‹ De la religionChapitre 190 sur 248 · LIVRE V, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE V

dotale. Le culte de Cybèle et ses mutilations étaient d'origine phrygienne (i). Les Troyens avaient acheté leur palladium d'Abaris le Scythe, c'est-à dire ils avaient la même religion que les Scythes, ou une religion peu différente (2). Ils jetaient des chevaux vivants dans les rivières (3), genre de sacrifice qui dénote le culte qu'ils rendaient aux éléments (4). Le commerce avait uni , dès les temps les plus reculés , la Grèce à l'Orient. A une époque encore fabuleuse, -puisqu'elle précède l'ère de Sémiramis, nous voyons s'élever, aux lieux où le Caïstre se jette dans la mer Egée, l'opulente et célèbre Éphèse, d'une part l'entrepôt des richesses de l'Asie, et de l'autre l'un des principaux refuges de la colonie ionienne. Ce qiie l'antiquité nous raconte sur la construction de son temple est un mélange de tradi-

(i) Strabon, X.

(a) Scalig. Not. in Euseb.

(3) Cet usage est prouvé par un passage d'Homère. « Ce beau Scamandre, » dit Achille en parlant aux Troyens, « ce Scamandre auquel vous immolez depuis « long- temps des taureaux en grand nombre, et dans « lequel vous précipitez des chevaux tout vivants, ne vous « sauvera pas de mes mains. » Iliad. XX, i3o.

(4) Pausaic. VII, 2.

tions dont les détails diffèrent, mais dont le sens est le même.

Caïstre, fils de l'Amazone Penthésilée, est père de Sémiramis, par ses amours avec Dercéto; il est aussi père d'Éphésus, qui bâtit le temple d'Éphèse (i). D'autres rapportent aux Amazones la construction de cet édifice : or ces Amazones, ennemies des hommes, fières de leur virginité, adoratrices d'Artémis, divinité sanguinaire, ressemblent bien à une notion ou à une institution sacerdotale (2). Aussi les prêtres d'Ephèse se soumettaient-ils aux mutilations que nous retrouvons dans la Syrie (3), et la flamme qui brûlait perpétuellement sur leurs autels était une réminiscence du culte du feu. Les Grecs commercèrent aussi de bonne heure avec la Colchide. Or les habitants de Colchos descendaient d'une colonie d'Egypte. On s'en aperçoit à l'analogie des fables des deux pays. Il y avait en Col-

(1) Callim. Hyrnn. ad Dian.

(a) Voy. ci- dessous, liv. VI, le chap. sur les privations contre nature.

(3) Ils étaient eunuques, à ce qu'il paraîtrait d'après Strabon.

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