‹ De la religionChapitre 33 sur 248 · LIVRE III, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE VIII

L'effet de la conquête, nous l'avons dit plus haut, n'est point le gouvernement sacerdotal. Rien ne ressemble à ces séparations mystérieuses élevées entre les habitants d'un même pays. L'inégalité des rangs a pour principe, dans le gouvernement militaire, une différence réelle , celle de la force. Le principe de l'inégalité des castes tient à une opinion de tache originelle, de souillure indélébile, qu'aucune disproportion de force ne peut effacer. Les Brames de l'Inde n'ont point conquis de droit le pouvoir politique. Ils ne forment point la caste des guerriers, du sein de laquelle sont le plus souvent tirés les rois (i). Nous voyons pourtant ces rois , ces guerriers , s'efforcer vainement de pénétrer dans la caste sacrée, et reculer le glaive en main devant la barrière qui les sépare des Bramines désar-

« nence, le zèle, la pureté, la patience, la rectitude, la « sagesse , la science et la théologie. Le devoir naturel du « cuttery est la bravoure, la gloire, la générosité et la « noblesse. Le devoir naturel du Vaisya est le travail, le « soin de ses champs et de son commerce. Le devoir na- « turedu soud ra est la servitude. »Bhaguat Gita, p. i3o.

(1) Herdeb, Phil. de l'Hist. III, 35.

mes. Niebuhr (i) remarque y comme une singularité, que, pendant son séjour dans l'Inde, un prince était parvenu, à force de dons et de souplesses, à entrer dans l'ordre des Brames (2).

(1) Voy. en Arabie, II, 17.

(2) Un auteur allemand (Meiners, de Orig. castar. Comm. Soc. Gœtt.) a proposé, sur l'origine des castes, un système ingénieux, mais admissible seulement pour l'un des pays que l'histoire nous montre clairement avoir été divisé en castes, nous voulons dire l'Egypte, l'Inde et l'Ethiopie. Il suppose deux migrations, dont la première aurait été subjuguée par la seconde, et regarde la classe intermédiaire comme le produit du mélange des deux classes primitives. Cette hypothèse devient probable lorsqu'on la restreint à l'Egypte. L'Egypte a été peuplée, nous avons déjà eu l'occasion de l'observer, par des colonies éthiopiennes et indiennes (Meiners, Hist. gen. hum. p. 29. Kaempfer, Hist. du Japon, II, go. Rooke, p. 23. Heeren, Idées, II, 565-568, et surtout la note 7); et la division en castes, établie dans l'Inde et dans l'Ethiopie, peut avoir été transportée par les colons dans leurs nouveaux établissements. Elle a dû s'y maintenir d'autant mieux que la diversité des races est venue à son secours. Hérodote déclare les Égyptiens un peuple noir, à cheveux crépus. (Hérod. II, 104.) H est certain qu'il y a eu en Egypte plusieurs races d'hommes , qui se sont livré de violents combats : car , sur quelques monuments nouvellement découverts, on voit des hommes

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