‹ De la religionChapitre 2 sur 248 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

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ous ayons? décrit, dans le livre précédent,

les notions religieuses des tribus sauvages. Nos

lecteurs ont pu se convaincre de deux vérités :

l'une, q.ue ces notions étaient proportionnées

à la grossièreté et à l'ignorance qui caractérisent ces tribus misérables; l'autre, que le sentiment religieux se faisait jour sans cesse, à travers cette enveloppe informe et repoussante.

Nous allons maintenant rechercher quelle doit être la religion , au plus bas échelon de l'état social.

Le passage de l'état sauvage à l'état social est une énigme, dont aucun fait historique ne nous présente la solution. Aussi ne décidons-nous rien sur la manière dont ce passage s'est effectué. Nous avons déjà reconnu , qu'au lieu d'être l'état primitif de l'homme , il se pourrait que l'état sauvage fût une dégradation, causée par quelque calamité matérielle , ou une chute, triste résultat d'une faute morale.

Cette question est, du reste, totalement étrangère à nos recherches. La seule vérité qu'il nous importe de démontrer, c'est qu'aussitôt qu'une révolution s'opère dans l'état de la race humaine, la religion subit un changement analogue. Nous ne raisonnons que d'après les faits qui nous semblent constatés , et nous cherchons à les expliquer : mais nous ne prétendons nullement raconter ceux sur lesquels l'histoire ne nous fournit aucune lumière.

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