‹ De la religion aux États-Unis dÁmériqueChapitre 46 sur 153 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

t. Sa constitution.

Nous avons donné beaucoup de détails sur l'organtBation des églises congrégationnelles, attendu que c'était d'un môme coup décrire celle de toutes les églises qui sont constituées sur les bases de l'indépendance, ce qui est le cas notamment des baplistes. Je dois, par la même raison, m'arrôter un peu sur le système presbytérien.

À prendre ce mot dans son étymologie, on devrait appeler églises presbytériennes toutes celtes qui sont gouvernées par des prêtres, ou anciens, et non par des prélats; ainsi, les réformés hollandais, les réformés allemands, les Écossais de la sécession: mais, eu

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Amérique, l'usage a prévalu de ne donner ce nom qu'à l'église seule dont nous allons parler.

Les presbytériens croient qu'en organisant l'église, les apôtres avaient coutume d'établir, partout où se trouvait une congrégation de fidèles, un certain nombre de fonctionnaires auxquels étaient remis l'enseignement et le gouvernement spirituel du troupeau, et d'autres qu'ils chargeaient du soin des malades et des pauvres. Les premiers portaient le nom de prêtres, ou anciens, et les seconds celui de diacres. De ces anciens, les uns se vouaient à la prédication de la Parole et à l'instruction des âmes, les autres à la surveillance et à la direction de l'église, suivant leurs dons particuliers, ou l'emploi qu'on leur avait assigué au moment de leur consécration. Comme on se servait indifféremment du terme d'évôque (surveillant, ou inspecteur) et de celui d'ancien pour désigner et les docteurs et les directeurs de la congrégation, bientôt il y eut dans chaque église trois classes de fonctionnaires : les évêques, ou pasteurs, ou anciens enseignant, les anciens dirigeant et les diacres.

C'est là tout le plan sur lequel nos églises presbytériennes sont organisées. Chaque congrégation a son évôque ou pasteur, ses anciens chargés du gouvernement proprement dit, et ses diacres; avec cette exception néanmoins, que les fonctions des diacres sont quelquefois remplies par les anciens eux-mêmes.

Le pasteur a pour attributions de prêcher la Parole, d'administrer les sacrements, de diriger l'instruction religieuse de la jeunesse, d'exercer enfin sur le trou-

peau, et dans son intérêt spirituel , une surveillance générale. C'est constamment l'église elle-même qui nomme son pasteur ; mais elle doit suivre des formalités qui limitent son droit d'une manière notable.

Lorsqu'une église est vacante , le troupeau s'assemble sous la présidence obligatoire d'un minisire spécialement convoqué, et qui doit contresigner le procès-verbal de l'élection. Il n'y a de membres votants que ceux qui contribuent àl'entretien du pasteur; et quand la majorité s'est prononcée en faveur d'un candidat, on lui adresse un appel conçu en ces termes:

« La congrégation de N. N. connaît assez vos dispositions particulières et vos travaux précédents, pour être persuadée que votre ministère serait utile à ses intérêts spirituels; c'est pourquoi elle vous appelle et vous invite avec instance, vous N. N., à prendre la charge de pasteur au milieu d'elle, vous promettant de vous soutenir, de vous encourager et de vous obéir selon le Seigneur dans l'acquit de vos fonctions. Et pour que vous soyez libre de toutes préoccupations terrestres et de tout autre travail, nous nous engageons à vous payer, régulièrement et par quartiers, la somme de — , aussi longtemps que vous serez pasteur de celte église; en foi de quoi, nous avons signé, etc. »

Mais, avant de présenter cet appel au pasteur élu, l'église est tenue de le soumettre au presbytère, dont nous parlerons bientôt, et celui-ci décide s'il y sera donné cours. Il pourrait avoir des raisons pour s'y opposer, et dans ce cas, la paroisse devrait faire une nouvelle élection.

