LES NON CONVERTIS
môme dans les églises les plus florissantes , il est trèsrare que les simples auditeurs ne soient pas en nombre égal avec les membres effectifs. Et ces auditeurs ne se bornent pas à uu rôle passif. On les voit contribuer largement aux frais du culte, et souscrire avec non moins de libéralité pour les œuvres chrétiennes qui intéressent l'église. Sous ce rapport, ils surpassent même quelquefois les membres de la congrégation , avec lesquels d'ailleurs ils entretiennent toutes sortes de relations amicales. Il en est beaucoup parmi eux qui ressemblent au jeune homme de l'Evangile que Jésus aima, mais auquel il manquait encore une seule chose. Comme l'impotent de Bethesda, ils vont à la piscine durant des années, mais ce n'est pas toujours inutilement. Dieu daigne bénir, tantôt pour celui-ci, tantôt pour un autre, la prédication fidèle de sa parole ; etquelquefois, par une effusion extraordinaire de sou Esprit, il en amène simultanément un assez grand nombre dans son royaume. Au Connecticut entre autres, ou a voulu savoir, ces dernières aunées, l'influence qu'exerce la prédication de l'Evangile sur les simples auditeurs, et l'on a admiré le nombre considérable de ceux qui, avant de mourir, ont donné des signes évidents d'une vraie piété. Je ne sache pas que, dans aucun pays, on ait jamais fait avec un aussi grand soin une enquête pareille.
Tous ces auditeurs de la Parole , qui cependant ne se rattachent pas a nous par une profession explicite, nous les envisageons donc comme membres de la congrégation, mais non pas comme membres de l'église; h. 2
c'est une distinction fort aisée à faire. Sous celte qualité, nous en avons beaucoup qui, revêtus de la charge de curateurs, ou de fidéi-commissaires des fonds appartenant à la communauté, nous rendent d'émineuts services. Il en est aussi bon nombre qui dirigent des écoles du dimanche, et s'y instruisent eux-mêmes, tout en instruisant les autres.
Il y a dans tout cet ordre do choses des avantages manifestes. Les hommes non convertis qui se connaissent pour tels, occupent au milieu de nous leur véritable place. Ni lois , ni mauvaises coutumes, ne les forcent à être membres de l'église. Cela même diminue considérablement les dangers de leur état. Moins prompts à se faire des illusions, ils sont plus accessibles aux traits que la vérité leur décoche. Leur caractère tout entier se ressent de ce qu'il y a de simple et de franc dans leur position religieuse. Le nom de « chrétien» désigne généralement en Amérique, non pas seulement celuiquicroilklavéritédu christianisme, mais celui qui fait profession d'être disciple de Christ et qui est connu comme tel. En sorte qu'à cette question: Etes-vous chrétien? neuf individus sur dix, parmi ceux , j'entends, qui ne professent pas ouvertement la foi, répondront sans hésiter: a Non, hélas! Je suis fâché de devoir dire que non. » Et cela ne vaut-il pas mieux, dans l'intérêt de la conscience, que d'appartenir à une église, bien qu'on n'en ait pas la religion? C'est préférable aussi pour le pasteur et pour l'église. Il y a bien plus d'encouragement à penser que, tôt ou tard, Dieu peut ouvrir par sa parole ces cœurs non régéaé-