LIVRE XIH, CHAPITRE III
déesse étaient le trépied, emblème ternaire, la chaudière qui rappelle le chaudron des Druides, le miroir mystique sur lequel nous aurons à revenir, symboles sacerdotaux étrangers (i). Mais en s'efforçant ainsi de cacher sous des pompes empruntées le vide des institutions qu'ils fondaient en Grèce , les prêtres s'appliquèrent à remplir ce vide ; ils travaillèrent à faire entrer dans ces institutions , qui dépendaient d'eux, tout ce qui était repoussé par l'esprit indépendant du culte national , les usages , les rites , les dogmes sacerdotaux.
Décrire leurs efforts sur chaque objet en particulier, serait nous jeter dans une narration qui dépasserait toutes les bornes de cet ouvrage ; car pour déterminer seulement la date de l'introduction de chaque opinion ou de chaque cérémonie dans les divers mystères des Grecs , il faudrait des discussions qui n'auraient point de terme, et probablement point de résultat. Nous nous bornerons donc à prouver le fait, en montrant que dans les mystères toutes les hypothèses, ainsi que toutes les prati-
(i) V. le vase antique de la collection de Lanzi.
ques sacerdotales , se trouvent. Mais pour bien saisir ce rapprochement, observons deux choses: premièrement, lorsqu'en preuve de l'identité de quelque dogme ou de quelque usage, nous citerons le sens qu'il semble avoir renfermé, ce n'est point à dire qu'il n'eût point aussi d'autres sens. Chaque symbole , chaque rite en avait plus d'un. En second lieu , plusieurs des faits que nous rapporterons n'ont eu lieu , nous n'en disconvenons point, que vers les derniers temps de la religion. C'est que les mystères , destinés par le sacerdoce de la Grèce à recevoir tout ce qu'il pourrait emprunter du polythéisme sacerdotal, ne se remplirent de ces emprunts que successivement. L'ensemble ne s'y trouva réuni que lors de la confusion des deux poly théismes , c'est-à-dire Vers leur chute : mais la tendance des mystères est avérée par ce résultat même, et l'effet, bien que tardif, atteste la cause (i)..
(i) Pour la même raison, contre notre règle habituelle, nous citons quelquefois des auteurs d'une antiquité peu reculée. Eux seuls ont connu les mystères, tels qu'ils étaient résultés de cette confusion et de ec mélange.
Livitr: XIII, ghapitri: iv. ai3