Quand lo pasleur appelé est membre du presbytère auquel ressortit la congrégation vacante, ou bien encore s'il s'agit d'uu licencié qui soit sous son inspection, le presbytère, a supposer qu'il admette l'appel, le transmet immédiatement à l'intéressé et attend sa réponse. Mais si le pasteur élu ressortit à un autre presbytère, c'est la congrégation qui transmet l'appel à ce presbytère, et celur-ci a le droit d'en arrêter l'effet.

On voit de là que les congrégations sont liées à ne recevoir comme pasteurs que des hommes approuvés par le presbytère. Et pour que celui-ci puisse vraiment savoir ce qu'il fait, jamais il ne procède à l'ordination, ou autrement à l'installation du nouveau pasleur, sans lui avoir fait subir un sérieux examen. On l'interroge sur ses expériences religieuses, sur ses connaissances en philosophie, en théologie, en histoire ecclésiastique, en grec, en hébreu, enfin sur la constitution, les règlements et la discipline de l'église. Si le presbytère est satisfait, on fixe le jour où le récipiendaire recevra l'imposition des mains en présence du peuple. Un des membres du presbytère prêche un sermon convenable à la circonstance, puis il adresse au candidat les questions suivantes :

« Croyez-vous que les Ecritures de l'Ancien et du Nouveau-Testament sont, la parole de Dieu, la seule règle infaillible de la foi et des mœurs ?

» Adoptez-vous sincèrement la confession de foi de celle église comme renfermant le système de doctrines qu'enseignent les Ecritures ?

CHAP. V. ÉGLISE PKKSBYTKKIENNE. iiïï

» Approuvez-vous la forme de gouvernement el de discipline que suit l'église presbytérienne des Etats-Unis î

» Promettez-vous de vous soumettre à vos frères dans le Seigneur?

» Autant que vous pouvez connaître votre propre cœur, est-ce bien l'amour de Dieu et le désir d'avancer sa gloire par l'évangile de son Fils, qui vous ont fait embrasser l'étal du saint ministère?

» Promettez-vous d'employer voire zèle à maintenir fidèlement les vérités de l'Evangile, la pureté et la paix de l'église, quelles que soient les persécutions ou l'opposition que vous puissiez par là vous attirer?

» Vous engagez-vous à remplir avec fidélité les devoirs particuliers el personnels que vous impose voire double qualité de chrétien et de ministre , vous efforçant d'honorer, par votre manière d'être el par vos discours, celle sainte profession, et de marcher, dans * une piété exemplaire, à la tète du troupeau sur lequel Dieu vous a établi surveillant (évôque) ?

» Est-ce toujours voire intention d'accepter la direction de celle église, intention que vous avez manifestée en acceptant son appel? Promettez-vous enfin d'y remplir vos devoirs de pasteur suivant la force que Dieu vous donnera? »

Après cela, le ministre président de l'assemblée interroge en ces termes la congrégation :

« Vous, membres de cette église, persislcz-vous a

recevoir N. N. pour votre pasteur, suivant la vocation que vous lui avez adressée ?

» Promettez-vous d'accueillir avec douceur et affection la Parole de la vérité qui sortira de sa bouche, et de vous soumettre à l'exercice légitime de la discipline qu'il administrera parmi vous?

» Promellez-vous de l'encourager dans ses difficiles travaux et de seconder les efforts qu'il fera pour vous instruire et vous édifier ?

» Vous engagez-vous enfin à lui continuer, aussi longtemps qu'il sera votre pasteur, le traitement que vous lui avez promis, et y ajouterez- vous au besoin ce que vous jugeriez nécessaire pour son bien-être personnel et pour l'honneur de la religion ? »

Toutes ces questions ayant reçu une réponse affirmative, le presbytère procède à l'ordination du candidat, parla prière et l'imposition des mains.

Les anciens, représentants du troupeau et choisis par lui, exercent la discipline de concert avec le pasteur. Nul ne peut remplir celte charge s'il n'est du nombre des communiants. A son élection, l'ancien déclare qu'il croit aux Saintes-Ecritures, comme à la seule règle infaillible de la foi et des mœurs , qu'il adopte la confession de Weslminster, et qu'il approuve le système de gouvernement et de discipline de l'église presbytérienne. Puis les membres du troupeau sont, k leur tour , appelés à dire publiquement qu'ils le reçoivent au nombre des anciens de l'église, et ils promettent de lui accorder, selon le Seigneur, la considération et l'obéissance auxquelles son office lui

CUAP. V. ÉGLISE PRESBYTÉRIENNE. 109

donne droit, et d'après la parole de Dieu, et d'après la constitution de l'église.

