‹ De la religion (volume 2)Chapitre 16 sur 109 · LIVRE XIII, CHAPITRE IV. 2J · texte numérisé non relu

LIVRE XIII, CHAPITRE IV. 2J

stitués(i). Si nous pouvions admettre l'assertion de Lampride (2), qu'ils n'offraient qu'une représentation de ces sacrifices sans effusion de sang , ce n'en serait pas moins une conformité frappante avec le polythéisme sacerdotal , où ces représentations avaient toujours lieu , lorsque l'adoucissement des mœurs ne permettait pas la réalité.

Les purifications, si usitées chez les nations soumises aux prêtres , ne l'étaient pas moins dans les rites mystérieux transplantés en Grèce , et ces purifications étaient du même genre. Tantôt on faisait passer les profanes entre des brasiers ardents ou des bûchers enflammés (3); tantôt on les suspendait en l'air , pour que le souffle des vents emportât leurs souillures (4) ; tan-

(1) Eurip. Phén., 860-861; Pausan. Attic. , 38. V. aussi Creutzer, pour les sacrifices Humains dans les Mithriaques, II, 219.

(a) Lampr. in Comm.

(3) Gori, Mus. Etrusc, I; Pausan. Bœot. , 20.

(4) Virgile, Énéid. , VI. Nous n'avons pas l'habitude de citer des auteurs romains en preuve d'usages grecs; et, par exemple, nous uous garderions bien d'appuyer, comme certains érudits français, de l'autorité de Vir-

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tôt on les arrosait d'une eau consacrée (i).

L'idée de purifications est naturellement accompagnée de l'interdiction de certains aliments, considérés comme immondes (a). Cette interdiction se trouve également dans les religions sacerdotales et dans les mystères (3).

Il y avait, chez les peuples gouvernés par les prêtres, des animaux dont il était défendu de se nourrir, non qu'ils fussent impurs, mais

gile, nos assertions sur l'enfer d'Homère. Mais on sait que tout ce que dit Anchise à Énée dans le 6e livre de l'Enéide , est une description des mystères établis en Grèce.

(i) Toutes ces cérémonies tenaient à un dogme inhérent aux religions sacerdotales , et que nous verrons tout à l'heure devenir la base et le principe fondamental des mystères, celui du retour au ciel des âmes purifiées. Dionysus était d'ordinaire le grand purificateur. Ce dogme était , en effet, le plus nécessaire au pouvoir des prêtres. On sait quel parti l'Église romaine en tira jusqu'à la réformation. Pour l'inculquer davantage , on représentait les punitions de l'ame aux enfers.

(a) Diod., II, 4; Pausan., I, 38; Attic., 37.

(3) Apul. Met., X; Pausan., Arcad., i5; Porphyr. de Abst., IV, 16. Les fèves proscrites en Egypte étaient repoussées des Éleusinies. A ^Exone, bourg de l'Attique, on n'osait pas manger d'un certain poisson, parce qu'il était regardé comme sacré dans les mystères.

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