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CHAP. XX. PRÉTENDU MANQUE D'HARMONIE

et d'un autre côté, qu'elles emploient tous les moyens légitimes en leur pouvoir pour augmenter le nombre de leurs adhérents. S' excitant ainsi mutuellement à faire le bien, il se peut sans doute qu'elles se rencontrent çà et là en quelques conflits passagers, et que leur jalousie ne soit pas toujours très-fraternelle; car les meilleurs des hommes ne sont après tout que des hommes; mais qu'on n'en conclue pas qu'elles vivent dans une permanente hostilité. Ainsi, je suppose qu'un fidèle ministre de l'Evangile ait longtemps travaillé tout seul dans uue contrée , s'il vient à s'ouvrir près de lui un nouveau culte, il est impossible qu'il n'éprouve pas la crainte de se voir enlever quelques auditeurs et qu'il n'en éprouve un coupable dépit; mais bientôt il fera, lui aussi , l'expérience que la multiplication des moyens de grâce ne fait qu'augmenter partout le nombre des fidèles; et à moins qu'il ne soit d'un esprit bien rétréci , sa passion ne tardera pas à se calmer.

Quelquefois aussi l'on voit un prédicateur zélé, mais non moins présomptueux qu'ignorant, venir dans une contrée déjà pourvue d'églises d'une autre communion, et, pour se faire des prosélytes, déclamer avec une sorte de violence coulre les premiers occupants. Mais il est rare que ces hommes recueillent autre chose que du mépris. Car, au milieu de nous, on ne se joint pas à une église sans en avoir examiné la doctrine, l'organisation , la discipline, et quand on lui a donné son adhésion sous tous ces rapports, surtout quand on trouve de l'édification dans ses services, on ne se

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laisse pas aisément détourner par le premier criailleur qui cherche à se faire des disciples.

Je ne nie donc point qu'il n'y ait, par occasiou, des moments pénibles; maison somme, et à prendre nos églises évangéliques dans leur ensemble, j'atteste qu'il existe entre elles beaucoup de considération mutuelle et de fraternelle affection. Ardentes à soutenir, et dans la chaire et par la voie de la presse , leurs vues particulières, rien n'est plus rare que de les entendre s'anathémaliser ; au contraire on les voit toujours prêtes à se tendre secours réciproquement. C'est ainsi que chez toutes, sauf de la part des églises épiscopales, les ministres se conûent leur chaire les uns aux autres. Je counais à Philadelphie une église baptiste, où, par suite de la maladie du respectable pasteur qui la préside, les fonctions furent faites, pendant environ deux ans, par des ministres de diverses églises, même pédo-baptisles. Durant sept années, l'auteur de cet ouvrage eut à parcourir plus d'une fois les divers États de l'Union, comme agent d'une société, et il déclare avoir pu prêcher dans les chaires de dix communions évangéliques, tant est réelle lien de fraternité qui les unit.

Et ce ne sont pas les ministres seuls que ce lien rapproche les uns des autres. Partout, aux États-Unis, les laïques ne se font aucun scrupule, lorsqu'il n'y a pas de service chez eux, d'assister à celui d'une autre communion ; et dans nos grandes villes, il est bon nombre de chrétiens qui suivent les méditations de la semaine des ministres élrangersà leur église, quand

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