Le pasteur et les anciens réunis forment ce qu'on appelle le consistoire (session) ; c'est le corps administratif de chaque congrégation. Il a vocation à s'enquérir des principes religieux et de la conduite des membres du troupeau. C'est lui qui admet & la participation des sacrements ceux, qu'après examen, il estime posséder des connaissances et une piété suffisantes. Il cite devant lui les membres de l'église qui sont tombés en faute ; et, prononçant sur tous les cas de discipline, il suspend ou excommunie les délinquants. 11 est aussi dans ses attributions de leuir registre des mariages, des baptêmes, des admissions à la sainte cène, des décès enfin, ou seulement des mutations de domicile.

Le consistoire cependant n'exerce pas une autorité souveraine. Il est sous le contrôle du presbytère, qui, de diverses manières, peut lui faire rendre compte de ses aqtes. Les consistoires sont dans l'obligation de tenir registre de leurs délibérations, et deux fois l'an, ce registre est mis sous les yeux du presbytère. Celuici découvre-t-il dans les actes d'un consistoire quelque chose d'irrégulier, de mal entendu ou d'injuste, il lui ordonne de revoir et de redresser l'affaire. 11 y a d'ailleurs, pour tous, appel du consistoire au presbytère, et celui-ci prononce en second ressort : l'appel " peut être interjeté par un des membres même du consistoire.

Quant aux diacres, enfin, ils ne sont pas membres

de ce dernier corps ; et en conséquence, ils n'ont pas de part au gouvernement de l'église. C'est à eux qu'appartient le soin des pauvres et des malades ; là se borne leur ministère.

On voit que, si une église ou congrégation presbytérienne est un corps organique ayant sa vie propre , ce n'est point toutefois un corps indépendant. Elle fait partie d'un ensemble qui, vivant sous l'empire d'une même constitution ecclésiastique, est soumis à l'inspection d'une autorité centrale , le presbytère, dont l'affaire principale est de veiller à ce que toutes les congrégations retiennent la doctrine et la discipline admises par la société.

Le presbytère, cette autorité supérieure aux consistoires, se compose de tous les pasteurs ou ministres ordonnés dont la résidence est dans une certaine circonscription territoriale, et d'un ancien , député par chaque consistoire. Il faut au moins trois ministres pour former un presbytère, mais le maximum n'est pas déterminé. De là résulte que nos presbytères vont de trois à soixante ou quatre-vingts membres ecclésiastiques. Une de leurs plus importantes attributions est l'examen et la consécration des candidats au ministère de la Parole. Ceux-ci sont tenus de se placer sous l'inspection du presbytère dans l'arrondissement duquel ils ont leur principal domicile. Après s'être fait présenter des témoignages de leurs , bonnes mœurs et s'être assurés qu'ils sont au nombre des communiants d'une église, le presbytère examine l'étal général de leur conscience et les motifs qui leur

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font rechercher les saintes fondions du ministère. Puis il faut que le candidat soit muni d'un diplôme de bachelier ou de maître-ès-arls, de la part de quelque collège ou université, ou tout au moins d'un certificat attestant qu'il a fait des études régulières. Dans tous les cas, le presbytère ne laisse pas de l'examiner lui-même sur le latin, le grec et l'hébreu, sans parler des autres objets qu'enseignent nos collèges. Il faut en outre qu'il fasse une composition laline sur un point de la théologie, l'étude critique d'un passage du texte sacré , une homélie sur uue portion de la Parole de Dieu, et qu'il adresse un sermon à la paroisse. Ces examens et ces exercices ayant obtenu l'approbation du presbytère, le candidat est invité a répondre affirmativement aux questions suivantes :

« Croyez-vous que les Ecritures de l'Ancien et du Nouveau-Testament sont la Parole de Dieu , seule règle infaillible de la foi et des mœurs?

