LIVRE XIII, CHAPITRE III
braient sur le lac de Sais (i). Les prêtres avaient pensé qu'en frappant les sens ils produiraient des impressions plus fortes qu'en s'adressant uniquement à l'imagination et à la mémoire; mais les initiés n'avaient d'autre avantage sur ceux qui ne l'étaient pas, que de contempler un spectacle dont ces derniers étaient privés.
Hérodote, admis dans les mystères des Égyptiens, n'acquit aucune connaissance de leur théologie occulte. Il dit formellement que la chose que ces peuples nommaient des mystères était la représentation nocturne des aventures des dieux; et l'on voit que le silence dont il se fait un devoir ne porte que sur les noms de ces dieux, et sur quelques particularités de leurs aventures. Les prêtres pouvaient reconnaître dans ces représentations des allusions à leur philosophie : mais le peuple n'y voyait que les fables de la mythologie vulgaire, offerte à ses regards d'une manière plus animée.
(1) Hérod. II, 171.