LIVRÉ IV, CHAPITRE XI
nous montrent Charles IX dirigé dans son hypocrisie et dans ses massacres par la volonté toute- puissante de Dieu.
Nous terminerons ce chapitre par une réflexion qui nous frappe , et qui nous semble devoir frapper nos lecteurs.
Sans doute, la religion juive a des parties terribles , et l'on ne traverse ses longues annales qu'en marchant dans le sang et sur les ruines. Cependant le monde doit à Moyse un bienfait immense. Lorsque, dépourvue de toute croyance, désolée par le doute, abâtardie par la corruption, la terre entière redemandait un culte, et que ce culte, d'après l'état des lumières, ne pouvait être que le théisme, celui des Juifs servit d'étendard ; et l'on vit l'homme renaître à tout ce qu'il y a de noble et de précieux dans la vie , en renaissant à la religion. Merveilleuse dispensation
la Bible , dit-il , des massacres de plusieurs milliers d'hommes ordonnés par Moyse, ce personnage éclatant de sainteté. » On ne saurait calculer jusqu'à quel point la confusion contre laquelle nous nous élevons dans ce chapitre a bouleversé les idées des hommes sincères et fourni des prétextesaux machinations deshommes pervers.
25o DE LA RELIGION,
de la puissance qui décide de nos destinées! Des choses qui semblaient n'avoir aucun rapport entre elles, soit par leur époque, soit par leur nature, se combinèrent à l'instant requis, pour diriger l'espèce humaine vers le but qu'elle devait atteindre. Douze siècles avant Platon, Moyse donna au théisme un corps qui permit à cette notion sublime de se conserver, jusqu'au moment où l'intelligence devint capable de la concevoir. Douze siècles après Moyse, Platon prépara les esprits de manière à ce que, en se saisissant du théisme, ils pussent l'accepter épuré par le divin auteur de la religion chrétienne, et résister aux tentatives violentes et obstinées d'une portion nombreuse de Juifs convertis, mais qui prétendaient faire rétrograder la nouvelle religion jusqu'au judaïsme. Sans Moyse, il est probable que tous les efforts de la philosophie n'auraient abouti qu'à plonger le genre humain dans le panthéisme, ou l'athéisme voilé, dans lequel, comme nous l'avons dit au commencement de ce chapitre, sont allées se perdre de concert la religion et la philosophie des Indiens. Sans Platon , il est possible , humainement parlant, que le christianisme, sous