CHAP. VI. REDRESSEMENT DR QUELQUES BRRECRS
cQue l'Amérique» , disait, il y a quelques années, devant une assemblée de missions, dans une des grandes capitales de l'Europe, un ministre de Christ pour lequel nous avons tous de l'affection ; t que l'Amérique lave le pan de sa robe des souillures de l'esclavage, et pour lors elle sera digne de se joiudre à nous dans la grande œuvre de la conversion du monde. » Eh ! quoi, il faudra que les Etats-Unis, parce qu'ils sont coupables en un point, le soient aussi volontairement dans un autre; qu'ils négligent le commandement formel que le Seigneur a donné après sa résurrection; qu'ils se privent du moyen qui peut le mieux suspendre , si ce n'est détourner tout à fait, la colère divine? Mais s'il est permis de nous imputer, à nous chrétiens d'Amérique, des crimes nationaux qu'il n'a pas été en notre pouvoir de prévenir, où sont les églises qui jetteront les premières la pierre contre nous î Seronl-ce celles d'Angleterre, de France ou do Hollande ? Ah ! grâces lui en soient rendues, notre Père céleste ne nous tient pas un tel langage. Malgré nos nombreux péchés, il daigne bénir les humbles efforts que nous faisons pour porter son Evangile aux nations, et il ne nous empêche pas de joindre notre coopération aux entreprises de ceux qui, en d'autres pays, aiment son nom et veulent sa gloire. Bien plus, il consent, dans sa miséricorde, k visiter nos églises des effusions de son Saint-Esprit. Hélas! sans cela, que deviendraient, en effet, nos contrées?
Ce qui vaudrait mieux que tant d'accusations et de récriminations, ce seraitdonc que, en tout pays, ceux
qui aiment Dieu, s'aimassent aussi cordialement, qu'ils eussent compassion les uns des antres, qu'ils se tendissent une main d'association. Puisqu'ils forment une grande confrérie, ils devraient mettre en commun leurs épreuves, leurs travaux et leurs espérances. Rien ne devrait être capable de les diviser, ni la différence des langues, ni la vaste étendue des océans, ni la diversité des institutions politiques et ecclésiastiques, ni les variétés du culte. Ils ont tous lçurs difficultés particulières à surmonter et leurs œuvres à faire. Comme ils devraient s'encourager les uns les autres, se réjouir mutuellement de leurs succès, se reprendre quand cela est nécessaire, mais avec douceur et non point avec amertume ! C'est ainsi qu'ils hâteraient les triomphes que leur Seigneur et leur Roi doit remporter enBn sur l'ennemi du genre humain.