‹ De la religion (volume 2)Chapitre 9 sur 109 · LIVRE XIII, CHAPITRE III. II · texte numérisé non relu

LIVRE XIII, CHAPITRE III. II

ries (i), et les Dionysiaques furent enseignées aux Grecs par des Phéniciens (2) ou des Lydiens (3). Peu nous importe la vérité de ces traditions; leur unanimité démontre le fait principal , l'origine étrangère des premiers mystères. Nous ajouterons que long- temps après la formation du polythéisme grec , des institutions de cette nature continuèrent à venir du dehors. Les mystères d'Adonis pénétrèrent de l'Assyrie par l'île de Chypre dans le Péloponnèse (4). La danse des femmes athéniennes aux Thesmophories n'était pas une danse grecque (5) ; et le nom des rites Sabaziens nous reporte en Phrygie (6).

(1) Hérod. II, 171 ; IV, 172.

(a) limon. II, 49; Apollod. Bibl. I, 9, II, 12. Les mystères de la Cérès cabirique en Béotie avaient également une origine phénicienne. Des navigateurs phéniciens y avaient construit un temple dédié à cette déesse.

(3) Eurip. Bacch. 460-490. On trouve dans Wagner (p. 33o) des preuves que les mystères de Bacchus furent introduits à Thèbes de l'étranger.

(4) Notamment , suivant Pausanias , dans l'Argolide. (£) Poixux l'appelle la danse persique (Onomast. IV);

d'autres la disaient mysienne (Xénoph. Anab. VI , i-5 ). (6) Creutz. III , 36o-363. V. sur l'origine étrangère des mystères de Bacchus, même suivant les Grecs, Heeren, Asie, 439-44f>-

Nous avons prouvé ailleurs que les membres des colonies qui débarquèrent en Grèce ne devaient, pour la plupart, connaître de la religion de leur patrie ancienne que la portion extérieure et matérielle. Mais dans cette portion matérielle il y avait des représentations dramatiques. Les colons transportèrent dans leurs nouveaux établissements ces représentations qui , repoussées de la religion publique , parce qu'elles ne cadraient pas avec son esprit, devinrent naturellement des rites mystérieux, calqués sur ce qu'ils étaient au dehors. Les mystères se composèrent de cérémonies , de processions dans l'intérieur des temples (i), de pantomimes. Si dans les drames sacrés de l'Egypte Typhon avait enlevé Horus, Pluton , dans les Thesmophories , enleva Proserpine. Plutarque fait ressortir les ressemblances des récits égyptiens sur Isis et Osiris, avec les récits grecs sur Cérès (a), La mort de cet

(i) Il y a dans Goerres ( II , ^79 note) , un exposé des processions , des mystères et de la signification symbolique de ces processions , avec des observations curieuses sur la conformité des diverses mythologies.

(a) Plutarch. de Isid. Schol. Apollon. I, 917; Lactant. de fais. rel. , p. 119-120 ; Dion. 1, 'i , 36.

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