.

Chez nous, la discipline, bien que d'une nature toute morale, est parfaitement suffisante. Il est excessivement rare qu'un homme qui n'est pas membre d'une de nos congrégations, s'aventure à prendre le sacrement dans une église évangélique. Il entend proclamer les conditions requises pour oser participer à la cène; il voit qu'une église particulière n'y admet que ceux qui, appartenant à quelque autre église, y jouissent d'une bonne réputation; s'il ne peut se dire ni dans l'une ni dans l'autre de ces catégories, il n'est pas probable qu'il se joigne au

peuple de Dieu. À supposer qu'il le fasse, toute la responsabilité pèse sur lui; l'église elle-même en est déchargée. Arriverait-il , par impossible, qu'un homme justement excommunié vint prendre sa place parmi les communiants, ceux qui portent dans les bancs le pain et le vin, symbole du corps et du sang de Jésus- Christ , passeraient simplement devant lui, ou, s'ils ne le pouvaient sans risquer d'occasionner un certain trouble dans l'assemblée, ils le laisseraient communier, à ses périls et risques, persuadés que l'église a fait tout ce qui était en son pouvoir pour préveuir le mal. Je ne connais qu'une seule occasion où l'officiant souilla dans l'oreille d'un individu qui était là mal à propos, que, pour sa propre âme , et en considération de l'église, il ferait mieux de se retirer. Il le fit incontinent, et tout cela se passa sans que les alentours eussent l'air de s'en apercevoir.

Je le répèle donc, notre discipline, toute morale, s exerce sans aucune difficulté de ce côté-là. Nous avons affaire à un peuple trop éclairé pour qu'il affronte l'ordre intérieur de nos assemblées. Il ne nous faut en conséquence ni gendarmes, ni agents de police, si ce n'est en des occasions extraordinaires, lorsqu'il s'agit de maintenir la tranquillité extérieure.

Quant aux membres de nos églises dont la conduite mérite les censures ecclésiastiques, chaque congrégation s'y prend avec eux selon certaines règles établies, et, dans toutes les églises évangéliques ces règles reposent sur les directions si claires et si simples que nous out laissées Jésus-Christ et ses Apôtres.

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