LIT. V
d'aller au cœur et à la conscience. C'est au fond pour cela et pour cela seul qu'ils prêchent. Aussi évitentils tout ce qui pourrait arrêter, dans sa course, le trait que leur parole vient de décocher; bien différents de certains orateurs qui ont l'air de craindre les saintes blessures de leur éloquence, et qui en émoussent la pointe autant qu'il leur est possible.
C'est dire aussi que nos ministres sont pleins de fidélité dans leur prédication. L'on croit, en Europe, qu'ils doivent aisément se laisser intimider par les hommes de leur congrégation qui, riches et influents, sont hostiles à la vérité. Rien ne m'a plus surpris que cette imputation ; car je n'imaginais pas qu'on pût mettre en doute le courage des ministres évangéliques. Que ceux qui se représentent si mal les choses, viennent voir comment elles se passent au milieu de nous. Bien que nos minisires reçoivent de leurs troupeaux mêmes leur salaire , je ne sache pas que cette dépendance les empêche le moins du monde de prêcher la repentance envers Dieu et la foi envers Notre-Seigneur Jésus-Christ. Les rapports entre le pasteur et le peuple ont sans contredit quelque chose de plus intiuie et de plus doux qu'ailleurs, et il doit exister de part et d'autre plus de support que si la loi rendait le pasteur entièrement indépendant. Mais celte intimité même et cette douceur de relations développent, clans le cœur du ministre de Jésus-Christ , des sentiments d'affection qui ne le rendent que plus fidèle à avenir les âmes; sans compter qu'il y a toujours bon nombre d'individus qui ne manquent pas de lui témoi-