LIVRE XIV, CHAPITRE I. Il
démontrent que toutes ces choses furent importées.
Qu'on ne s'étonne donc point, si nous n'apercevons d'abord, dans le polythéisme Scandinave, qu'une croyance assez pareille à celle des Grecs. homériques, et plus tard une religion peu différente, dans ses bases, des opinions orientales et méridionales. Nous ne prétendons point que tous les peuples se soient ressemblé; nous ne contestons pas que la religion se soit modifiée , suivant le climat et les circonstances. Si , au lieu de nous borner à l'histoire des formes religieuses, nous avions entrepris une histoire universelle, nous aurions eu devoir et mission d'entrer dans le détail de toutes les différences; mais, obligés de nous renfermer dans notre sujet, et de suivre la ligne qui nous était tracée, nous n'avons pu les indiquer que sommairement, en ramenant toujours la pensée du lecteur sur les conformités plus générales et plus essentielles. Ainsi, nous avons remarqué que la religion, guerrière dans le Nord, était pacifique dans l'Orient; mais cette diversité de caractère n'a changé que peu de chose à l'action des prêtres, n'a limité qu'ac- V. 8
cidentellement et par intervalles la puissance qu'ils ont exercée, et ne les a point empêchés d'introduire, dans la croyance du peuple, les dogmes qui leur étaient favorables, et, dans leur doctrine occulte , les notions vers lesquelles leurs méditations les avaient conduits. Cette explication préalable étant bien comprise, nous ne craindrons plus d'être accusés d'une erreur, que nous avons trop souvent reprochée à des écrivains d'ailleurs recommandables, pour ne pas avoir mis tous nos soins à l'éviter nous-mêmes; et nous peindrons avec fidélité, sans redouter le soupçon d'une partialité aveugle pour un système exclusif, l'autorité du sacerdoce, chez les Scandinaves, après leur seconde révolution religieuse , comme presque aussi étendue qu'elle l'avait été chez les Égyptiens.