» Adoptez- vous sincèrement la Confession de foi de cette église, comme renfermant le système de doctrine qu'enseignent les Ecritures ?

» Promettez-vous de vous étudier à procurer la paix, la pureté et l'unité de l'église?

• Promettez-vous de vous soumettre, selon le Seigneur, à l'autorité de ce presbylère, ou de tout autre presbytère dans la juridiction duquel vous pouvez vous voir placé?

» S'il en est ainsi , nous procéderons à votre licenec i

» Au nom du Seigneur Jésus-Christ, et en vertu

de l'autorité qu'il en a donnée à son église pour sa propre édification, nous vous permettons de prêcher l'Evangile partout où la Providence de Dieu jugera bon de vous appeler à cet effet. Que la bénédiction de Dieu repose sur vous, et que l'Esprit de Christ remplisse votre cœur. Amen. »

Il est à remarquer que la licence ne confère pas l'office du ministère, ni le pouvoir d'administrer les sacrements , ni celui de prendre part au gouvernement de l'église. C'est une simple déclaration du presbytère, comme quoi le candidat a été jugé capable de prêcher l'Evangile et de devenir pasteur. Lorsqu'un licencié reçoit enfin une vocation de la part de quelque église, on l'examine de nouveau, de la même manière, avant de le consacrer.

C'est au moyen de ces examens répétés, et en exigeant, comme elle le fait, l'adhésion catégorique a sa Confession de foi, que l'église presbytérienne des Etats-Unis avise à se maintenir un clergé orthodoxe et instruit tout ensemble. Or, il est de fait que, depuis environ cent cinquante ans que cette église existe parmi nous, avec cette organisation, la généralité de ses pasteurs ont été des hommes qui avaient reçu une éducation libérale ; et il est un fait non moins avéré, c'est qu'elle ne conserva jamais dans les rangs du ministère les individus qui rejetèrent ouvertement les doctrines de la grâce. Vous ne trouverez pas dans toute son histoire un seul ministre arminien ou pélagien, bien moins encore un socinien. Je ne dis pas qu'elle n'ait eu, de loin en loin, des pasteurs qui se

soient écartés de la vérité; mais bientôt ils ont dû renoncer aux postes qu'ils occupaient. L'église presbytérienne a toujours montré, sous ce rapport, une grande résolution. Dernièrement encore, la séparation qui s'est effectuée dans son sein, a eu pour principale cause l'hétérodoxie d'une partie de son clergé, et bien que ceux qu'on en accusait prétendissent que leurs vues n'impliquaient nullement la répudiation du calvinisme. De même , lorsque certaines églises presbytériennes de l'ouest insistèrent pour qu'on les autorisât à recevoir, en qualité de pasteurs, des hommes sans études, ellès durent se séparer et se reformer sous un autre nom. Par l'effet des institutions, générales du pays, ces séparations se font sans aucun dommage civil pour les intéressés. S'il est des églises qui estiment que, dans l'intérêt de la religion, il vaut mieux avoir un grand nombre de ministres peu instruits , qu'un petit nombre d'hommes plus éclairés, rien ne les empêche d'agir selon leurs convictions et de s'organiser sur celte base; seulement ils ne peuvent le faire saus se retirer d'une église qui part d'uu point de vue différent. Pareillement , s'il est des individus qui répudient les doctrines de la confession de Westminster, ils sont libres de prêcher ce qu'ils croient vrai ; mais ils ne sauraient prétendre à demeurer ministres d'une église qui a formulé sa foi dans celte confession. Par là sans doute ou sacrifie l'union extérieure, mais les relations de la charité chrétienne n'en deviennent que plus étroites, si toutefois on ne s'est pas excommunié réciproquement.

Il n'y a là d'ailleurs ni peine, ni injustice, puisque l'église est une association volontaire dont le monde connaît très-bien les statuts. Ceux donc qui désapprouvent ses doctrines ne doivent pas demander à y exercer le ministère; aussi faut-il dire qu'en général ils ne le font pas. Il est d'autres communions où leurs services sont mieux placés.

