XX PREFACE
Nous sommes, certes, loin de partager la pieuse exagération qui attribue tous les crimes des époques incrédules à l'absence du sentiment religieux. Ces effets déplorables de passions aveugles, effets indépendants des croyances , sont communs aux siècles irréligieux et aux siècles dévots. Sous Alexandre VI la communion précédait et la confession suivait le meurtre. Nous reconnaissons de même que la néy\ cessité du sentiment religieux ne serait pas suffisamment démontrée par les excès des révolutions durant lesquelles des peuples soulevés ont pris plaisir à fouler aux pieds les vénérations antiques. I^es révolutions sont des moments d'orage, oii l'homme, forcé de précipiter ses jugements et ses actes, au milieu du choc de toutes les violences déchaînées , sans guides pour le diriger, sans spectateurs pour le contenir, peut se tromper avec des intentions