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2,600, et celui des églises 3,500. 4 Pour se rendre compte d'un accroissement si prodigieux, il faut remonter à l'histoire de la colonisation. Les puritains anglais qui fondèrent les provinces de la Nouvelle- Angleterre, surtout ceux qui arrivèrent au commencement de la guerre civile et après la restauration» étaient pour la plupart des presbytériens. C'est ce qu'étaient aussi les Hollandais qui fondèrent New- York. Et, bien que les uns et les autres aient conservé leur organisation ecclésiastique particulière, ils n'ont pas laissé de donner quelques-uns de leurs membres à l'église qlii nous occupe. J'en dis autant des Allemands qui s'établirent en grand nombre dans la Pensylvanie et dans les contrées septentrionales de la Virginie. Les réfugiés français arrivés en Amérique vers la fin du dix-septième siècle, appartenaient de môme au presbytérianisme. Ce furent là comme des affluents qui vinrent grossir le fleuve.
Mais, depuis le commencement du dernier siècle jusqu'à la déclaration de l'indépendance, il y eut un courant d'émigration presbytérienne qui, d'Ecosse et du nord de lirlaude en particulier, ne s'arrêta pas un moment. Ces émigrants s'établirent surtout au New- Jersey, en Pensylvanie, dans les contrées centrales de la Virgiuie et dans les Carolines. Pendaul les quarante
1 On voit à la page 245 du I er volume qu'en 1788 le nombre des ministres était de 177 et celui des églises de 419, c'est-à-dire que le nombre des ministres presbytériens serait maintenant près de quinze fois plus grand qu'alors , et celui des églises plus de huit fois. ( Traducteur.)
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années de notre siècle, ce mouvement n'a pas discontinué. Les portions centrales et méridionales de l'Etat de New-York qui, en 1800, n'étaient encore qu'un vaste désert, comptent à présent une populatiou de plus d'un million d'individus d'origine européenne. Les Etats de l'ouest, dans la vallée du Mississipi, qui appartenaient encore aux tribus indiennes, ont une population pareille de 6,000,000 d'âmes. En sorte que, pour rapides qu'aieut été les progrès de l'église presbytérienne, ils n'ont pas été hors de proportion avec ceux du pays. Bien plus, les églises si prospères des méthodistes et des baptistes comptent dans leur sein beaucoup de personnes dont les ancêtres ressorlissaient a des églises presbytériennes.
On croira sans peine qu'au sein d'une population qui double tous les vingt-quatre ans, l'église presbytérienne sentit que son premier devoir était de fournir la prédication de l'Evangile à celte multitude croissante. Aussi fut-elle, dès le principe, une église missionnaire. Ses premiers pasteurs, non contents de pattre leur troupeau, consacraient la plus grande partie de leur temps à des courses d'évangélisalion ; et dès que leur nombre fut un peu considérable, ils instituèrent un système de missions régulières. Le synode, à ses sessions annuelles, désignait ceux qui devaient se rendre dans les eudroits du pays où manquaient les secours religieux, et c'étaient les églises qui, par leurs contributions, défrayaient et entretenaient ces missionnaires. Peu après que l'assemblée générale se fut constituée, elle nomma un comité
permanent qui avait pour attributions de connaître lès besoins des diverses localités, d'appeler des ouvriers, de leur assigner leur champ de travail, de pourvoir à leur existence; sur quoi le comité faisait à l'assemblée générale un rapport annuel. Ce fut la ce qui, en 1&16, devint le conseil des missions dont j'ai parlé autre part. 4
Mais comme beaucoup de presbytériens préfèrent , polir des œuvres de ce genre , des sociétés spéciales en dehors des corps ecclésiastiques, ne fût-ce que pour unir, dans un môme travail, les efforts de chrétiens appartenant à diverses communions , ils formèrent la Société américaine des missions domestiques, sur laquelle aussi j'ai donné précédemment tous les détails nécessaires.* Je rappelle seulement que celte société est soutenue par une bonne moitié de l'église presbytérienne , par le corps entier des églises congrégationnelles , églises puissantes de la Nouvelle- Angleterre, et, dans une certaine mesure, par les églises hollandaises réformées. Ses revenus se sont élevés, ces dernières années, de 60,000 à 100,000 dollars , et ses missionnaires de 400 à plus de 800.