Pour en revenir aux presbytères, on comprend, d'après ce qui précède, que leur devoir est de veiller sur chacun de leurs membres. En promettant de se soumettre à ses frères selon le Seigneur, le ministre que. l'on consacre s'engage à reconnaître-, dans les limites de la constitution de l'église, l'autorité du presbytère et celle des corps supérieurs. C'est des mains du presbytère qu'il reçoit son office de pasteur, et c'est de la part seule du presbytère, qu'après enquête et jugement i) peut se voir suspendu et destitué. On ne reçoit pas à la légère les accusations contre sa doctrine ou contre ses mœurs. S'il n'y a pas scandale manifeste, lequel suffit pour qu'une enquête se commence, il faut que plusieurs individus se portent accusateurs, sous leur responsabilité personnelle. C'est alors que le prévenu est cité devant le presbytère en bonne et due forme. On lui fait connaître ses dénonciateurs et les noms des témoins à charge. On lui donne tout le temps de préparer sa défense. En un mot, on l'entoure de toutes les formes protectrices du bon droit.

Moyennant un presbytère, l'organisation est complète. Aussi longtemps que le nombre des ministres

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et des églises est assez restreint pour que la réuniou du corps entier puisse avoir lieu dans le même endroit et simultanément, il n'est point nécessaire qu'il y ait une autorité supérieure. Mais si l'église s'est tellement étendue qu'il ne soit plus possible de la réunir en un seul presbytère, il faut alors des synodes et une as» semblée générale. Il est a désirer, en effet, que le presbytère, corps administratif, se réunisse au moins deux fois l'an. Or, c'est ce qui ne saurait avoir lieu s'il est fort nombreux et que les pasteurs s'étendent sur un vaste territoire. Afin de parer à cet inconvènient, on multipiie le nombre des presbytères, et ceux-ci se réunissent annuellement en synode.

Le synodk n'est donc, après tout, qu'un presbytère sur une grande échelle. Selon l'ordre établi dans notre église presbytérienne, il faut au moins trois presbytères pour faire uu synode. En sont membres de droit, tous les pasteurs et un ancien par consis* toire. De 1705 à 1716, nous n'eûmes qu'un presbytère. A celte dernière époque, le nombre des ministres et des églises s'était assez accru pour former trois presbytères, qui se réunirent en synode jusqu'à l'an 1787. Alors on jugea convenable de subdiviser ce corps en quatre synodes, qui eurent pour point de réunion une assemblée représentative, composée de délégués de tous les presbytères.

Le synode est donc l'autorité intermédiaire entre les presbytères et l'assemblée générale. 11 juge et prononce par appel sur les cas dont les presbytères avaient connu en première ou seconde instance; il se

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fait présenter leurs procès-verbaux, les approuve ou les critique; il redresse ceux de leurs actes qu'il estime contraires k l'ordre ; il veille à ce qu'ils observent la constitution de l'église; il érige de nouveaux presbytères, dédouble ceux qui deviennent trop considérables ou réunit ceux qui seraient trop petits; en général, il prend relativement aux presbytères, aux consistoires et aux troupeaux , les décisions les plus propres à l'édification de l'église, suivant la Parole de Dieu et les règlements en vigueur; les synodes, enfin, proposent à l'assemblée générale les mesures d'ensemble qu'ils estiment avantageuses à toute la communauté.

L'assemblée générale est l'autorité suprême de l'église presbytérienne, le lien qui en réunit toutes les sections. Elle se compose d'un nombre égal de ministres et d'anciens, députés par les presbytères. Chacun d'eux envoie au moins un ministre et un ancien ; mais s'ils comptent plus de vingt-quatre membres, ils députent deux ministres et deux anciens, et ainsi des autres, dans la même proportion.

