CHAPITRE II
De Vètat social le plus voisin de l'état sauvage.
IMous considérons comme le premier échelon de l'état social la situation de ces peuplades qui, plus nombreuses que les hordes tartares, africaines ou américaines, ne recourent plus pour leur subsistance aux hasards de ta chasse, mais cultivent la terre; ne se contentent plus de l'abri grossier d'une hutte isolée, mais se construisent des habitations solides, et rapprochent ces habitations; ne prennent plus, pour attaquer et pour se défendre, uniquement la pierre tranchante, ou la branche d'arbre aiguisée en flèche ou taillée en massue, mais savent mettre en œuvre les métaux; enfin qui, dominant plus ou moins la nature physique, commencent à développer leurs forces morales, acquièrent des notions de propriété, s'imposent