CHAP. XVI. PETITES ÉGLISES MÉTHODISTES
celle qui viol la frapper en 1828. Comme l'écbec qu'elle reçut alors menace d'avoir des conséquences assez graves, j'en dois le récit à mes lecteurs.
On a vu qu'en vertu de sa constitution, l'église méthodiste épiscopale esl entièrement gouvernée par le clergé, et encore par une partie seulement des membres de ce clergé nombreux. Le pouvoir suprême, législatif, judiciaire et exécutif, appartient aux ministres itinérants, à l'exclusion de tous les autres, puisqu'ils forment à eux seuls les conférences annuelles et la conférence générale. Ce monopole a, depuis longtemps, paru vexatoire à deux classes de membres de cette église : d'abord, aux prédicateurs sédentaires, et à ceux qui, obligés par la maladie, par l'âge ou par des raisons de famille, de quitter le service actif, n'ont plus rien à voir dans le gouvernement de la société ; puis aux laïques, qui estimaient avoir le droit de se faire représenter dans les conférences annuelles et dans la conférence générale.
Le mécontentement prit un caractère plus prononcé vers l'an 1820. Il parut un journal qui avait pour mission de réclamer ce qu'on appelait l'égalité des droits, et de nombreuses pétitions dans ce sens arrivèrent sur le bureau de la conférence générale de 1824. Ces pétitions ayant été éconduites, il y eut parmi les méthodistes beaucoup de mouvement et la discussion reprit avec une nouvelle chaleur. Le parti qui demandait uue réforme y mit plus que de la vivacité, et en conséquence il y eut, à Baltimore et ailleurs, plusieurs personnes qui subirent les lois de la discipline.
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Tout cela ne calmait pas les esprits, et ils étaient dans une disposition assez violente lorsque s'ouvrit la conférence générale de 1828. Aussi le résultat de celte session ful-il la retraite des mécontents, qui formèrent une nouvelle société sous le nom de église méthodiste PROTESTANTE DES ÉTATS-UNIS.
Les méthodistes protestants n'ont rien changé à la doctrine de leur église. Quant à Torganisatiou ecclésiastique, ils n'ont tait que se constituer sur les bases qu'ils réclamaient; tout le reste étant demeuré sur le même pied, ou peu s'en fant. Ainsi, les laïques et les prédicateurs sédentaires sont admis, aussi bien que les prédicateurs itinérants, à représenter l'église dans les corps qui la gouvernent. Ils n'ont plus d'évéques, et l'imposition des mains est le droit dès presbytères. Leur conférence générale siège seulement tous les sept ans.
Suivant un rapport récemment publié par enx, leur
église, quoique assez jeune, compte :
22 conférences annuelles.
1,200 prédicateurs, tant itinérants que sédentaires. 60,000 communiants.
300 lieux de réunion.
Leur conférence générale a institué un conseil de missions domestiques et étrangères, et de plus, un comité de publication qui, de Baltimore, sou centre d'activité, a répandu un nombre considérable d'écrits religieux. Quatre journaux se publient sous les auspices de la conférence. Les églises de son ressort se trouvent un peu partout dans le territoire de l'Union,