‹ De la religion (volume 2)Chapitre 12 sur 109 · LIVRE XIII, CHAPITRE II I. iq · texte numérisé non relu

LIVRE XIII, CHAPITRE II I. iq

1er (i) avec ardeur' à rehausser l'importance de ces institutions dont il était le maître, tandis qu'il n'était, dans le culte national, qu'un agent subordonné. Les mystères se multiplièrent : il est vraisemblable que dans les parties de la Grèce où les étrangers n'en avaient pas apporté, les prêtres, avertis de l'utilité qu'ils pourraient en retirer par l'avantage qu'y avaient trouvé leurs frères d'Egypte, en établirent avant d'avoir déterminé ce qu'ils contiendraient. Leurs mystères furent semblables à ces sanctuaires, dont un voile épais dérobait l'enceinte vide aux yeux des profanes. Faute de mieux , ils fermèrent l'entrée de leurs bois sacrés et de leurs temples; certaines cha~ pelles ne s'ouvrirent qu'une fois l'année, et pour un seul jour (2). Les statues des dieux ne parurent que voilées (3) : leurs noms ne purent

1 Cbeutzer, dans son 4e vol. (p. 186-237), analyse avec une sagacité remarquable ce travail du sacerdoce , <n l'appliquant particulièrement à Cérès et à Proserpine, et en examinant en détail les noms et surnoms donnésdans les mystères à ces deux divinités.

# Paysan. Bœot., 24.

(3) Il y avait en Grèce plusieurs statues que les pr<*-

être révélés sans crime (i). Comme toute espèce d'exclusion participe du mystère , souvent certaines classes furent exclues de certaines cérémonies, quelquefois tout un sexe en fut banni. De même que les femmes des Germains et des Scandinaves avaient des rites qui leur étaient réservés, les Grecques eurent leurs Thesmophories où les hommes n'osaient pénétrer sous peine de mort , les Romaines leurs fêtes de la bonne déesse, devenues fameuses par la violation de cette règle et le sacrilège de Claudius. Tous ces mystères consistèrent primitivement en représentations dramatiques. Dans les Thesmophories, auxquelles on attribua plus tard des significations si variées et si profondes, Cérès parut voilée, servie et consolée par des femmes. Triptolème agitait sa lance, et Céléus mesurait la terre. Aux pieds de la

très seuls avaient le droit de voir, la Minerve d'Athènes, la Diane d'Ephèse, etc. On les disait tombées du ciel.

(1) Cette réticence sur les noms des dieux faisait partie des mystères de l'Egypte , et il est remarquable que l'Edda,en parlant de la naissance du géant Ymer, évite de nommer le dieu par la puissance duquel ce géant fut formé. (Edda, ae fable.)

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