‹ De la religion (volume 2)Chapitre 6 sur 109 · LIVRE XIII, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE XIII, CHAPITRE II

gypte. César (i) parle , bien qu'avec moins d'admiration, de ceux des Druides. Les Mages de la Perse (2) célébraient les leurs dans des antres obscurs : et ceux des Hébreux, contenus dans leur cabale; ont servi de prétexte aux extravagances des rabbins, et fait le désespoir des commentateurs modernes. Sans adopter leurs rêveries , il nous semble prouvé que dès l'antiquité la plus reculée, ce peuple malheureux et mécontent avait déposé dans des mystères ses espérances pour cette vie et peut-être pour l'autre, je veux dire l'attente d'un libérateur conquérant de ce monde, et quelques vagues notions d'un monde futur (3)

Ce n'est pas néanmoins sous ce point de vue que les mystères, auxquels les castes sacerdotales admettaient par l'initiation les membres des autres castes, doivent, à notre avis, être envisagés. On a cru par erreur qu'ils

(1) DeBelloGallico, VI.

(2) FlRMICUS.

(3) Basnage, Hist. des Juifs ; Buxtorf, Bibl. rabbin. p. 184; Hottinger, Bibl. orient., p. 33; Maimonid , More Nevoch.

se composaient de la doctrine secrète des prêtres. Sans doute ces prêtres , suivant la tendance que nous avons remarquée (i), combinaient toujours la partie populaire des cultes avec leurs hypothèses et leurs découvertes : les fétiches d'abord , des dieux moins grossiers ensuite, devenaient pour eux des symboles ; mais ces symboles étaient leur langue , leur propriété particulière. Il n'entrait nullement dans leurs intentions, comme il n'était nullement de leur intérêt, d'en communiquer le sens aux profanes.

En conséquence , l'admission des initiés à la connaissance de ce que le sacerdoce appelait des mystères , ^impliquait poiht l'enseignement de sa doctrine, ou pour mieux dire de ses doctrines secrètes, car on a vu qu'il en avait plusieurs (2). Tout constate que les mystères révélés par l'initiation n'étaient que des représentations dramatiques, des récits mis en action , des descriptions remplacées et rendues plus sensibles par des images ; tels ils se célé-

(1) V. t. III, p. i5 et suiv.

(2) V. t. III , loc. cit.

Page 1