‹ De la religion aux États-Unis dÁmériqueChapitre 56 sur 153 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

ÉGLISE HOLLANDAISE RÉFORMÉB.

Nous avons dit au commencement de cel ouvrage que les Hollandais réclamaient jadis tout le territoire américain qui se compose actuellement des Etats de New-York, de New-Jersey, de Delaware et de Pensylvanie; qu'en 1614 ils 6renl un établissement de commerce au lieu où fleurit maintenant la ville de New- York, et où quelques familles hollandaises vinrent se fixer en 1624; puis, qu'on leur envoya pour premier pasteur le révérend Everard Bogard. Cet homme excellent quitta la colonie en 1647 pour regagner la Hollande, et Ton croit qu'il périt en mer sur le même vaisseau que le gouverneur Kieft. Il eut pour successeurs Jean el Samuel Megapolensis, le dernier desquels fut un des commissaires que le général Stuyvesant chargea de négocier avec les Anglais les conditions du traité qui , en 1664, leur livra la colonie hollandaise.

Comme elle avait été fondée par la compagnie des Indes occidentales d'Amsterdam, c'est à elle que les colons s'adressaient pour avoir des ministres; et la compagnie à son tour s'adressait à la classe pour qu'elle choisît et consacrât ceux qu'elle jugerait bon d'envoyer. De là vint que la classe d' Amsterdam et le synode de la Nouvelle-Hollande se trouvèrent, par le

consentement tacite du reste de l'église, exclusivement chargés du soiri spirituel des colonies ; 1 et cela se faisait avec une telle jalousie d'autorité, que les églises d'outre-mer n'avaient réellement rien à dire dans leurs propres affaires. On conçoit que de perturbations cet ordre de-choses dut amener.

Jusqu'à quël point la compagnie des Indes occidentales Vint-elle éti aide aux congrégations de la colonie, c'est Utl fait sur lëqUël ôh n'a pas de données positives; mais oh ne saurait mettre én doute qu'elle ne les ait soutenues dabs une certaine mesure. Il ne paraît pas toutefois que les colons aiedt eu de très-bonne heute des édifices consacrés au culte; car, én 1641, ï)e Vriës faisait observer au gouverneur Kiëft combien il était honteux qu'Un Anglais, passant à New-Amsterdam ( New-York) pût voir qu'il ne s'y trouvait en fait d'église qu'une grange. Ët toutefois il est certain qU'on envisageait alors les congrégations de la colonie comme faisant partie de l'église nationale de Hollande.

Mêulé api^ès la prise de possession dë ce territoire, par les Anglais , etlorsquë legouvernëut 1 Fletcherfut parvériu à y irtstallér l'église épiscopaië , lës réformés hollandais ne cessèrent de se rattacher à la mère-patrie, ou plutôt à la classe d'Amsterdam, pour tout ce qui tenait à leur fcultë. Ce n'est pas qu'ils ne sentissent vivetrieni quel ittconvéniénl il y avait pour eux de ne pas posséder d'autorité ecclésiastique supérieure aux

1 C'est encore la c'asse d'Amsterdam qui a, de nos jours, la surveillance des églises coloniales appartenant à la Hollande.

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