Cette assemblée juge et prononce, par appel, sur les cas dont les synodes avaient connu en seconde ou troisième instance; elle revoit les actes des divers synodes, et donne son avis et ses instructions sur tous les points qui lui sont soumis. C'est par elle que s'entretiennent la paix et la confiance entre toutes les églises de son ressort ; c'est par elle que ces églises sont unies et qu'elles sont en rapports constants. Il appartient d'ailleurs à l'assemblée générale de

de terminer toutes les controverses sur la doctrine et sur la discipline; de reprendre, d'avertir, de protester quand l'erreur ou l'immoralité se manifeste ; d'ériger de nouveaux synodes; d'exercer une surveillance générale sur toute l'église; de correspondre avec les églises étrangères ; d'arrêter les disputes qui pourraient conduire au schisme; de travailler par des moyens généraux à la réformation des mœurs, à la production de la charilé, de la vérité et de la sainteté dans les églises qui lui sont confiées.

Aussi longtemps qu'un seul synode réunissait les représentants de toutes les congrégations, il eut naturellement le droit de promulguer des règlements constitutifs qui étaient d'obligation pour chaque presbytère. Mais l'assemblée générale n'a pas hérité de ce pouvoir. Comme elle se compose des représentants des presbytères et non de ceux des paroisses, il ne lui est point permis d'altérer la constitution de l'église. Lorsqu'il s'agit d'y apporter quelque changement, il faut la ratification de la majorité des presbytères.

Après ce court exposé des principes du gouvernement ecclésiastique de nos presbytériens, il convient de jeter un coup d'œil sur leurs formulaires de doctrine.

On sait comment l'église d'Écosse adopta la confession de foi dite de Westminster, et les deux catéchismes rédigés par l'assemblée des théologiens auteurs de cetle confession. Ce furent aussi là, dès l'origine, les livres symboliques de l'église presbytérienne

des États-Unis. On les adopta formellement dans le synode tenu l'un 1729, et voici les termes mêmes de la résolution : « Il est convenu que tous les ministres de ce synode et ceux qui plus tard y seront admis, déclareront leur assentiment à la confession de foi, au grand et au petit catéchisme de l'assemblée des théologiens de Westminster, comme renfermant, dans tous les points nécessaires, une bonne formule des doctrines chrétiennes; en sorte que nous adoptons cette confession et ces catéchismes pour notre confession de foi. » Après quoi, et sur la même page du registre, on lit ce qui suit : « Tous les membres du synode ici présents, sauf un seul qui déclare être pris au dépourvu (mais qui plus tard donna son adhésion), après avoir exprimé leurs scrupules au sujet de certains articles desdits formulaires , ont vu ces scrupules disparaître et ont fini par être unanimes à faire de ces documents leur propre confession de foi ; sauf pourtant quelques clauses du vingtième et du vingts troisième chapitres, au sujet desquels le synode déclare unanimement, qu'il ne reçoit pas ces articles dans le sens que le magistrat civil puisse avoir le droi^ de surveiller les synodes en ce qui touche à l'autorité du ministère, ou celui de persécuter qui que ce soit pour cause de religion. Il répudie aussi toute interprétation de ces articles qui tendrait à déroger aux lois de succession sur le trône de la Grande-Bretagne, dans la seule ligne prolestante. Et après avoir élé unanimes ci paisibles en toute cette affaire, les membres du synode sont également unanimes à rendre au Seigneur

des prières et des actions de grâces solennelles; »

Lors de la formation de l'assemblée générale en 1787, on revit la confession de foi et les calhéçhismes, et Ton modiûa les articles relatifs aux droits des magistrats, mais, depuis cette époque, on n'a pas touché à ces formulaires. Expression constante de la doctrine de l'église presbytérienne, il$ forment, comme jo l'ai dit, le fond de l'engagement que prennent les minisires à leur consécration.

Sans m'arrôter à reproduire ce que j'ai dû exposer ailleurs sur les biens d'église, sur l'érection de nouveaux temples, sur les salaires des pasteurs» sur la manière dont les églises viennent au secours de leurs sœurs plus faibles, j'ai maintenant à faire l'histoire de l'église presbytérienne aux Etats-Unis.

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