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Osiris fut retracée par celle de Cadmille dans les mystères cabiriques(i). Ces représentations dramatiques commencèrent probablement par être des représentations de fables connues : alors il n'y avait que la représentation qui fût mystérieuse. Ensuite on inventa de nouvelles fables qui restèrent secrètes, et alors il y eut mystère tout à-la-fois dans la fable et dans la représentation. Avec ces drames religieux furent transportées en Grèce des dénominations, des formules exotiques, et par-là même inintelligibles et inexplicables. Que les noms de Cérès et de Proserpine dans la langue des Ca-
(i) Les fondateurs des mystères en Grèce cherchaient à ajouter à la fidélité de l'imitation , en les célébrant en des lieux semblables à ceux de leur ancienne patrie. Il paraît, par un passage d'Aristophane (Rana?, 209 et suiv. ) , que les mystères de Bacchus a Athènes avaient lieu sur les bords d'un lac, parce que ceux d'Osiris s'étaient célébrés sur le lac Sais. Les mystères Lernéens, consacrés au même dieu, avaient pour théâtre dans l'Argolide, les rives du lac Alcypn. Creutzer (IV, (5o-55 ) rapporte un usage des matrones romaines, emprunté d'une tradition grecque qui elle-même était étrangère en Grèce. V. aussi ses détails sur le culte de Damia et d'Anxesia.
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bires soient précisément les mêmes que ceux de la reine des enfers et de sa fille chez les Indiens, ne saurait être un effet du hasard (i). Les trois mots mystérieux avec lesquels, à la fin des grandes Eleusinies, on congédiait les initiés (2) , ces trois mots qui ont exercé depuis deux siècles la sagacité des savants (3), se trouvent être trois mots samscrits, dont le sens s'applique parfaitement aux cérémonies qu'on terminait en les prononçant (4).
Ainsi , plus nous pénétrons dans les an-
(1) Cérès, dans les mystères, Axieros : la reine des enfers , aux Indes , Asyoruca ; Proserpine, Axiocersa ; la fille de la divinité indienne , Asyoturscha. ( As. Res. , p. 299-300. )
(2) Conx , Om, Pax.
(3) Leclerc, Bibliot. univ. VI, 74 ; Court de Gebelin, Monde prini. IV, 323.
(4) Le ier, x.oyl , samscrit , Cansha , signifie l'objet du désir; le 2e, Om , est le monosyllabe consacré, dont les Indiens se servent au commencement et à la fin de toutes leurs prières; le 3e, n<x\, samscrit, Pascha, signifie la Fortune : et il est à remarquer que les Étrusques plaçaient la Fortune parmi les Cabires. (Serv. ad Mn. II, 325.) Ce n'étaient pas les seuls mots étrangers transportés dans les mystères. Creutzer (III, 486) en cite plusieurs autres. On pourrait, dit-il, former une espèce de vocabulaire des expressions et des formules ainsi empruntées.
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tiquités de l'Inde, de cette contrée qui semble destinée à nous donner le mot de tant d'énigmes long-temps insolubles, plus nous apercevons, entre les religions sacerdotales et les mystères des Grecs , des conformités qu'il était impossible de reconnaître auparavant.
Enfin, le souvenir des périls d'une traversée longue et incertaine devait suggérer aux navigateurs qui débarquaient en Grèce l'idée de réunions où ils célébreraient la mémoire des peines qu'ils avaient souffertes et supportées en commun , et l'histoire nous certifie que les étrangers, fondateurs des mystères, ajoutèrent à leurs réminiscences locales la commémoration des dangers inhérents aux navigations lointaines. L'un des Cabires avait découvert l'art de lutter contre les ondes (i; : les mystères de Samothrace avaient procuré aux Argonautes un refuge contre la tempête (2). Cette tradition est un vestige des expéditions orientales , s'amalgamant dans les récits avec les expéditions grecques. En mémoire de cette
1) Plin. , Hist. nat. IV, 23.
(a) Apollon. Argonaut. , I, 915-918.
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tradition , le grand-prêtre recevait sur le rivage ceux qui voulaient se faire initier (i); et bien des siècles après, les mystères d'Isis pélasgique ou maritime se célébraient à Corinthe (2).
Les mystères ne furent donc primitivement, en Grèce comme dans les contrées où ils avaient pris naissance, que des cérémonies, à la participation desquelles les initiés étaient admis, sans recueillir de cette admission la connaissance d'aucune doctrine ou philosophie occulte ; mais graduellement ils changèrent de nature, et voici comment.
A mesure que la civilisation fit des progrès, le sacerdoce grec, sans jamais conquérir l'autorité que cet ordre possédait ailleurs , acquit néanmoins plus de consistance. Or, en obtenant quelque pouvoir, il dut sentir davantage combien ce pouvoir était limité. L'autorité politique, déjà constituée, l'ascendant des guerriers dans les temps héroïques, celui des hommes d'état sous les gouvernements républicains, l'imagination des Grecs, active, indo-
(1) Valer. Flacc. , II, 435-44°-
(a) Pausan. , Corint., 4; Apul. Metam. , XI.