‹ De la religion (volume 2)Chapitre 15 sur 109 · LIVRE XIII, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE XIII, CHAPITRE IV

qui se font recevoir aux Léontiques (i), dit Porphyre (2), revêtent différentes formes de bêtes farouches, ou tracent sur leurs vêtements ces diverses figures (3).

Le caractère de plusieurs divinités mystérieuses est double , comme celui des divinités * indiennes. Cérès, de même que Bliavani, est

de celle de leurs prêtres. Dans les mystères Idéens , par exemple, J as ion est un dieu : dans ceux de Samothrace, c'est un prêtre. Une fable postérieure réunit les deux traditions, en donnant à Jasion pour femme Cérès et pour dot l'apothéose.

(1) Autre nom des Mithriaques.

(?) Porph. de Abst., IV, 16.

(3) Parfois, mais rarement, ces déguisements passaient des mystères dans les rites publics. Le Scholiaste manuscrit d'Aristide (Orat. Panath. éd. Iebb., p. 96) remarque qu'aux Bacchanales, un prêtre remplissait le rôle de Bacchus , un autre celui d'un satyre. Dans Valeritjs Flacus (Argonaut. , II, 264 etsuiv.), Hypsipyle revêt son père du costume de Bacchus. Ces usages furent transportés à Rome, dans les Céréales et dans les Isiaques. Com mode parut lui-même dans une fête avec la tête d'Anubis (Lamprid. in Commodo , cap. g) , et on lit dans les notes de Casaubon des vers adressés à un consul qui s'était montré ainsi publiquement dans une cérémonie.

Teque domo patria pictum cum fascibus ante, Nunc quoque cum sistro faciem portarc caninam

\6 DJi LA RJ-LIG ION,

lantôt protectrice, sous le nom de Leueothée ( i ), tantôt furieuse, sous celui de Cérès Érynnis.

On a nié les sacrifices humains pratiqués dans les mystères, et l'on a soupçonné de calomnie les chrétiens qui avaient imputé à leurs adversaires ces rites odieux. Mais indépendamment du témoignage des historiens et des pères de l'Eglise (2), celui de Porphyre (3), qu'on ne peut soupçonner d'un motif de haine , est positif et irrécusable. Dans les Dionysies, dit-il, à Chio et à Ténédos, un homme était immolé en mémoire de la fable de Bacchus , mis en pièces par les Titans. Il était si notoire, du temps d'Adrien, que les Mithriaques étaient souillés par des rites pareils, qu'il crut nécessaire de les prohiber expressément. Ils subsistèrent malgré sa défense, et les victimes servaient aux extispices (4). Une ancienne tradition , à laquelle Euripide se réfère , fixe le sacrifice d'une fille d'Érechtée, précisément à l'époque où les mystères d'Eleusis furent in-

(ij Cicer. de N. D. III, 19; Ovin. Fast., VI, 545.

(2) Socràt. Hist. ecclés., III, 1.

(3) De Abst. , II , 56.

(4) Photius, Bibl. 1446.

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