C'est ainsi que l'église presbytérienne s'est efforcée de se tenir à la hauteur de sa tâche. Sûrement qu'elle est demeurée bien en arrière de ce qu'il eût fallu, mais ce qui prouve pourtant qu'elle n'a pas entièrement
• Livre IV, ch. VIII.
•Livre IV, ch. VII.
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négligé son devoir, c'est que, il y a cinquante à'ns, elle n'avait pas 200 ministres, et que, maintenant, elle en possède un nombre qui esl f>lus près de 3000 que de 2000.
Il est clair que cet immense besoin de ministres dut conduire l'église à voir par quels moyens elle sé pourvoirait d'hommes capables. D'abord on tourna les yeux du côté de la mère-patrie. Il y eut de fréquentes suppliques adressées aux presbytères d'Ecosse, d'Irlande et d'Anglelerre, et ce fut de là que, de 1705 à 1716, nous vinrent nos premiers ministres, àl'ex^ ception peut-être de deux ou troi^. Les anciennés provinces de la Nouvelle-Angleterre en fournirent plus tard quelques-uns de très-distingués, ils furent, avec les précédents, les fondateurs et les pères nôufrriciers de notre église presbytérienne.
Mais tout cela ne présentait que des ressources fort précaires et encore plus insuffisantes. C'est pourquoi l'on ne tarda pas à prendre des mesures povtv former en Amérique même des ministres destinés à cette église. Vers l'an 1717, le révérend William Tennent, qui avait reçu Tordre de la prêtrise dans l'église épiscopale protestante d'Irlande, ouvrit, en Pensylvanie, une académie classique, connue sous lé nom de collège de Log. Plusieurs de nos ministres les plus distingués y firent de bonnes éludes. D'autres institutions pareilles se formèrent en divers lieux, se-condées qu'elles furent par une décision du synode de 1738, portant que nul ne serait consacré sans avoir fait des études régulières.
En 1739, le synode résolut de fonder un séminaire qui fût sous sa direction ; mais, par un effet des circonstances du pays et de l'église, ce projet ne put se réaliser que cinq ans plus tard. Alors il fut décidé 1° qu'on ouvrirait une école gratuite pour l'enseignement des langues, de la philosophie et de la théologie ; 2° qu'où réclamerait à cet effet, de toutes les congrégations, des contributions annuelles ; 3° que le surplus de la somme nécessaire pour Tentretieu d'un mal Ire et d'un répétiteur serait employé à se procurer des livres. Telle fut l'origine du collège de Newark dans le Delaware.
A celte époque de notre histoire, il existait deux synodes, l'ancien synode de Philadelphie et celui de New-York , fondé en 1745. Le premier prit à sa charge le collège de Newark et l'académie de Philadelphie, d'où est issue l'université de Pensylvanie ; le dernier fonda et soutint le collège de New-Jersey, à Princetown; et après que les deux syuodes se furent réunis en 1758, leur intérêt cumulé se concentra sur cette dernière institution. Mais, bien que le collège de Princetown doive son existence au synode de New- York et aux besoins de l'église presbytérienne, il fut toujours ouvert aux jeunes gens de toutes les dénominations religieuses. Le nombre total de ses élèves a été de 2,500, dont 500 environ se sont consacrés au saint ministère.
Depuis la fondation du collège de Princetown , il s'en est bien formé quarante autres qui se rattachent plus ou moins à l'église presbytérienne. J'entends que
leurs curateurs , leurs professeurs et leurs patrons appartiennent surtout à cette église.
Cependant les études qui se font dans les collèges sont très-générales, et il faut, à côté de cela, des facultés de droit, de médecine et de théologie. Ces facultés existent ainsi que je l'ai dit ailleurs. Mais longtemps après l'organisation de l'église presbytérienne, il n'y avait aucun établisement public où les candidats au saint ministère pussent achever leurs études. Ils se plaçaient sous les soins de quelque pasteur habile, pour se préparer à subir leur examen devant le presbytère. Dès l'an 1760, il fut proposé au synode d'instiluer une chaire de théologie, et quelques années après, les curateurs de New-Jersey ayant nommé un professeur, le synode prit des mesures convenables pour contribuer à son entretien.
