CHAP. XX. PRÉTENDU MANQUE D*HAKM0NIE
elles tombent sur une soirée différente de celle qu'y consacre leur propre pasteur. Non-seulement cela, mais encore il n'y a que les baplistes, à cause de leurs vues particulières sur le baptême, et les Ecossais du Covenant, qui refusent la cène aux membres des autres églises; en sorte que les chrétiens évangéliques se joignent souvent à leurs frères d'autres communions pour célébrer cet acte du culte. Sous ce rapport, nous pouvons nous féliciter de l'esprit de vraie catholicité qui se répand, de plus en plus, au milieu de nos congrégations. Nous avons maintenant un nombre infini de ministres qui répéteraient ce que le révérend M. Johuesdit au général Washington, quand celui-ci, au plus fort de la guerre, manifesta le désir de prendre la cène du Seigneur dans l'église de M. Johnes, quoiqu'elle fût presbytérienne, et que Washington fût épiscopal: c Monsieur, la sainte table n'est ni presbytérienne, ni épiscopale, c'est la table du Seigneur, et comme tout autre chrétien, vous y serez le bienvenu.»
Il est en outre de nombreuses circonstances qui mettent les chrét iens évangéliques en bonnes relations, s'il en est qui amènent quelques froissements. Je veux parler de nos nombreuses sociétés religieuses, et, chaque jour davantage , les chrétiens y apprennent à se connaître, à se respecter et à s'aimer.
Dernièrement le docteur Schmucker a conçu un projet d'union entre toutes les églises protestantesévangéliques. Accueilli avec faveur, une société s'en est emparée et le mûrit. Le docteur Schmucker, homme aimé de tous et dont les écrits sont universellement
goûtés, ne propose point la fusion des églises, mais simplement l'adoption de certains principes, au moyen desquels les églises pourraient faire reconnaître de tontes les autres leurs actes publics , et entretenir la cômmunion fraternelle.
Il est un antre projet encore, qui n'est pas loin de se réaliser, et qui tendrait au même résultat : il s'agit d'une grande réunion annuelle où seraient convoqués tous les amis des missions étrangères; elle aurait lieu tantôt dans utie ville , tantôt dans une autre ; on y rendrait un compte sommaire des travaux de chaque société; et ce serait un nouveau cercle autour duquel se grouperaient les diverses communions évangéliques.
A prendre en bloc les 2,800,000 individus dont se composent nos églises évangéliques , je ne balance pas à affirïher qu'il existe entre eux tous plus de véritable affection, et qu'ils se témoignent plus d'égards qué s'ils étaient forcément réunis en une seule église. Le monde a eu te spectacle d'une société religieuse à laquelle tous étaient contraints d'adhérer, et qui ne souffrait pas la moindre résistance au décret de ses Conciles et de ses conclaves. Or on a pu voir ce qu'un tel système produit de sentiments fraternels et de vraie harmonie. Sous ce bel accord , tout extérieur, <jue de divisions intestines et qued'animosilés! Quelles haines infernales n'animèrent pas les uns contre les autres ces ordres religieux en particulier, qui nè savaient s'unir que pour persécuter ceux que révoltaient les dogmes de leur église! Au prix de cela, vraiment, les controverses qui s'agitent dans nos églises évangéliques,