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LIVRE V) CHAPITRE V

à Délos à travers 1* Asie-Mineure (i), chantant dans ses hymnes l'histoire de Diane et d'Apollon et les couches de Latone (2), c'est-à-dire professant une religion astronomique. Nous voyons, en conséquence, dans les pratiques re-

(1) L'Asie-Mineure peut être considérée, dit Greuizer, ( Iï, 4-6 ), comme le rendez-vous de toutes les religions, à cause des révolutions, du commerce et du rrielahge des peuples. La remarque de Strabon (liv. XII, in init.) sur la multiplicité et la confusion des langues dans l'Asie- Mineure, peut également s'appliquer aux cultes.

(2) Pausan. I, 18; IX, 27. Cet écrivain désigne Olen tantôt comme étant sorti du pays des Hyperboréens , tantôt comme originaire de Lycie. Il est faux que là tradition sur l'arrivée d'Olen à Délos soit, comme on l'a dit, une invention des nouveaux platoniciens. Elle remonte jusqu'à Hérodote; et Platon, qu'il rie faut pas confondre, sous ce rapport, avec la secte qui porta son nom dans les premiers siècles de notre ère, affirme qu'Hésiode parmi les poètes, et Parménide parmi les sages, empruntèrent d'Olen leurs notions sur la puissance créatrice ou plutôt ordonnatrice qui préside à l'univers. Il n'est pas indifférent d'observer qu'aucun des prêtres poètes, indiqués comme les organes des opinions sacerdotales en Grèce, ne furent des Grecs. Eumolpe, Orphée, Thamyris, Linus , personnages fabuleux ou historiques, noms génériques ou individuels, ne désignaient, dans les deux hypothèses, que des étrangers; Pamphas, dont il est dit qu'il composa des hyrtmes pour les Athéniens , n'était pas Athénien lui-même. L'aveu formel et una-

ligieuses de Délos , beaucoup de cérémonies différentes des rites de Grèce. Nous y trouvons plutôt que partout ailleurs des vierges sacrées (1), et les fragments des hymnes chantés par les insulaires ressemblent aux invocations des livres Zend et des Vèdes.

Lemnos et Samothrace, nommée auparavant Leucosie (2), furent une autre route par laquelle les religions sacerdotales se rapprochèrent de Grèce. Situées entre ce pays et l'Asie, dont ies côtes n'étaient encore peuplées d'aucune colonie grecque, ces îles reçurent les premiers émigrants de Phrygie, de Lydie, et de Lycie. Elles étaient favorables, parleurs circonstances physiques , au pouvoir sacerdotal; elles portaient l'empreinte des bouleversements de la nature. La destruction des îles voisines de Lemnos était une prophétie accréditée (3), et M. de Ghoiseul^Gouf-

nirae que ces poètes étaient des barbares a de l'importance dans la bouche d'un peuple vaniteux, parce qu'il prouve une conviction plus forte encore que la vanité.

(t) Hérodot. IV, 3i et suiv.

(2) Aristot. ap. Schol. Apollon, I, 97.

(3) HÉRonoT. VII, 6.

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