Ce fut seulement en 1811 que l'assemblée générale résolut de fonder un séminaire théologique, et en 1812, que s'ouvrit cet établissement, à Princelowu même, tout à côté du collège. Le séminaire est sous la surveillance immédiate d'un conseil de directeurs qui s'assemblent deux fois Tan pour examiner les élèves et traiter des affaires de l'école. C'est l'assemblée générale qui nomme les membres de ce corps; c'est elle aussi qui élit les professeurs, règle leurs fonctions et ûxe leur salaire. Nous nous référons d'ailleurs aux détails que nous avons donnés sur celte école dans notre quatrième livre. C'est aussi là que nous avons raconté ce que fait l'église presbytérienne pour faciliter les études des jeunes gens pau-
vres et pour multiplier les livres utiles. Nous ne reviendrons pas là-dessus, et nous renvoyons à notre dernier livre ce qui concerne les missions étrangères.
11 y aurait maintenant à examiner l'église presbytérienne sous des rapports plus essentiels que son organisation, ou plutôt il y aurait à voir s'il y a eu daus cette organisation de quoi maintenir en elle la pureté, les lumières, l'activité et la bonne harmonie.
Quant à la doctrine, on ne peut contester qu'elle n'y soit demeurée dans une pureté remarquable. Au moyen des formulaires que souscrivent volontairement tous ses minisires et tous ses anciens, l'église a pu constamment écarter de ses chaires ceux qui embrassaient les erreurs du pélagianisme ou de l'arminianisme. Qu'on se récrie tant qu'on voudra, comme si c'était du bigolisme où de l'intolérance; il n en est pas moins tout simple que la foi de l'église presbytérienne d'Amérique étant, dans ses symboles mêmes, la foi calviniste, ses amis se réjouissent avec elle de ce qu'elle y est demeurée fidèlement attachée.
Si de la doctrine on passe aux mœurs du clergé presbytérien, l'on peut aussi félici 1er celte église pour la pureté qu'elle a conservée; non qu'elle n'ait jamais eu de ministres immoraux, mais je ne connais pas un seul cas où l'on ait fermé les yeux sur leur immoralité. Peut-être s'est-il vu des pasteurs ivrognes ou déréglés qu'on a laissés dans l'exercice de leurs fonctions; mais je n'en ai pas ouï parler, et ces exemples doivent
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avoir été excessivement rares. Je ne cite point ceci comme étant particulier à l'église presbytérienne; mon observation s'applique également aux autres communions évangéliques. Quant aux membres des troupeaux, tout dépend de la tidélilé des consistoires. Ce que je puis dire, c'est qu'en vertu de la discipline presbytérienne, il est interdit de conserver dans la communion de l'église les gens dont les mœurs se dérangent ; et l'opinion publique est d'accord en ceci avec la discipline. Aussi ne doit-il pas être fréquent de voir tolérer quelque part, chez un membre de l'église, des péchés et des vices tels que la fausseté, l'ivrognerie, la débauche ou l'adultère. La discipline est assez généralement en honneur, pour qu'une congrégation eût honte de maintenir sur le rôle de ses communiants des personnes décidément immorales.
Après la pureté de la doctrine et des mœurs viennent les lumières ; et, si l'on veut bien se rappeler les détails où je suis entré tout à l'heure et eu d'autres endroits de cet ouvrage, on m'accordera que l'église presbytérienne a fait dès longtemps tout son possible pour avoir des ministres éclairés. Or, je me contente d'affirmer qu'à tout prendre, elle n'y a pas mal réussi.
Pour ce qui est de l'activité de celle église, je dois convenir que, si elle ne le cède en rien à quelques-unes de ses sœurs et de ses émules, il en est d'autres qui la laissent loin derrière elles. Toujours est-il, comme on l'a vu, qu'elle n'est pas demeurée oisive dans le champ qu'il lui a été donné de cultiver.
Mais il est un poinf sur lequel il n'est pas aussi aisé
de répondre. Esl-ce que l'organisation de l'église presbytérienne a maintenu la bonne harmonie dans son sein? Ne semble-t-il pas plutôt que ce soit le contraire?
Remarquons d'abord que l'existence des*partis est la conséquence inévitable de la liberté. En d'autres termes, sous l'influence de la liberté, l'on voit se manifester cette diversité d'opinions , de manières de voir, de sentiments et d'intérêts, qui ne sauraient manquer d'exister au sein de toute grande association, soit civile, soit religieuse. La force quelquefois peut comprimer l'expression de cette diversité de principes, et souvent, par des motifs faciles a comprendre, on se donne le mot pour la dissimuler; mais, sous un régime d'égale liberté pour tous, il ne tarde pas à être évident que tous n'étaient pas du même avis. Dans l'église romaine, il est interdit d'avoir une opiuion à soi sur de certains sujets ; mais l'esprit humain s'y dédommage eu disputant d'autant plus vivement le terrain sur tous les autres. Dans les églises nationales richemeut dotées, il y a tellement de sacrifices à faire pour s'avouer dissident , qu'on doit s'y attendre à une conformité plus générale que sincère.
