ÉGLISE CATHOLIQUE
On connaît trop généralement les doctrines et le système de l'église romaine pour que j'entre à ce sujet dans aucun détail. C'est de toutes les sociétés religieuses qui doiveul m'occuper, celle dont l'importance est de beaucoup la plus grande.
Nous avons dit ailleurs comment le catholicisme romain se transplauta dans l'Amérique du Nord, sou& les auspices de lord Baltimore , fondateur au Maryland d'une colonie tout a la fois papiste et libérale. Bien que, sous le règne de Guillaume et Marie, l'église épiscopiiie protestante y devînt l'église officielle, et
que les lois anglaises contre les catholiques romains s'exécutassent à la rigueur, ces derniers n'en continuèrent pas moins de former la portion la plus considérable et la plus influente de la population de la province.
Il en fut ainsi jusqu'à la révolution ; et aujourd'hui même, bien qu'en minorité, et inférieurs en nombre soit aux épiscopaux, soit aux méthodistes, ils ne laissent pas d'avoir au Maryland une importance hors de proportion avec leur valeur numérique, qui est de 80,000 âmes.
A l'exception de la Pensylvanie el de Rhode-Island, je ne sache pas qu'à l'époque de la révolution, les catholiques eussent nulle part la pleine jouissance des droits politiques, mais je crois qu'à présent ils sont partout sur le pied d'une parfaite égalité. 1
1 J'ai souvent entendu les catholiques romains en Europe reprocher aux protestants des Etats-Unis leur intolérance , et pour preuve on en revient toujours à ce couvent de Charlestown, près de Boston, que la populace mit en cendres, le 11 août 1834. Comme c'est le seul fait de persécution qu'on allègue, et qu'il a été singulièrement dénaturé par l'évéque England, dans sa lettre i la propagande, il peut m'étre permis d'en toucher quelques mots.
C'était un couvent d'Ursulines, pensionnat de jeunes demoiselles, fondé en 1820. Il s'y trouvait ordinairement de huit à dix sœnrs et de vingt à soixante élèves. Une des religieuses , Miss Harrison, maîtresse de musique, avait dû quitter momentanément la maison pour raison de santé. Sa téte paraissait exaltée, et le bruit courut que c'était par suite de mauvais traitements. Déjà depuis quelque temps on soupçonnait les sœurs, je ne sais à quel propos, de se livrer à des actes fort répréhensibles. Ce fut là ce qui mit de l'irritation parmi la populace de Boston, dont le couvent n'était qu'à