‹ De la religion (volume 3)Chapitre 95 sur 152 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Méthode que nous suivrons dans ce livre.

IMous avons défini le sentiment religieux, Je besoin que l'homme éprouve de se mettre en communication avec la nature qui l'entoure, et les forces inconnues qui lui semblent animer cette nature.

j5o de la keugion.

La forme religieuse est le moyeu qu'il emploie pour établir cette communication.

Il est évident que le choix de ce moyen n'est pas arbitraire. L'homme ne se décide point par un pur caprice pour telle ou telle forme préférablement à d'autres. 11 est déterminé dans son choix , et par les sentiments qui sont naturellement au fond de son ame, et par les notions que la réflexion suggère à son intelligence , et par l'exigence que lui inspire son égoïsme, qu'on a eu tort de considérer comme son mobile unique, mais dont l'action néanmoins est d'autant plus puissante qu'elle est habituelle et indestructible.

Pour découvrir le résultat de ces causes diverses, deux modes se présentent : observer et décrire le travail de chacune des facultés de l'homme séparément, et de toutes ces facultés réunies, lorsqu'il se crée une religion; ou rassembler les faits qui sont le mieux constatés , relativement aux croyances religieuses des peuplades les plus ignorantes , et rechercher ensuite quelle part dans ces croyances doit être attribuée au sentiment, quelle part à l'inteUigence , quelle part à l'intérêt.

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