Si donc l'église presbytérienne nous offre le spectacle de conflits passagers , nous ne saurions rien y voir de cou traire aux enseignements généraux de l'histoire. Composée d'hommes qui étaient attachés de cœur aux doctrines des églises réformées, elle fut, un siècle depuis son organisation , sans connaître les discussions théologiques. Mais, dans la première moi-
tié du siècle passé, il se fit, soit dans la Grande-Bretagne , soit en Amérique, un grand mouvement religieux ; là par le ministère de Wesley tout particulièrement, ici par celui des Whitefield, des Edwards, desTennent, des Blair et d'autres prédicateurs éminents. En Ecosse, il occasionna, ou accéléra ce grand nombre de démissions qui donnèrent naissance à l'église actuelle de la Sécession, ou, comme on pourrait • dire, à l'église démissionnaire. En Angleterre, ce même mouvement amena la formation de la grande société indépendante des méthodistes. Il excita de vives controverses au sein de la Nouvelle-Angleterre, et, en suite de ces discussions, bien des personnes se séparèrent des églises officielles. Dans l'église presbytérienne, enfin, il se termina par la division du synode de Philadelphie en deux synodes qui demeurèrent distincts depuis 1741 à 1758. Or, si l'on étudie attentivement celte phase du presbytérianisme aux Etals- Unis, on voit que ce qui amena le partage, ce ne furent point des différences d'opinions sur la nature du christianisme bu de ses doctrines, ni sur le gouvernement de l'église, ni sur la nécessité de l'instruction pour les ministres; mais ce furent les jugements divers qu'on portait relativement au réveil religieux alors en progrès, et aux désordres dont il était accompagné. De là vinrent des accusations réciproques, de l'aigreur dans les partis, de l'auimosité; hélas! tout ce qui se voit en des temps d'excitation générale. Les termeS mômes de l'union que les deux sections de l'église contractèrent de nouveau , l'an 1758, ai-
testent qu'elles n'avaient cessé d'être dans la meilleure harmonie quant aux points essentiels énumérés ci-dessus ; aussi se bornèrent-elles à déclarer qu'elles voulaient ensevelir dans l'oubli les différends qui s'étaient élevés à l'occasion du réveil.
Jusqu'à ces dernières années, rien n'avait troublé cet accord; et, s'il faut maintenant que je parle de la dernière crise, ou me permettra de reprendre les choses d'un peu haut, car sans cela je ne saurais en donner l'explication.
Au commencement de ce siècle, je dois rappeler celte circonstance, l'église presbytérienne se composait, en grande partie, des presbytériens d'Europe et de leurs descendants qui s'étaient fixés dans les Etats du centre et du sud. Depuis l'an 1800, il y eut une émigration continuelle des Etats de la Nouvelle-Angleterre dans le territoire encore inoccupé de l'Etat de New-York et de ceux du Nord-Ouest. Partout ils rencontrèrent des églises presbytériennes, et, bienqu'habitués aux formes congrégation uelles , ils se prêtèrent aux vœux de leurs ministres pour former, avec les presbytériens, des églises mixtes. En 1801,. l'Assemblée générale et l'Association centrale du Connecticut tombèrent d'accord sur un projet d'union entre les presbytériens et les congrégalionalisles dans les nouveaux établissements. Par l'effet d'un système qui , d'ioteution, ne devait être que provisoire, il se forma un grand nombre d'églises et de presbylères, et même des synodes mi -parti de presbytériens et de congrégalionalistes. Celte fusion produisit assurément
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quelques bons résultais ; mais les congrégalionatisdes s'élaul joints aux presbytériens sans adopter leur profession de foi et tout en demeurant hostiles à leurs formes de gouvernement ecclésiastique , lorsqu'on en vint à traiter des questions de discipline et d'administration générale, il y eut des froissements d'autant plus pénibles, que le nombre proportionnel des congrégationalistes allait croissant.
