CHAP. VI. REDRESSEMENT DE QUELQUES ERREURS. W
coupable industrie, je ne sache pas de pays où Von vive généralement dans une plus graude sécurité.
Quant au meurtre, ce crime horrible au premier chef, les calculs les plus exacts n'ont jamais pu donner un chiffre supérieur à celui de 100, pour les homicides commis dans une année, et depuis quelque temps le nombre en est réduit à peu près de moitié* C'est encore déplorable, hélas ! mais que l'ou compare sous ce rapport les Etals-Unis avec d'autres contrées qu'on estime sans doute moins immorales. Depuis 1812, la statistique judiciaire de l'Angleterre et du pays de Galles, sans compter l'Irlande, donne de 60 à 75 individus convaincus de meurtre. Quant à la France, non-seulement les meurtres y sont plus fréquents, mais ils y sont accompagnés de circonstances bien plus atroces et plus diaboliques. C'est ici d'ailleurs qu'il faut rappeler l'observation de la Revue de Westminster. Il n'est presque pas de troubles et d'émeutes, dans les Etats atlantiques du moins, qui ne soient occasionnés par les Irlandais et par les Allemands rassemblés dans les faubourgs de nos villes, ou employés aux canaux et aux chemins de fer. Ce sont eux aussi, soitdit sans reproche, qui occupent le plus nos hôpitaux.
S'il faut parler ensuite de la prostitution, j'exprimerai, l'élonnemenl que m'a causé l'assertion de M, Tait d'Edimbourg, cité par le docteur Wardlaw, savoir, qu'à New -York on compte une femme perdue pour six à sept adultes de la population masculine. Cette dounée, prise dans un rapport publié il y a dix
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ans par la Société en faveur des Filles repenties, est d'une exagération manifeste. J'ai très-longtemps vécu à New-York ; j'en connais bien, je crois, la situation morale, et très-certainement il y a là erreur matérielle. Cependant on ne saurait nier que la prostitution n'existe, à un degré considérable, dans nos principales villes au bord de la mer, telles que New-York, Philadelphie, Baltimore, la Nouvelle-Orléans. Elle fait aussi, bien qu'à un moindre degré, la honte des grandes villes de l'intérieur. Mais, prise dans son ensemble, l'Amérique du Nord se rend moins coupable de ce crime que la plupart des autres pays du monde. En beaucoup de nos villes peuplées de dix à vingt mille âmes, il est à peu près inconnu. A Boston, et dans les autres capitales de la Nouvelle-Angleterre, on l'ignore presque. En aucun pays de la terre, les femmes assurément ne sont plus généralement vertueuses, soit avant, soit pendant le mariage. Les étrangers s'offensent de la familiarité qu'ils voient exister aux K tais-Unis eitre les jeunes gens des deux sexes ; mais si les étrangers connaissaient mieux les mœurs domestiques des Américains, ils sauraient que cette familiarité n'a que bieu rarement de fâcheuses conséquences, surtout au sein des contrées où l'Evangile exerce le plus son pouvoir. Elevés dans une atmosphère morale, les enfants des familles pieuses apprennent de bonne heure à se confier les uns aux autres, à compter en quelque sorte sur leur propre honnêteté ; mais surtout on leur enseigne à craindre Dieu. Dès leurs plus tendres années , les jeunes gens