CHAPITRE PREMIER
Que le peu de pouvoir des prêtres, chez les nations étrangères à, l 'astrolâtrie , est démontré par l'histoire des premiers temps de la Grèce.
CiHEz les nations qui n'ont adoré ni les astres ni les éléments, le sacerdoce n'a possédé
qu'une autorité très-limitée et un ascendant accidentel. Les Grecs en sont la preuve.
Tandis que la sûreté de l'Egypte dépendait en entier de l'exactitude de calculs fondés sur l'astronomie, la position géographique des Grecs leur rendait peu nécessaire l'étude de cette science. Elle ne fut long-temps pour eux qu'un objet de simple curiosité. Le petit nombre d'étoiles dont Homère ou Hésiode font mention, indique des observations encore peu suivies, et des notions plutôt traditionnelles ou importées qu'obtenues par un travail méthodique et spontané. Les progrès des Grecs en astronomie remontent tout au plus jusqu'à la quarantième olympiade, ou à l'origine de la première école ionienne (i), et leurs fables astronomiques ne se trouvent clairement exposées que dans leurs poètes lyriques. Aussi, quoi qu'en dise Platon, qui du reste ne
(i)Plutarque rapporte l'honneur des premières découvertes à Thaïes et à Pythagore (de Placit. phil. II, i3. Diog. Laerce, Vit. Thaï.); Diodore (I, 62), à iEnopide de Chips; Pline ( Hist. Nat. II, 8) et Hygin (P. A. II, i3 )> à Anaximandre et à Cléostrate.