LIVRE IV, CHAPITRE X. IQO
voirs n'en forment qu'un. Néanmoins , succombant sous le poids de soins multipliés , Moyse délègue les fonctions civiles et judiciaires à des hommes que le peuple lui présente (i). Ces hommes ne sont que ses instruments ; mais déjà le choix populaire contient le germe d'une autorité différente de l'autorité théocratique.
Ce germe semble disparaître de nouveau sous Josué. Il concentre en ses mains les deux puissances, parle àJéhovah, transmet ses volontés aux Hébreux, commande aux prêtres, comme aux anciens des tribus, immole les victimes, préside aux cérémonies , prononce les jugements, conduit les armées. Mais après sa mort , des invasions et des défaites rendent au pouvoir militaire , séparé de la prêtrise , une importance nouvelle. Des guerriers , appelés inexactement des juges , prennent place immédiatement au-dessous des grands-prê-
subordonnc. « Il parlera pour toi au peuple » , dit Jéhovah à Moyse, « et il sera ta bouche. Tu tiendras à sou « égard la place de Dieu. » ( Exod. IV, 16. )
(1) Exon. XVIII, 17-24. Dbuter. I, i3-i4-
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très, et l'esprit d'indépendance ne tarde pas à s'emparer, d'eux. Ils réclament des droits héréditaires : une portion des Juifs reconnaît ces droits (i) : et un premier appel est fait à la royauté (2), Cette tentative est réprimée : les juges demeurent au second rang. Ils ne sont nommés qu'après les pontifes, et leur autorité viagère et restreinte n'est en rien comparable à l'autorité sacerdotale (3). Il pa raîtrait même que , peu satisfait de cette suprématie , le sacerdoce voulut ressaisir la force temporelle : car Héli était à la fois juge et grand-prêtre, et Samuel qui le remplaça réunissait les deux qualités à la bataille de Masphath (4).
Mais enfin l'idée de la séparation des pouvoirs triomphe.
Le peuple demande un roi (5). Vainement
(î) Juges, IX, 1, 2, 16-18.
(2) Juges, ib. 6 et a3.
(3) « Je ne régnerai pas sur vous , » dit Gédéon aux Juifs, «ni mon fils; mais le Seigneur régnera sur vous. » ( Juges, VIII, 22-23.)
(4) Rois, VII, G et 11.
(5i) « Tufs- vieux, » <lit le jieunk à Samuel : « tes fils ih;