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CHAP. VI. CARACTÈRE DE LA PRÉDICATION

La prédication aux Etals-Unis varie considérablement d'un lieu à un autre, et pour la forme, et pour le fond, mais surtout pour la forme. Dans les églises presbytériennes, congrégalionalistes, épiscopales, réformées, luthériennes, moraves, le clergé se compose d'hommes qui, presque tous, ont fait, au sein de nos collèges et de nos séminaires, ou d'une manière équivalente, l'étude régulière du latin, du grec, des sciences physiques et morales, et de la théologie. Beaucoup d'entre eux, surtout les plus jeunes, ont aussi quelque connaissance de l'hébreu. Quant aux baptistes, je ne pense pas qu'il y ail plus d'un quart de leurs ministres qui aient fait ces études; c'est d'ailleurs ce qu'il n'est pas facile dejlire avec certitude. Les méthodistes sont encore moins bien partagés sous ce rapport, quoique leurs prédicateurs vaillent en général ceux des baptistes. J'en dis autant des presbytériens du Cumberland.

C'est avec beaucoup d'injustice qn'on parle de ces ministres sans études régulières, comme si c'étaient des hommes tout à fait dépourvus d'éducation et de culture littéraire. Il en est beaucoup parmi eux qui, a force de travail particulier, ont acquis une mesure considérable de connaissances. Quelques-uns savent passablement de latin et de grec, et, par la lecture de bons livres anglais, la plupart ont développé leur

de l'église méthodiste; les révérends docteurs Wayland, Stowe, Sears et M e Murray, des églises baptistes; enfin, le révérend docteur Kurtz et le révérend Kiley de l'église luthérienne et de Téglise réformée allemande.

esprit de manière à rendre leur prédication fort intéressante.^ Qu'on veuille bien, du reste, ne pas s'en étonner. Benjamin Franklin n'entendait rien aux langues mortes, et des modernes il ne possédait guère que le français, à côté de sa langue maternelle; cependant, peu d'hommes en son temps eurent plus d'instruction quelui ou écrivirent avec plus de pureté. J'en dis autant de Washington. Qui est-ce encore qui se servit de sa langue avec plus de bonheur et de puissance que Bunyan ? Quels écrits théologiques sont meilleurs que ceux d'André Fuller? Et toutefois, ni Fuller, ni Bunyan, n'avaient fréquenté les collèges.

On se figure communément que les prédicateurs méthodistes en tournée ne doivent pas avoir le temps de lire. C'est une erreur. Ils sout ordinairement deux pour desservir un arrondissement. Tandis que l'un des deux est en course, l'autre s'occupe à dresser ses rapports, à faire sa correspondance, à poursuivre ses études; et ce qui prouve qu'ils ne négligent pas ce dernier point, c'est l'excellence de leur prédication. Beaucoup même de baptistes étudient sans relâche, et préparent soigneusement leurs discours. Si l'on en voit dont on ne puisse pas dire la même chose, toujours est-il qu'ils lisent et relisent avec grande attention leurs auteurs favoris.

Presque tous les ecclésiastiques épiscopaux et congrégationnels écrivent leurs sermons et les lisent plus ou moins servilement. J'en dis autant de beaucoup de presbytériens et de réformés hollandais, et même de quelques baptistes. Mais la grande majorité des mi-

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