Il survint aussi du malaise à l'occasion des doctrines* Les calvinistes de la Nouvelle-Angleterre avaient certaines vues particulières qui ne purent manquer de se propager au sein des églises presbytériennes avec les- . quelles ils s'amalgamèrent. De part ni d'autre on n'envisageait ces différences d'opinion comme de nature à justifier une séparation, ou a provoquer l'exercice de la discipline; et toutefois elles ne laissèrent pas de diviser l'église en deux parties, l'ancienne et la nouvelle école. Il faut dire, après cela, que, dans ces dix ou douze dernières années, quelques ministres de la Nouvelle-Angleterre avancèrent des doctriues qui ne parurent plus aussi inuocentes* Tous ceux de l'ancienne école et même quelques-uns de la nouvelle s'accordaient à y voir la négation virtuelle du péché originel, de l'élection et de la grâce efficace; et en conséquence il ne leur semblait pas que les hommes qui soutenaient ces doctrines pussent remplir dans leur église les fonctions du ministère. On fit plusieurs fois la tentative de leur appliquer les lors de la discipline, mais on ne put jamais parvenir à les convaincre, soit manque de preuves , soit par des vices de procédure,
soit aussi parce que les frères de la nouvelle école craignaient, que, ceux-ci condamnés, ils ne pussent euxmêmes échapper aux censures de l'Eglise. Quels qu'aient été leurs motifs au fond , il est sûr que les hommes de leur bord empêchèrent constamment qu'on ne prononçât une sentence de désapprobation sur les doctrines en question. Or, on conçoit que cela dut, accroître le mécontentement du parti de l'ancienne école et lui donner des craintes sérieuses quant à l'avenir de la foi dans leur église.
A ces causes de mésintelligence vint s'ajouter un grave dissentiment sur la manière dont on devait diriger certaines œuvres chrétiennes, telles que les missions et les séminaires théologiques. Dans l'ancienne école on pensait généralement que c'était à l'église de les prendre en main , au moyen de ses corps constitués et de conseils nommés par elle ; dans la nouvelle école, au contraire , on voulait qu'elles se fissent par des associations libres qui pussent réunir les chrétiens des diverses églises évangéliques. Il semblait a première vue que c'était un point sur lequel les membres de l'église pouvaient différer sans inconvénient et sans collision. Mais on ne tarda pas k reconnaître que ces associations exercent sur l'église une action indirecte fort considérable , si même elles ne finissent par la maîtriser. Quel n'est pas en effet le pouvoir d'une société, par exemple, qui dirige les éludes du saint ministère , et qui distribue chaque année dans le pays des centaines d'évangélistes? Sous ce rapport on dut nécessairement envisager la question comme
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d'une importance pratique des plus étendues. 1 Ce fut au milieu de ces préoccupatious, ou dirai-je de cette irritation des esprits, que l'assemblée générale se réunit en 1837. Les deux partis avaient acquis la conviction qu'il fallait se séparer; mais comment la séparation s'effectuerait-elle , c'est là que résidait la difficulté. Dans le but d'y couper court, l'assemblée géuérale commença par abolir le système d'union adopté en 1801; puis elle vota plusieurs acles dont l'effet était d'empêcher que, à l'avenir, une église cougrégatiounelle pût avoir ses mandataires dans un des corps administratifs de l'église presbytérienne, en sorte qu'un presbytère ou un synode qui compterait parmi ses membres des congrégationalistes, fût ipso facto retranché de la communauté générale. Eu prenant ces résolutions, l'assemblée prétendit ne point outrepasser ses pouvoirs, puisqu'il ne s'agissait que d'une mesure d'exécution. En effet, la constitution de l'église n'exige- t-el le pas, disait-on, que les corps qui la gouverneul se cou forment à ses dispositifs? Si les syuodes et les presbytères que ces résolutions
1 On conçoit en effet que, dans uu pays où l'Eglise est nettement séparée du monde, et où d'ailleurs elle jouit d'une pleine liberté d'action , il convienne mieux peut-être que bien des œuvres chrétiennes se fassent par elle et non par des sociétés. Mais dans les lieux où la position de l'Eglise est précisément l'inverse, ce sont, â bien dire, les sociétés religieuses qui constituent l'église active. En se faisant par des sociétés libres, ces œuvres se font bien plus réellement par l'Eglise, que si elles étaient sous la direc • tion des corps ecclésiastiques, sous le contrôle du pouvoir civil.
( Traducteur ).