PROGRÈS DE LA LIBERTÉ RELIGIEUSE EN AMÉRIQUE
Je m'étais proposé de traiter dans cet ouvrage de l'origine et de l'histoire de la religion aux États-Unis, de son économie, de son mode d'action et de son influence. Je me suis efforcé de ne rien omettre de ce qui était nécessaire pour éclairer mon sujet. Malgré la vaste étendue du champ à parcourir, j'ai dû m'arrêter quelquefois devant un brin d'herbe ; j'espère néanmoins que les détails où je suis entré n'auront paru ni inutiles, ni sans intérêt. Ici devrait se terminer mon travail ; mais je demande la permission de reprendre quelques-uns des points que ce livre a mis en lumière, afin d'y fixer particulièrement l'attention de mes lech. 28
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leurs. J'ai à cœur aussi de laver ma patrie de quelques accusations dont elle est l'objet en Europe, relativement surtout à ses institutions religieuses.
Ce fut donc, ainsi qu'on l'a vu dans le second et le troisième livre, l'an 1607 que l'on commença de coloniser la portion méridionale des Etals-Unis, et Tan 1620, la portion septentrionale. Nés de motifs assurément fort divers, ces deux groupes de colonies, appartenant à des formes ecclésiastiques qui sont aux antipodes l'une de l'autre, eurent pour prin- cipe commun la complète intolérauce qui régnait alors dans r Ancien-Monde, et qui y règne encore en tant de lieux.
Cependant, Tan 1634, la colonie de Maryland, et deux ans plus tard celle de Rhode-Island , l'une fondée par un catholique-romain et l'autre par une secte prolestante, donnèreutle premier exemple delà liberté religieuse réellement digne de ce nom. Des catholiques, qui ne jouissaient des droits de la conscience en aucun pays réformé , et une secte proiestanteque persécutaient àoutranced'autresproteslants! Puis voici, cinquante ausplus tard, la Pensylvanie qui ouvre un refuge à ces malheureux quakers qu'on repoussait de partout. L'influence de ces trois colonies, Tune au sud, l'autre au nord et la troisième au centre, fut considérable bien qu'inaperçue, surtout celle des deux dernières, qui ne dévièrent jamais du ^rand principe de leur fondatiou. La trauquillité intérieure dont elles jouissaient, eu ce qui touche les questions reli-
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gieuses, l'absence de toutconflil entre l'Eglise el l'État, comme de toute jalousie el de toute vexation entre les divers sectes, démontrèrent jusqu'à l'évidence, non-seulement la justice, mais de plus la sagesse de la liberté des cultes.
Il fallut pourtant encore de longues et vives discussions pour assurer le triomphe des vrais principes. Mais aussi nous avons maintenant le bonheur de posséder la liberté religieuse dans toute son étendue. C'est un fait remarquable que les Etats-Unis et le Texas sont les seuls pays au monde où le gouverner ment ne fasse quoi que ce soit, par faveur ou autrement, pour soutenir une religion ou une secte préférablemenl à quelque autre. Et quand on voit les embarras que suscite partout le système opposé, Ton se sent affermi dans la conviction qu'il faut laisser la religion se soutenir par ses propres forces, sous la direction el la protection de son adorable chef. Malgré la diversité d'opinions qui existe entre nous sur nombre de points, nous sommes unanimes sur celui-ci, et je puis donner comme l'expression de notre mauière de voir à tous , ces paroles que j'emprunte à un de nos écrivains les plus distingués, le révérend George B. Cheever, de New-York.
c Chaque secte, à son tour, lorsqu'elle a disposé du pouvoir, n'a pas manqué de recourir à la persécution contre les sectes rivales ; mais pour rendre à chacun ce qui lui revient, il faut dire qu'à Rome appartient l'invention du bûcher comme peine de l'hérésie. Quant à la prison, il n'est pas d'église qui ne l'ait fait