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CBAP. XI. SOCIÉTÉ AMÉRICAINE DB COLONISATION

300 milles. Quand elle possédera tout ce territoire) la Société se propose d'y éparpiller des colonies, nonseulement pour donner plus de vigueur à ses établissements, mais encore pour abolir sur tout le littoral l'infâme traite des nègres.

Sa principale ville, Monravia, offre aux vaisseaux un bon mouillage, et l'extension qu'elle a prise est déjà considérable. C'est là que réside le gouverneur de Libéria. Au sud et au nord de Monravia sont huit ou dix villages; il existe aussi des établissements sur le Stoskton et le Sl-Paul, deux rivières qui arrosent la colonie, et sur quelques autres points de l'intérieur, à huit ou dix milles de la capitale.

La Société auxiliaire du Maryland, de son côté, fonde une colonie pareille au cap Palmas. Elle se compose d'environ 550 ou 600 colons venus d'Amérique. Le gouverneur, M. Rushworm, homme de couleur, imprimeur de son état, a longtemps dirigé un journal, très-bien fait, intitulé le Liberia Herald, et qui se publiail à Monravia.

Du reste, dans l'une et l'autre de ces colonies, vivent sur leurs propres domaines bon nombre de naturels du pays ; mais ils sont soumis aux lois de la colonie, et forment de la sorte une partie intégrante de sa population.

Ces établissements ne sont pas dans une prospérité bien brillante, par la raison que le gouvernement des Etats-Unis ne les a point secondés. Ensuite, l'inexpérience a fait commettre plusieurs fautes dans les premières années, sans parler du manque d uuion et d'é-

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nergie de la part de la Société eUe-roême. A quoi il faul ajouter le peu de confiance qu'elfe a su inspirer à une partie du public, notamment aux membres des sociétés qui se proposent l'extinction de l'esclavage. Gela n'empêche pas qu'elle n'ait réellement fait quelques progrès, bien qu'avec lenteur. Son revenu annuel s'élève, depuis quelque temps, à environ 50,000 dollars ; et je ne parle que de la Société nationale. Il en est d'autres dont la inarche est indépendante. Celle du Marylaud, par exemple, qui a fondé la colonie nègre du cap Pal mas. Elle a obtenu du gouvernement de l'Etat 200,000 dollars, à toucher en dix paiements annuels de 20,000 dollars chacun.

La colonie de Libéria comple actuellement 4,000 âmes, et l'on peut dire, qu'à tout prendre, elle ne marche point mal. Si le climat de celle contrée est funesle aux blancs, il n'en est pas de même pour les hommes de couleur. La mortalité n'y est pas plus grande qu'on ne pouvait s'y attendre : elle ne dépasse pas celle qu'eurent à essuyer les premiers planleurs de la Virginie et du Massachusels. Quant au cap Palmas, par suite de sa position plus élevée, il se trouve remarquablement salubre; les missionnaires eux-mêmes ne paraissent point souffrir du climat.

On s'est d'ailleurs assuré qu'à une distance de 15 ou 20 milles des côtes, le pays s'élève sensiblement, et qu'il finit même par devenir montagneux. C'est là qu'on espère voir bientôt les optons acheter des terres. Déjà ils construisent une route qui va de Monravia dans l'intérieur du pays et qui sert à leurs opérations

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