LIVRE IV, CHAPITRE XI. s5l
l'oppression des chrétiens judaïsants, fût redevenu une secte juive (i).
(i) Après cette explication, qu'on ne saurait, à ce qu'il nous semble, accuser de réticences ni d'arrière-pensées, nous osons croire qu'on ne verra, dans notre opinion sur le judaïsme, rien qui nous sépare de la communion chrétienne à laquelle nous appartenons. Nous reconnaissons la révélation faite à Moyse; car nous ne pourrions nous expliquer autrement l'apparition du théisme , dans un temps et chez un peuple barbare. Nous reconnaissons la révélation chrétienne : car la régénération de l'espèce humaine, tombée dans le dernier degré de la corruption politique et religieuse, nous paraîtrait également inexplicable, sans l'intervention de la puissance qui veut l'amélioration morale de l'homme. Que si, appuyés sur les Écritures même, et sur la connaissance historique de la manière dont ces Écritures nous sont parvenues, usant du droit que les premiers réformateurs ont eu l'immense mérite de reconquérir pour tous les chrétiens, nous différons sur le jugement de quelques faits partiels, ce dis • sentiment qui ne renverse aucune des bases de la croyance que nous professons, qui, au contraire, met cette croyance à l'abri d'objections graves et de difficultés insolubles, en écartant tout ce qui blesse les règles éternelles Jde l'humanité et de la justice, est un hommage de plus à la divinité des deux religions accordées par le ciel au genre humain, chacune à l'époque nécessaire et dans la proportion de ses lumières ou de sa faiblesse. Moyse et sa loi sont différents, à nos yeux, du peuple et du sacerdoce juif, comme le divin fondateur de noire loi n'a rien de commun avec ceux de ses prêtres qui ont dénaturé sa parole céleste, ni avec les peuples qu'un fanatisme féroce a souvent égarés.